Présent depuis une dizaine d’années aux installations du club Sagym de Chicoutimi, le club de cheerleading X Force Élite devra se trouver un nouvel endroit pour s’entraîner à compter de juin par suite d’une décision du conseil d’administration de Sagym.

Le cheerleading expulsé de la palestre

Des contraintes financières et une difficile cohabitation ont incité les dirigeants du club de gymnastique Sagym de Chicoutimi à pousser le club de cheerleading X Force Élite hors de la palestre Johnny-Gagnon à compter du mois de juin.

En entrevue téléphonique, la directrice technique et des opérations, Julie Tremblay, a confirmé que les membres du conseil d’administration n’avaient pas vraiment eu d’autres choix que de prendre cette décision lors de la dernière réunion tenue en mars.

« La raison principale, ce sont les finances. Ce club était déficitaire depuis quelques années et ce n’est pas un petit déficit. C’est le club de gymnastique qui absorbait ce déficit. On a essayé de repousser ça un peu cette année et ça n’a pas eu lieu. On avait demandé à ce qu’ils s’autofinancent, mais on était loin de ça. On a donc dû prendre cette décision plate », a-t-elle indiqué dans un premier temps.

La directrice technique a aussi mis en relief les façons fort différentes de s’entraîner dans ces deux disciplines. « La cohabitation avec la gymnastique est extrêmement difficile parce que (le cheerleading) est un sport d’équipe dont les membres sont super dynamiques. Et c’est ce que ça prend. Ça prend aussi de la musique forte, des encouragements bruyants et ça se tape dans les mains, tandis que la gymnastique demande de la concentration et une ambiance un peu plus calme. Ça devenait comme invivable », explique Mme Tremblay.

« Ce sont des décisions difficiles à prendre, mais on n’a pas eu le choix. On avait tout de suite avisé l’entraîneur du cheerleading », assure Julie Tremblay qui a aussi avisé le responsable des groupes scolaires qui évoluent dans ces deux disciplines de la situation et des raisons qui ont mené à cette décision.

Nouvelle discipline

Cette décision est aussi motivée par l’arrivée d’une nouvelle discipline sportive, la callisthénie, et celle d’un nouveau groupe de sport-études en gymnastique. « Sagym a aussi besoin d’espaces pour accueillir de nouvelles disciplines que Gymnastique Québec nous apporte et qui vont nous ouvrir à d’autres clientèles », ajoute Julie Tremblay.

La callisthénie consiste à de l’entraînement sur des modules et combine à la fois la force musculaire et les habiletés de gymnastes. La discipline est notamment populaire sur les plages en Australie et en Californie, mais aussi à New York. Les acrobates dans les cirques en sont aussi de bons exemples. « On a aussi besoin d’espace pour ça et pour un nouveau groupe qui s’en vient en sport-études gymnastique », a indiqué la directrice technique et des opérations de Sagym.

D’ailleurs, à l’instar d’autres organisations sportives, les pourparlers sont amorcés en vue d’une éventuelle fusion avec le club Jako de Jonquière. Les clubs avaient avancé la possibilité de relocaliser les deux clubs dans le futur centre multisport.

+

LES ATHLÈTES AFFECTÉS

Membre du groupe de vétérans du club de cheerleading X Force Élite, Coralie Caouette aurait certainement préféré vivre un tout autre scénario à quelques jours de sa deuxième participation aux prestigieux Championnats du monde qui aura lieu à Orlando, du 24 au 30 avril.

L’athlète de 22 ans qui fait du cheerleading depuis dix ans convient que le fait que le club n’aura plus de locaux pour s’entraîner à compter du mois de juin vient jeter une ombre sur le bonheur de la délégation qui s’apprête à côtoyer la crème du cheerleading en Floride.

«C’est sûr que ça tombe vraiment mal et que ça nous affecte, mais au moins, on peut finir notre année, concède-t-elle en entrevue téléphonique. C’est plus le fait qu’on n’aura plus de local par la suite. Notre club devra donc arrêter ses activités pour une période indéterminée parce qu’on n’a pas de place où aller. On espère une solution miracle!» 

Le moral de l’équipe reste bon malgré tout. «Quant à l’ambiance au sein de l’équipe, je dirais qu’on essaie plutôt de se servir de cette nouvelle comme une source de motivation, en se disant que ce sont nos dernières pratiques et compétitions ensemble. On a essayé de tourner cela en positif, mais c’est sûr que ça nous affecte vraiment beaucoup. Mais on se concentre sur ce qui va se passer là-bas et on verra quand on sera de retour», assure-t-elle avec détermination.

Deuxième participation

Évidemment, à sa deuxième présence aux Championnats du monde, Coralie Caouette aborde la compétition avec un peu plus d’assurance que les membres de son équipe qui vivront une première. «C’est sûr que j’éprouve un moins grand stress parce que je sais un peu à quoi m’attendre», confirme la jeune femme en rappelant toutefois que ce sont de nouvelles routines et qu’une bonne partie de l’équipe en sera à ses premiers championnats.

«Ce n’est jamais la même chose parce que ce n’est pas la même équipe (qu’en 2017). Mais la base reste principalement la même puisque, en région, nous ne sommes pas nombreux à être rendus à ce niveau. Je suis confiante. On se sent prêts, même s’il nous reste encore quelques petits ajustements à apporter pour être parfaits. Mais en terme de préparation, je pense que nous sommes prêts à relever le défi!»

+

EN QUÊTE DE SOLUTION

Saguenay tentera de trouver une solution afin d’aider le club de cheerleading X Force Élite à se dénicher un nouveau local d’entraînement.

Président de la Commission des sports et plein air, Michel Thiffault n’avait pu s’entretenir vendredi avec le personnel de la Commission des sports. 

Il relancera le dossier mardi dans l’espoir de pouvoir dénouer l’impasse dans laquelle se retrouve le club de cheerleading de haut niveau.

Le club de cheerleading s’entraîne depuis une dizaine d’années à la palestre Johnny-Gagnon dont il partage les installations avec le club de gymnastique Sagym de Chicoutimi.