Le Jonquiérois d’origine, Mario Cantin, fait maintenant partie du club sélect des grimpeurs qui ont atteint le sommet de l’Everest. Et comme il le fait chaque fois qu’il atteint un sommet, il dépose une photo de sa fille Mélanie décédée lors d’un accident de voiture en 2002. De retour au camp de base, il a envoyé cette photo du sommet à sa conjointe, Dominique Santerre, avec ce petit mot: «Notre petite Mélanie est maintenant sur le plus haut sommet du monde depuis le 22 mai 5h02.»

L'autre Mario très fier de l'arrivée au sommet de l'Everest de son ami

Pour avoir tenté deux fois d’atteindre le sommet de l’Everest, Mario Bilodeau est bien conscient de l’exploit accompli mardi par son ami Mario Cantin, également son comparse dans le Double défi des deux Mario.

« Il mérite tellement ce qui lui arrive. Je suis vraiment content pour lui », d’exprimer Mario Bilodeau, rappelant qu’il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus dans cette quête de l’Everest. 

Les deux hommes ont complété en février la dixième édition de l’événement hivernal de la traversée du lac Saint-Jean, qui sert de financement pour la Fondation Sur la pointe des pieds, qui a pour mission d’organiser des expéditions pour les jeunes atteints de cancer. Les deux hommes se sont rencontrés à la suite d’une conférence de Mario Bilodeau lors d’un congrès où il était question de l’utilisation de la nature et de l’aventure comme outil d’intervention auprès des jeunes en difficulté. De fil en aiguille, ils sont devenus amis et partenaires dans l’aventure. Mario Bilodeau se souvient de leur première expédition ensemble de dix jours sur le lac Saint-Jean où Mario Cantin avait abordé ce désir d’atteindre les plus hauts sommets du monde, comme l’Everest, une manière de l’aider à travers l’épreuve du décès de sa fille Mélanie dans un accident de voiture en 2002 et ainsi d’y donner un sens. 

« Pendant ces dix jours-là, on a parlé continuellement de sa fille, de ses rêves. Étant un gars de haute montagne qui est allé à l’Everest, on s’était mis à jaser », se remémore-t-il, espérant que son ami profitera de ses moments de pur bonheur une fois redescendu au Népal. « Il doit avoir un poids aussi d’enlevé sur ses épaules. Il doit flotter. Il doit marcher mais avec une cadence et un poids différent qu’il l’a fait dans sa vie », d’annoncer Mario Bilodeau, insistant que Mario Cantin, maintenant installé en banlieue de Montréal comme vice-président régional de la Banque nationale, est un modèle et une inspiration et qu’il sera un porte-parole parfait pour ses prochains projets. 

En 2011, Mario Cantin avait tenté une première fois le sommet de l’Everest, mais avait dû rebrousser chemin en raison d’une infection sévère de la gorge. « Ça fait partie de la montagne. Je sais c’est quoi », pointe Mario Bilodeau, précisant que les facteurs météo sont également cruciaux. 

« Mario m’en avait parlé qu’il était déçu de ne pas avoir pu monter la première fois. Je lui avais répondu que ça faisait partie de l’aventure de la montagne », raconte Mario Bilodeau. 

« Il n’avait pas réussi la première fois, mais il avait dans la tête de le refaire. Il s’est donné les moyens. Mario, c’est un gars persévérant qui a beaucoup de résilience et qui est très courageux. Il s’est donné la chance de réussir. Il s’est entraîné et préparé. Il a fait ses devoirs comme on dit. Il ne l’a pas volé. Il l’a gagné et mérite énormément son sommet », de lancer Mario Bilodeau, qui a un peu contribué à cette réussite, participant à la traversée de Charlevoix en ski hors-piste avec son ami depuis trois ans dans un programme d’entraînement pour l’Everest. Mario Cantin lui a écrit le matin de sa réussite pour lui annoncer que le moment était venu. « Il y a un peu de mon coeur qui est avec lui », avance-t-il. 

Mario Bilodeau a également vécu la déception d’être si près du but. Lors de sa première tentative, en 1991, de forts vents avaient mis fin à son aventure. Puis, trois ans plus tard, il avait été invité à installer des cordes fixes sur la face nord, à plus de 8300 mètres. Il avait ensuite été pris dans une tempête qui avait fait craindre le pire à ses proches. Finalement, quand la fenêtre du sommet était bonne, il a aidé un collègue alpiniste qui était dans une mauvaise posture. « Je sais c’est quoi être en hauteur et mal pris, mais c’est le fun parce que c’est tellement incroyable », d’exprimer Mario Bilodeau, qui n’a pas l’intention de tenter sa chance une troisième et dernière fois.