L’Anse-Saint-Jean attend l’élite avec impatience

La station du Mont-Édouard a fait ses classes et est maintenant prête à accueillir l’élite canadienne dans le cadre des Championnats nationaux de ski alpin qui se dérouleront à L’Anse-Saint-Jean, du 23 au 28 mars. Près de 200 des meilleurs athlètes des catégories U18, U21 et seniors au pays sont attendus pour l’occasion. Des skieurs des États-Unis et de l’Europe devraient même se joindre à la compétition lors des épreuves ouvertes à l’international.

L’organisation a dévoilé, en conférence de presse, la programmation de ce rendez-vous d’envergure qui n’aurait pu se concrétiser sans l’appui de partenaires financiers et d’une armée de bénévoles. Il faut dire que l’organisation anjeannoise a passé le test haut la main, l’an dernier, avec la présentation du Critérium provincial U16. Devant le succès obtenu, tant l’organisation que Canada Alpin ont estimé que le temps était venu de passer à une étape supérieure, d’où la présentation des Championnats canadiens.

C’est la première fois depuis six ans que ce championnat est présenté au Québec. L’absence d’une piste homologuée de super-G au Québec faisait en sorte que tout se passait dans l’Ouest canadien. Une lacune maintenant comblée par la piste #4, homologuée par la Fédération internationale de ski (FIS). « La fédération est spécialement heureuse de renouer, dans le cadre de ce prestigieux événement, avec la discipline de super-G grâce à l’exceptionnelle piste La Desjardins de 390 mètres de dénivelé qui offrira un challenge des plus singuliers à l’élite canadienne », a souligné le directeur général de Ski Québec Alpin (SQA), Daniel Paul Lavallée.

Lucien Martel, maire de L’Anse-Saint-Jean, Pierre Lavoie, coprésident d’honneur, et Louis Tremblay-Poirat, directeur adjoint du Mont-Édouard, et leur équipe sont prêts à accueillir les quelque 200 skieurs durant les Championnats nationaux de ski alpin qui auront lieu au Mont-Édouard du 23 au 28 mars.

Retombées

Pour le maire de L’Anse-Saint-Jean, Lucien Martel, l’obtention de ce championnat vient couronner plusieurs années d’efforts. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous a demandé de tenir les Championnats nationaux, c’est en raison de l’expérience acquise. La piste homologuée par la FIS pour le Super-G est unique au Québec. On a mis beaucoup d’effort, au cours des cinq dernières années, pour se doter d’infrastructures capables d’accueillir des compétitions d’envergure et on en est très fiers. »

La tenue de ce championnat offrira également une visibilité exceptionnelle à la municipalité et à la région, mais elle générera en outre des retombées économiques à L’Anse-Saint-Jean, mais aussi dans tout le Saguenay. « Accueillir 200 athlètes, leurs accompagnateurs et les visiteurs, c’est énorme. Tous les lieux d’hébergements sont déjà réservés et pleins presque à 100 % dans le milieu », ajoute le maire Martel en soulignant que les réservations vont de Petit-Saguenay et Rivière-Éternité jusqu’à Saguenay.

Le comité organisateur disposera d’un budget de 340 000 $. De cette somme, la MRC du Fjord-du-Saguenay a versé une contribution de 75 000 $ et fait d’ailleurs office de présentateur officiel de l’événement.

Programmation

Les spectateurs pourront admirer le savoir-faire des athlètes dans quatre des cinq disciplines alpines, soit le slalom, le super-G, le slalom géant et le combiné alpin. « L’épreuve reine sera le super-G présenté samedi et dimanche 23 et 24 mars. Il y aura deux zones pour les spectateurs, soit une au pied du “Mur”, qui est l’endroit où l’on a 52 degrés de pentes. C’est vraiment l’endroit où les vitesses atteintes seront vertigineuses », souligne Louis Tremblay-Poirat, directeur général adjoint de la station Mont-Édouard.

Chaque jour, deux blocs de compétitions seront tenus, soit un le matin et l’autre en après-midi sur deux pistes, parfois simultanément. « On accueille des athlètes de partout au Canada, mais aussi des États-Unis et de l’Europe parce qu’il y a certaines courses qui seront ouvertes à l’international pendant le championnat », souligne-t-il. Pour veiller au bon déroulement des courses, quelque 130 bénévoles seront parfois tous à pied d’œuvre sur les sites. Le club de compétition du Mont-Édouard fournit une bonne part des bénévoles et l’expertise pour faire le chronomètre.

La soirée d’ouverture du 23 mars sera marquée par un feu d’artifice, en plus de nombreuses personnalités présentes. Durant la semaine, des artisans locaux seront également sur place pour offrir leurs produits.

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PIERRE LAVOIE A MIS LA MAIN À LA PÂTE

La présentation des Championnats canadiens au Mont-Édouard a comporté son lot de défis et plusieurs autres devront être relevés, du 23 au 28 mars, afin de faire rayonner avec éclat la station anjeannoise et la région d’un océan à l’autre. 

Coprésident d’honneur avec Éric Larouche, Pierre Lavoie a mis la main à la pâte pour permettre à son village natal de se tailler une place enviable dans le milieu du ski alpin. En plus d’utiliser ses contacts, le cofondateur du Grand défi a aussi prêté de l’équipement et le savoir-faire de l’organisation pour mousser la visibilité de l’événement et donner un nouvel essor au vaste potentiel anjeannois. « L’Anse-Saint-Jean est en train de se démarquer par ses initiatives et tout est possible par la suite. (...) On a des montagnes exceptionnelles et des organisateurs qui sont en train de devenir des experts. Ce championnat nous aura permis de réunir toutes nos forces », fait-il valoir en entrevue.

Pierre Lavoie a aussi tenu à « remercier les partenaires financiers, notamment ceux qui ont dit oui dès le départ, car ç’a aidé à aller chercher les autres partenaires. (...) Il fallait convaincre plein de gens que ce ne sera pas un investissement aussi grand que si on le faisait à Tremblant ou au Mont-Sainte-Anne. Parce qu’ici, on fait les choses assez simplement et que c’est surtout le côté humain et le bénévolat qui vont faire la différence », souligne Pierre Lavoie, confiant que le milieu saura relever le défi avec brio. 

« La visite s’en vient et il ne faut pas la décevoir. Si les gens sont bien accueillis, c’est toute la région qui rayonnera. »

D’un océan à l’autre

Pierre Lavoie a aussi mis à profit son amitié avec Erik Guay, l’athlète le plus décoré de l’histoire du ski canadien, pour solliciter ses services comme parrain d’honneur. Il a pris au mot le jeune retraité de la compétition qui souhaite redonner à son sport. De fait, Erik Guay ne chômera pas et prendra part à des capsules quotidiennes qui seront disponibles sur les réseaux sociaux et pour les médias.

« On a monté une équipe de pigistes, on a des drones et caméras pour prendre des captations un peu partout. Avec un communicateur exceptionnel comme Erik Guay, on va produire des capsules quotidiennes de deux minutes que l’on rendra disponibles à travers tout le Canada. Ce sera la première fois qu’il (Guay) commentera des courses et qu’il fera des entrevues avec des athlètes », souligne Pierre Lavoie.

De plus, Erik Guay a accepté de descendre la piste de super-G avec une caméra sur son casque. « On va le suivre avec un drone pour montrer la vitesse qu’il peut atteindre en descente, peut-être 130 km/h. Ce sera intéressant ! », conclut Pierre Lavoie.