Concentration, précision et persévérance font partie des qualités d’un bon biathlète. Surtout quand il fait tirer dans le mille sur une cible de 12 centimètres placée à 50 mètres, après une course effrénée en ski de fond!
Concentration, précision et persévérance font partie des qualités d’un bon biathlète. Surtout quand il fait tirer dans le mille sur une cible de 12 centimètres placée à 50 mètres, après une course effrénée en ski de fond!

Le biathlon, un sport encore trop méconnu

Pour une deuxième saison, les athlètes du club Biathlon SagLac ont accès à un site de tir aménagé sur le champ de tir duClub le Faucon de Shipshaw. Mardi dernier, quelques athlètes ont profité de la visite des médias sur le site pour effectuer une démonstration et démystifier ce sport encore trop peu connu hors des corps de cadets de la région.

Car le club Biathlon SagLac est un club civil qui regroupe à la fois des biathlètes des corps de cadet, mais aussi des athlètes qui ont terminé leur stage et qui souhaitent continuer à s’entraîner et à progresser.

« On a décidé d’ouvrir le club à tous ceux qui voulaient en faire. Avant, pour le tir, il fallait aller au Toboski de Saint-Félicien. C’est notre deuxième hiver sur un site de tir sur cibles pour le biathlon aménagé au Club de tir le Faucon de Shipshaw – seul club de tir extérieur au Saguenay. On sait que ce n’est pas parfait parce qu’on n’a pas le ski autour, mais à défaut de se déplacer dans des centres comme à Valcartier ou à Saint-Félicien, on a trouvé ça bien de pouvoir venir travailler ici nos habiletés de tir », explique Annie Girard, entraîneuse-chef du club.

Le club compte une quinzaine d’athlètes, mais quatre vont migrer vers les équipes du Québec. « Les gens commencent à savoir qu’on est là, mais on aimerait qu’il y ait des jeunes qui viennent se greffer à nous. La COVID en a éloigné quelques-uns. Je ne sais pas combien nous aurons de membres en septembre, mais les fidèles seront là », assure Annie Girard

Concentration et persévérance

Le biathlon s’avère un excellent sport pour développer la concentration et la persévérance. Viser une cible de 12 centimètres – ou 5 cm chez les seniors – placée à 50 mètres de distance, après avoir rapidement parcouru une distance, demande une excellente maîtrise de soi.

« Ça apprend aux jeunes à travailler leur moment présent. Quand tu tires une balle, si tu penses à ton ski, t’es fait ! Si tu penses à la prochaine que tu vas tirer, ça ne marche pas non plus. Et si tu en réussis une ou deux et que tu te trouves hot, tu vas manquer les autres. C’est vraiment le moment présent qui compte », explique Annie Girard, qui n’a pas hésité à faire une saison de compétition pour mieux comprendre ce sport.

Sa fille, Laurie Legault, 15 ans, abonde dans le même sens. Ce qui l’attire dans ce sport, « c’est le fait d’avoir une difficulté supplémentaire et de ne pas juste avoir à pousser [son corps]. C’est aussi le fait de devoir se calmer et faire un exercice de concentration. C’est vraiment le feeling de la course qui est le fun ! »

Et quelles sont les qualités d’un bon biathlète ? « Être vraiment persévérant et ne pas se décourager ! », lance celle qui pratique cette discipline depuis maintenant cinq ans.

Le biathlon est aussi fort utile pour se forger une carapace et une confiance en ses moyens contre les ratés sur le parcours... et dans la vie. C’est un bon exercice d’humilité qui met à l’épreuve la détermination. « Contrairement à d’autres sports qui vont valoriser les bons coups, ici, dans tout le concept du biathlon, si tu manques une cible, tu fais une boucle de pénalité devant tout le monde. Quand les officiels prennent les notes, c’est juste que ce qui est raté qui est noté. C’est dur pour le mental et il faut se faire une carapace », explique Mme Girard.

Sécuritaire

Le fait que le biathlon nécessite l’utilisation d’armes pour le tir est-il mal perçu ? « Je ne pense pas, estime Annie Girard. Utiliser une arme est un sport. On vit dans une région où les gens aiment la chasse ; ils sont proches de la nature. Ce n’est pas être délinquant d’utiliser une arme. »

En biathlon, l’utilisation des armes est très encadrée et sécuritaire. « On est très stricts. Il y a une autre personne chargée de veiller uniquement à la sécurité pendant que l’entraîneur surveille lui aussi les mauvaises manoeuvres. »

Les vétérans rappellent aussi aux nouveaux les mesures de sécurité. « À force d’en parler, ça devient une seconde nature », affirme l’entraîneuse-chef.

Maude Mousseau, 17 ans (à gauche), en est à sa dernière année au sein du club de cadet 2869 Laterrière. Le biathlon est un sport familial puisqu’elle a suivi les traces de ses deux sœurs aînées. Si ce sport est une passion, le temps dont elle dispose pour s’entraîner et concilier les autres activités de sa vie font en sorte qu’elle se limite aux compétitions des cadets. Elle aimerait d’ailleurs se qualifier à nouveau pour les championnats canadiens. «J’y suis déjà allée plus jeune et j’aimerais y retourner», indique celle qui souhaite pratiquer ce sport aussi longtemps qu’elle pourra.

Les jeunes s’entraînent une fois semaine au champ de tir et une fois en gymnase. « De septembre à décembre, on travaille l’équilibre, le physique et le cardio. Et à travers ça, on a des dix minutes de concentration, de détente, de méditation. Car dans le biathlon, on a besoin de se ressourcer sur soi-même. »

Le club Biathlon SagLac dispose maintenant d’un site pour s’exercer au tir, aménagé à l’intérieur du champ de tir du Club le Faucon, à Shipshaw. Sur la photo, Laurie Legault, Annie Grard (entraîneure-chef), Maude Mousseau et, à l’avant, Samuel Gagnon, ont fait une démonstration lors du passage des médias, mardi dernier.