Après cette aventure, Caroline Côté a prévu retourner en Antarctique (en février 2019). Ensuite, elle croit qu’elle aura eu vraiment sa dose de l’aventure extrême et aimerait bien penser à avoir une famille.

L'aventurière Caroline Côté de passage à Chicoutimi

L’aventurière Caroline Côté a grimpé des montagnes, descendu des cours d’eau à haut débit et à l’eau froide, fait de la raquette, du ski de fond. Il lui reste à faire du vélo, du canot et cinq marathons en cinq jours pour montrer aux Québécois tout le chemin parcouru par l’électricité pour ouvrir tout bonnement la lumière de la maison.

(Stéphane Bégin) - Durant 80 jours, du 4 avril au 16 juin, en solitaire, la triathlonienne parcourt 2000 kilomètres entre Natashquan, l’endroit d’où part le courant, et Montréal, là où il arrive, dans le cadre de l’expédition Électron. 

Contactée par Hydro-Québec pour réaliser et vivre cette aventure extrême, l’athlète a hésité un peu avant de dire oui. Aujourd’hui, elle est contente d’être impliquée dans cette expédition.

La jeune femme de 31 ans effectue le trajet en solo. En entrevue avec Le Quotidien, elle ne cache pas qu’il lui est arrivé de chercher la motivation pour poursuivre l’aventure, surtout qu’elle ne savait jamais ce que lui réservait la journée suivante.

Mais l’objectif s’avère intéressant. Les dirigeants de la société d’État l’ont contacté en août dernier pour lui proposer cette expédition.

Si l’électron parcourt en une fraction de seconde les 2000 km séparant Natashquan de Montréal, Caroline Côté démontrera, en photos et en vidéos, tout le chemin à parcourir pour avoir de la lumière ou de la chaleur à la maison, un geste banal au 21e siècle.

« J’ai vécu la partie difficile depuis le 4 avril. Là je m’en vais vers du plus facile. J’ai fait du ski de fond et de la raquette, deux sports que je n’avais jamais pratiqués. J’ai descendu des rivières, qui ont été créées par la fonte des neiges et la crue des eaux, en canot et j’ai même dû nager à certaines occasions. Je vais maintenant prendre mon vélo entre Saguenay et La Tuque. Ensuite, je descendrai la rivière Saint-Maurice entre La Tuque et Shawinigan en canot. Et je finirai avec cinq marathons en cinq jours jusqu’à Montréal », poursuit Caroline Côté.

« Durant cette expédition, nous voulons montrer l’ampleur du réseau électrique au Québec, de la façon dont tout ce réseau a été construit. Il faut s’y trouver pour se rendre compte des efforts que les travailleurs ont dû mettre pour atteindre des endroits pratiquement inaccessibles pour construire ces lignes électriques », précise celle qui a traversé l’Atlantique en voilier, grimpé des sommets en Antarctique et franchi la rivière Yukon en canot.

L’aventurière est contente d’être à Chicoutimi, là où c’est l’été pour elle. 

« Pas plus tard que mercredi dernier, j’étais dans une tempête de neige sur les monts Valin. Depuis mon départ de Natashquan, il a fait froid, très froid. Pendant tout ce temps, je voyais des gens prendre une bière sur une terrasse à Montréal. J’étais très loin de ça. Mais ici, aujourd’hui, c’est l’été pour moi », ajoute-t-elle.

Même si elle n’a croisé personne sur son trajet, Caroline Côté n’était jamais bien loin d’une aide d’urgence. Équipée d’un téléphone satellite, elle pouvait communiquer facilement avec H-Q. Même la compagnie Air Médic peut intervenir si cela est nécessaire.

Un livre sur le périple de l'électricité

(Myriam Arsenault, stagiaire) - Caroline Côté est fière d’être la première femme à faire le périple de l’électricité. Pour montrer la grandeur de son exploit, l’athlète avoue vouloir publier un livre.

« Je suis fière d’être la première personne à faire le périple, que ça soit un homme ou une femme », déclare la cinéaste de 31 ans dans son entrevue avec le journal.  

Mais, le fait qu’elle soit une femme lui ajoute un certain honneur, a confié la jeune athlète. Hydro-Québec en est pour beaucoup. « La compagnie avait un grand choix de candidats, et c’est eux qui ont mis des efforts pour que ça soit une femme. J’ai été touchée, il y a tellement de femmes qui font des grandes choses aujourd’hui », souligne Caroline Côté.

Par contre, la jeune athlète ne se considère pas totalement seule dans son aventure. Elle insiste sur le fait qu’une équipe est derrière elle, pour la pousser, et pour l’aider lorsqu’elle en a besoin. 

Un livre en pensée

Avec plus de la moitié de son périple de parcouru, Caroline Côté commence à penser à ce qu’elle pourra faire avec tout son matériel. « J’ai eu l’idée d’écrire un livre sur toute ma randonnée. J’aimerais montrer aux gens que le Québec est un endroit vaste et accessible », suggère l’aventurière.

La cinéaste souhaite inspirer les Québécois à sortir et à explorer leur territoire. « On pense souvent à aller en voyage ailleurs, mais il y a vraiment de beaux endroits au Québec. Je voulais montrer qu’on pouvait y aller. » 

Avec toutes ses photos, et des témoignages, elle souhaite montrer à ses lecteurs une autre facette du Québec.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a fait son aventure à ce temps-ci de l’année. 

« J’ai décidé de partir le 4 avril pour montrer des paysages de toutes les saisons. Il y avait de la neige au départ et maintenant, je me promène dans des paysages d’été. Le Québec c’est toujours beau, dans toutes ses couleurs », a ajouté l’aventurière.