Même les tout-petits espéraient repartir avec la signature de Samuel Girard, qui a pris le temps de combler tous ses jeunes partisans.

L'année mouvementée de Samuel Girard

La dernière année de Samuel Girard a été pour le moins intense. Surprendre bien du monde en amorçant la saison dans la Ligue nationale de hockey dans l’uniforme des Predators de Nashville à l’âge de 19 ans, avant d’être échangé à l’Avalanche du Colorado dans une transaction majeure. Sept mois plus tard, le Robervalois reprend son souffle dans son patelin, avant de replonger tête première dans le tourbillon du hockey professionnel.

«On va dire que ce fut une année mouvementée», a convenu Samuel Girard, rencontré vendredi soir au centre récréatif Marianne St-Gelais de Saint-Félcien où il participe au tournoi À bout de souffle avec ses «chums» Jordan Martel, Samuel Harvey, James Phelan et son frère Jérémy Girard.

Malgré le succès qu’il a connu, Samuel Girard demeure le même p’tit gars de Roberval. Casquette enfoncée sur la tête, il attendait patiemment son tour sur le bord de la patinoire, une vingtaine de minutes avant de sauter sur la glace.

De retour à Roberval depuis la fin du mois d’avril, il accumule les présences et activités dans la communauté, auprès des jeunes et des commanditaires.

«Je le dis toujours pendant mes entrevues, c’est important de redonner à ceux qui t’en ont donné, a souligné Girard. Ça me fait plaisir d’aller un peu partout dans la région et je peux en profiter pour aller voir les jeunes et leur transmettre des messages. Si je peux leur mettre l’idée dans la tête que ce n’est pas impossible de réaliser son rêve, tant mieux. Chaque fois que j’ai une demande, c’est tout le temps oui.»

Le défenseur est dans la région jusqu’au début du mois de juin, après quoi il quitte vers Montréal pour poursuivre sa préparation estivale en compagnie de Marc Lambert, préparateur physique du Lightning de Tampa Bay.

Son objectif en vue de la saison 2018-2019 demeure le même que depuis qu’il joue au hockey. 

«On ne m’a pas confirmé que j’allais faire partie de l’équipe et je pense qu’ils ne confirment personne non plus, a précisé Samuel Girard. Il faut arriver prêt et ça va être comme ça toutes les saisons. Mon but est d’avoir un gros été d’entraînement, un peu comme l’an passé. Je veux m’améliorer de jour en jour.»

Force mentale

Dans le film culte Les Boys, Bob parlait de la dureté du mental. Force est d’admettre que le #49 de l’Avalanche du Colorado a prouvé qu’il avait la couenne dure au cours des derniers mois, faisant partie d’un important échange après seulement cinq matchs joués dans l’uniforme des Predators de Nashville.

Si l’échange a fait beaucoup de bruit sur la planète LNH, le principal intéressé assure ne pas avoir été trop secoué par la succession d’événements.

«Je pense qu’il faut être fort mentalement et je n’ai pas eu de difficulté à vivre avec la situation, a partagé Girard. Une transaction, tu ne contrôles pas ça et quand tu te fais échanger, tu y vas et tu es bien content. C’est sûr que ce fut un choc d’être échangé à 19 ans, mais quand Joe Sakic (le directeur général) m’a appelé pour m’annoncer que je faisais partie de la transaction, j’étais vraiment content de joindre l’organisation de l’Avalanche. Les vétérans m’ont pris sous leur aile et ils m’ont aidé à devenir une meilleure personne et un meilleur joueur.»

Samuel Girard a profité des conseils des vétérans Gabriel Landeskog (capitaine), Nathan MacKinnon, Tyson Barrie, Erik Johnson, Jonathan Bernier et compagnie au cours de la saison, mais il a tout de même choisi de vivre en appartement à sa première saison chez les pros.

«Je me suis retrouvé avec une jeune équipe et je pense que ce fut un plus pour moi de se retrouver avec un groupe de jeunes joueurs, a fait valoir Girard. Malgré tout, on a bien fait en se qualifiant pour les séries  et on s’est rendu en six matchs contre la meilleure équipe pendant la saison régulière (Nashville). Ça augure bien pour le futur.»

Samuel Duchesne et Samuel Girard.
René Meunier et son petit-fils Samuel Duchesne ont observé avec intérêt les prouesses de Samuel Girard sur la patinoire.

Un élément de fierté

Des jeunes, il y avait en masse autour de Samuel Girard au terme de sa première apparition sur la glace du centre récréatif Marianne St-Gelais au tournoi À bout de souffle. Parmi ceux-ci, Samuel Duchesne a un lien de parenté avec la tornade de Roberval. Il a même fait de Samuel Girard un sujet de présentation orale à l’école!

«Des fois, mes amis ne me croient pas que Samuel, c’est mon petit-petit cousin», a avoué le jeune de huit ans. Il pourra maintenant conserver cet article et le montrer à quiconque doute de ce qu’il affirme.

Dans les faits, le grand-père de Samuel Duchesne, René Meunier, est le frère de la grand-mère à Samuel Girard. Même s’il n’a pas la chance de côtoyer le hockeyeur sur une base régulière, le petit mousse est sans contredit un de ses plus fidèles admirateurs.

«Il m’impressionne et il est courageux, a louangé Samuel Duchesne, une étincelle dans les yeux. Il est solide et il ne lâche jamais.»

Questionné à savoir s’il allait demander un autographe à Samuel Girard, le plus jeune des deux Samuel a répliqué en disant que sa casquette était déjà décorée du célèbre barbouillage.

Il songeait tout de même à aller demander une énième photographie en sa compagnie, chose qu’il a faite!

Photos et autographes

Samuel Duchesne n’était pas le seul garçon à être comblé par la présence du défenseur de l’Avalanche du Colorado.

Plusieurs jeunes ont immortalisé le moment en sa compagnie, tandis que le principal intéressé a patiemment répondu aux demandes. 

À n’en pas douter, le succès n’a pas encore monté à la tête du Robervalois. Au grand plaisir des plus jeunes qui en profitent pleinement.

«Il a toujours été comme ça, même quand il faisait partie des meilleurs au hockey mineur, a fait remarquer René Meunier. Il est très sociable et il est terre à terre. Il a toujours parlé avec le monde et je pense que c’est en lui. Il va toujours être comme ça.»

Le passage de Samuel Girard à Saint-Félicien aura été l’occasion pour plusieurs personnes de le voir jouer de plus près.

EN BREF

• Pour la petite histoire, l’équipe de Samuel Girard a remporté son premier match du tournoi À bout de souffle par la marque de 9-7 contre celle de Rafaël Harvey-Pinard, membre des Huskies de Rouyn-Noranda. Plus de 300 personnes étaient présentes dans l’amphithéâtre. Un beau succès...

• Le tournoi se poursuit samedi et pour les intéressés, Samuel Girard et ses coéquipiers jouent leur prochain match à midi...

• Plusieurs joueurs locaux actifs dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec sont présents à Saint-Félicien. Samuel Harvey, Rafaël Harvey-Pinard et Jordan Martel, en plus des Saguenéens Jérémy Fortin, Charles Tremblay et Félix-Antoine Marcotty. Les anciens de la « Q » Gabryel Boudreau, Simon Tremblay et Christian Ouellet font également partie du lot. Nos excuses aux oubliés…

• Même si la saison de l’Avalanche est terminée, il y a toujours un élément de mystère autour des joueurs professionnels. Curieux, le journaliste du Progrès a demandé à Samuel Girard de quelle blessure il avait été affecté durant les dernières séries éliminatoires. Une blessure qui lui a fait rater trois des six matchs des siens face aux Predators au premier tour éliminatoire. « J’étais blessé au haut du corps », a soufflé Girard, tenu de garder le tout secret...

• Samuel Girard prévoit être de passage à Shawinigan au début du mois de juin pour assister au repêchage de la LHJMQ. Il a passé trois saisons dans l’uniforme des Cataractes, avant de faire le saut dans la Ligue nationale. Il entend aussi aller visiter sa famille de pension, composée notamment de Julie Robitaille, experte en cours de « power skating ». « Je ne la remercierai jamais assez et en plus de former des joueurs de hockey, la LHJMQ forme également des individus », a-t-il pris soin de rappeler...

• Les organisateurs du tournoi À bout de souffle, Simon Gaudreault et Joey Tremblay, ne chôment pas. En plus de veiller au bon déroulement de l’événement, les deux s’alignent pour une équipe dans la classe pro. S’ils trouvent le temps, aucun doute qu’ils vont bien dormir...