Président de l’Association des arbitres du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Maxime Leduc craint que l’imposition des allocations versées aux arbitres ait un effet désastreux sur les effectifs dans la région, notamment au basketball.
Président de l’Association des arbitres du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Maxime Leduc craint que l’imposition des allocations versées aux arbitres ait un effet désastreux sur les effectifs dans la région, notamment au basketball.

L’arbitrage au basketball en péril au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
L’imposition anticipée des allocations allouées pour l’arbitrage dans les sports met en péril ce service. C’est le cas notamment du basketball régional, où près de la moitié des effectifs ont indiqué qu’ils ne seraient pas de retour advenant l’imposition des gains de 500 $ et plus dans leur déclaration de revenus.

Président de l’Association des arbitres du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Maxime Leduc a effectué un sondage rapide auprès de ses membres, durant le week-end. « Sur 26 officiels présents dans l’association, il y en a 12 qui sont déjà sur le marché du travail et qui m’ont avisé qu’ils allaient refuser d’arbitrer cette année si ça s’applique. Dans le cas de notre association, ce sera dévastateur, affirme Maxime Leduc. Car on ne parle pas d’arbitres étudiants ni d’officiels qui font de plus petites catégories, mais on parle de nos arbitres seniors qui officient les matchs dans toute la région. Ça va donc nous faire très mal. »

En créant une telle pénurie d’effectifs, c’est l’avenir de l’arbitrage en basketball dans la région qui est menacé, affirme M. Leduc. « Ce sera dévastateur, insiste-t-il. Déjà que le recrutement est très difficile. La majorité des matchs des catégories scolaires ou collégiales sont toujours du jeudi au dimanche. C’est sûr que c’est difficile pour eux. Les étudiants ont la possibilité d’arbitrer ces matchs, mais habituellement, ces derniers jouent encore ou sont entraîneurs. »

« C’est sûr que j’ai plus de facilité [à assigner] les arbitres seniors. Mais s’ils ne sont plus là, ce sera vraiment difficile, d’autant plus que l’on couvre aussi le Lac-Saint-Jean, jusqu’à Normandin. Dans ces cas-là, ça prend une personne qui a un permis de conduire, une voiture et qui est à l’aise sur la route dans des conditions hivernales, fait-il valoir. C’est sûr que cette nouvelle est désastreuse pour moi. »

« Ce n’est pas vrai qu’un jeune de 16, 17 ou 18 ans va aller arbitrer et faire la discipline dans des matchs masculins dans le collégial ou le senior. Ce serait comme les envoyer à l’abattoir », souligne Maxime Leduc, en ajoutant qu’il ne peut pas toujours être sur le terrain pour superviser parce que lui aussi a un emploi. « Je suis bien à l’aise à faire du bénévolat, mais il y a des limites. »

Plus de gestion

Le président régional des officiels de basketball ignore quand la mesure deviendra effective, mais il sait qu’elle devrait couvrir la période de 2020-21. « Ils vont peut-être nous laisser un petit délai pour qu’on puisse remettre nos listes à jour pour les T4-A, mais ça devrait être effectif très rapidement. Dans mon cas, j’ai des ententes avec le Comité provincial d’arbitrage (CPA) qui participe à la table de négociations municipales pour voir ce qu’on peut faire, si on peut augmenter la limite (500 $), comment ça va fonctionner, parce que ça va nous toucher directement. »

Tous travaillent à trouver un terrain d’entente pour éviter que dans la région, par exemple, l’association perde une bonne partie de ses effectifs, qu’elle a déjà de la misère à former.

« C’est un travail de longue haleine de former des arbitres. On s’entend que le basketball n’est pas le sport le plus populaire dans la région, même si on a un bon bassin de joueurs. Mais on reconnaît qu’il y a une baisse du nombre de joueurs. Le basket n’est pas en pleine effervescence comme le hockey, mais on réussit à s’en tirer. Même avec 26 officiels, il faut parfois faire preuve d’ingéniosité pour être capable d’arbitrer tous les matchs », souligne-t-il.

Il est clair que les arbitres actuels ne sont pas intéressés par toute la paperasse que ça va générer et la gestion additionnelle que ça entraînera pour les organisations. « Ce sera des coûts additionnels pour l’association qui ne génère aucun bénéfice actuellement. Ce sera donc dans les poches des arbitres qu’il va falloir que j’aille piger. Au lieu de 20 $ par match, ils auront par exemple 19 $ auquel s’ajoutera l’impôt », énonce-t-il.

Les arbitres devraient reprendre du service avec la reprise des sports dans les milieux scolaires le 14 septembre. Et comme le contrat des officiels de l’association vient à échéance cette année, le président Leduc devra s’asseoir avec le DG par intérim du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), Keven Larivière, pour négocier un nouveau contrat, mais encore là, il lui faudra prévoir plusieurs scénarios en raison de l’imposition à venir et son impact.