Le président de l’Association régionale de patinage de vitesse, Christian Simard, est convaincu que l’avenir de Saguenay passe par les projets d’envergures, notamment celui du centre multifonctionnel sur la zone ferroviaire.

Le Centre Marc Gagnon menacé par le budget

Le second budget 2020 présenté par Saguenay pourrait mettre en péril la survie du Centre Marc Gagnon (CMG), qui accueille le club de patinage de vitesse des Comètes de Chicoutimi. Selon le président régional de l’association de patinage de vitesse, Christian Simard, « le gel des investissements dans les projets structurants pourrait avoir de lourdes conséquences pour plusieurs organisations ».

M. Simard a souhaité réagir à l’article sur le budget publié dans l’édition de samedi du Progrès, qui annonçait le gel des investissements si le budget était accepté tel que proposé. « Si les modifications au budget imposent le gel de tous projets majeurs dans la région, c’est décevant et décourageant. Je comprends le déficit. Je suis un payeur de taxes comme tout le monde, mais je crois que les gens ont droit à des services connexes. On se doit d’avoir des infrastructures qui peuvent recevoir et attirer des gens de l’extérieur. C’est une question de qualité de vie. »

Il croit d’ailleurs que la division au sein du conseil municipal nuit au bon fonctionnement de la ville. « C’est correct la divergence d’idéologie, mais les conseillers doivent penser aux gens. Les citoyens s’attendent à beaucoup plus que des chicanes internes. On veut du concret. »

Des installations désuètes

La problématique des installations actuelles situées dans le Centre George-Vézina est la sécurité des athlètes. « Le monde du patinage de vitesse a évolué, dans les dernières années. Les patineurs sont de plus en plus rapides, donc par le fait même, les chutes sont plus violentes et plus dures à absorber. Les matelas sur les bandes, ça ne suffit plus. Les grandes instances du patinage de vitesse demandent des glaces de dimension olympique sans bande. À l’heure où on se parle, il nous est donc impossible d’accueillir des événements internationaux ou nationaux, qui sont une source de financement importante pour les Comètes. Cette problématique pourrait être réglée avec la construction d’un nouvel amphithéâtre et quelques modifications au Centre George-Vézina », explique M. Simard.

Il croit que les installations actuelles ne sont pas à la hauteur de ce que l’on peut voir ailleurs au Québec. « Quand les parents visitent les autres endroits, ils se rendent compte que nos installations sont désuètes. Ce qu’il va arriver, c’est que les parents vont préférer envoyer leurs jeunes à Québec pour s’entraîner dans de bonnes conditions et sur une glace sécuritaire. Si le phénomène s’accentue, ça va sonner la fin du CMG. »

M. Simard était pourtant confiant, il y a quelques mois. « On croyait qu’avec la venue du centre multifonctionnel, qu’on allait avoir une porte grande ouverte pour assurer l’avenir de notre centre. On a un sport intéressant et dynamique. Au CMG, on forme des athlètes de haut niveau qui font rayonner notre région », a-t-il expliqué avant d’énumérer une longue liste de patineurs qui ont performé sur la scène internationale après un passage au CMG. « Marianne St-Gelais, Valérie Maltais, Kasandra Bradette et Samuel Girard sont tous ces athlètes sont passés au CMG. On a une réputation bâtie depuis des années qui est en train de chuter. »

Plus que pour le patinage

Christian Simard est d’avis que ce n’est pas seulement pour le patinage de vitesse que les grands projets doivent aller de l’avant. « C’est la même chose avec le soccer dôme. Il faut créer une dynamique régionale. Il faut démontrer qu’on est une ville tournée vers l’avenir et non une ville qui stagne. Ça fait partie d’un tout. Quand une ville veut se vendre, ça lui prend des éléments vendeurs. Un nouveau complexe comme le centre multifonctionnel, c’est vendeur pour les jeunes familles. Les villes similaires à Saguenay ont ce genre d’installations depuis plus de 10 ans, voire même 15 ans. »

Il ne croit pas que le sport soit le seul domaine touché. « Du côté culturel, on n’en a pas de salle comme ça. Des gars comme le promoteur Robert Hakim se démènent pour faire venir des spectacles ici, mais on n’a pas de place pour les accueillir. Le nouvel amphithéâtre est un projet mobilisateur qui va faire rayonner la région, en plus d’être un moteur économique. »