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Le directeur technique du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay.
Le directeur technique du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay.

L’arrêt des activités poussent de jeunes judokas à décrocher

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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Le 45e anniversaire du Club Judokas Jonquière est en train de virer au « drame ». Alors que les espoirs de voir la saison reprendre s’amincissent chaque jour, de nombreux jeunes en viennent à décrocher.

Des nouvelles seraient attendues d’ici le 22 février par Judo Québec quant à la suite des choses, comme le laisse entendre le directeur technique du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay. Ce dernier espère encore, mais ne se fait pas d’illusion.

« Après la semaine de relâche, ça nous aurait donné un trois mois avec les jeunes, ce qui aurait été bien, je pense, parce qu’on aurait pu leur donner un peu d’intérêt pour qu’ils puissent se réinscrire l’année prochaine. Mais comme j’ai entendu ce midi (mercredi), ça risque d’aller en septembre. »

Sa principale crainte, dans le contexte, c’est de voir ses jeunes quitter le navire, faute de motivation. C’est qu’après une reprise des activités en septembre et octobre derniers, tout est maintenant au neutre dans ses installations, même avec le récent retour de la région en zone orange, sans entraînement possible au dojo, peu importe la forme, ni même de musculation.

Les judokas de son équipe de compétition, qui cumulent nombre d’années de pratique et dont une vingtaine sont parmi les meilleurs au Québec, se retrouvent à faire cavalier seul à la maison et doivent se contenter d’entraînements via la plateforme Zoom avec Judo Québec.

« Ils décrochent aussi. Il y en a juste quelques-uns qui s’entraînent un peu. […] Mais après ça, reprendre l’entraînement de judo à quatre ou cinq fois par semaine, ça demande beaucoup de discipline et de vouloir. Combien dans ma gang de compétiteurs vont être capables de relever ce défi-là ? Ce sont des jeunes et ce n’est pas sûr que je n’en perdrai pas. […] Je ne sais pas ce que ça va faire, mais je prévois qu’on va avoir un tsunami. Tout le travail qu’on a fait depuis tant d’années, ça va “revoler”. C’est décourageant », admet Roger Tremblay.

Ce dernier précise également qu’il est difficile pour les jeunes de garder la même concentration lorsqu’il n’y a aucune récompense au fil d’arrivée.

« Ça va être encore pire, parce que là on n’aura pas de championnat canadien cette année, aucune compétition, et les jeunes marchent avec ça. Si tu leur dis par exemple qu’on a l’Ontario Open, ou la tournée de l’Ouest qui s’en vient, faut multiplier l’effort, c’est ça la motivation et ils embarquent dans des choses comme ça. Sauf que là, on n’a rien, plus que rien, c’est zéro, ils nous bloquent à la porte avant de rentrer dans le dojo. »

Même sur l’équipe du Québec et l’équipe nationale, le problème serait le même, explique-t-il, alors que l’annulation des voyages et des compétitions au calendrier vient miner la motivation des jeunes.

Roger Tremblay pointe vers le besoin pour ceux-ci de se sentir impliqués dans une équipe, bien que le judo soit un sport individuel.

« Les gars et les filles se soutiennent, c’est collectif. C’est une motivation d’être une équipe. »