Lino Tremblay a entrepris, samedi dernier, la dernière portion d'un projet amorcé il y a neuf ans, soit la traversée à vélo de l'Amérique du Nord, d'un océan à l'autre, tant au Canada qu'aux États-Unis. Pendant une dizaine de jours, il roulera sur les routes de l'Arkansas, du Kentucky, du Tennessee et de la Virginie-Occidentale.

L'Amérique du Nord à vélo

Sillonner à vélo l'Amérique du Nord d'un océan à l'autre, tant du côté canadien qu'américain de la frontière, voilà le défi que le Saguenéen Lino Tremblay s'apprête à conclure au cours des prochains jours. Bibliothécaire à l'Université du Québec à Chicoutimi, le cycliste de 43 ans a quitté Québec samedi dernier pour effectuer un périple à travers les quatre derniers États qui vont fermer la boucle entreprise en 2008, soit l'Arkansas, le Kentucky, le Tennessee et la Virginie-Occidentale.
En entrevue à quelques jours de son départ, le Saguenéen nourrissait des sentiments partagés. «Je vais avoir un petit deuil à faire parce que ça fait depuis 2009 que ce projet est ma motivation. Mais je pense que j'aurais aussi de la satisfaction», convient-il. En 2009, Lino Tremblay avait d'abord effectué la traversée du Canada (Vancouver-Montréal) en solitaire. Puis, il y a pris goût et s'est dit que tant qu'à y être, aussi bien faire aussi la traversée les États-Unis. Il a donc fait Miami-Montréal. «J'ai vu que j'en avais pas mal de fait, alors je me suis qu'un coup parti, je vais toutes les faire», raconte celui qui a depuis effectué de longs périples à vélo dans différentes parties du Canada et des États-Unis. 
Au bout du compte, il aura parcouru près de 34 000 kilomètres au cours de ses 13 voyages en Amérique du Nord. Durant ses périples, il pédale de 8 à 10 heures par jour. Pas mal pour un gars qui a commencé à faire du sport à 28 ans! Mais comme il a eu le coup de foudre pour le vélo, ses longues randonnées sont vite devenues une motivation annuelle et une belle occasion de se ressourcer. Il croit d'ailleurs qu'il ne pourra pas rester bien longtemps sans planifier un autre projet une fois ce projet de longue haleine terminé.
Courte randonnée
Pour cette dernière boucle, il a prévu environ un séjour de 10 ou 11 jours, deux semaines au maximum. «C'est l'un des plus courts que j'entreprends. Pour moi, c'est un petit 2000 km.» Une fois arrivé en Arkansas, il faut qu'il remonte son vélo avant de pouvoir avaler des kilomètres de route. Avec ses bagages et sa tente, son vélo pèse entre 75-80 livres. Donc, en plus d'être bénéfique pour la forme physique, c'est aussi bon pour la force mentale. 
Grâce aux avancées technologiques, il n'a plus besoin de traîner un portable ou un GPS. Les données de son itinéraire sont déjà toutes inscrites dans son téléphone intelligent. «Ça me laisse plus de temps pour pédaler», assure-t-il.
Pour ce dernier parcours, il aimerait bien faire un arrêt à Graceland, la résidence du ''King'' Elvis Presley, à Memphis. «Et si ça adonne, lorsque je vais passer à Nashville, j'aimerais aller voir un spectacle country.» Il a aussi hâte de traverser les Appalaches en Virginie occidentales «parce que j'aime le plus, ce sont les montagnes. Elles offrent les plus beaux paysages. Ça fait mal (aux jambes), mais ça vaut la peine!», dit-il en mentionnant que l'un des plus beaux panoramas qu'il a pu admirer a été celui de la Loveland Pass (11 990 pieds d'altitude) au Colorado.
Le bibliothécaire prévoit conclure son périple à Washington D.C. pour aller visiter, entre autres, «la librairie du Congrès qui fait partie des plus importantes bibliothèques dans notre domaine.»
L'Alaska et Hawaï
Lorsqu'il a entrepris son projet, Lino Tremblay n'avait pas prévu rouler en Alaska et à Hawaï. «Au début, je n'avais pas prévu les faire, mais ils revenaient tout le temps dans les conversations. J'ai donc décidé de les faire. Je suis allé en Alaska à la fin juin 2016 et à Hawaï en janvier dernier. 
«J'ai fait l'Alaska et le Yukon et je suis descendu un petit bout en Colombie-Britannique parce qu'il n'y avait pas de route en ligne droite pour rejoindre les Territoires du Nord-Ouest. Ç'a été le plus difficile de tous mes voyages parce qu'il faisait froid et parce que l'asphalte est plus granuleux, ce qui est très dur en vélo. Ça nous ralentit parce que c'est rugueux», raconte-t-il.
Au fil des voyages et avec l'expérience , il opte maintenant pour des pneus plus épais, avec des chambres à air quasi indestructibles, pour ne pas avoir de crevaison. «C'est plus dur à pédaler, mais en Alaska, sur 3700 kilomètres, je n'ai fait aucune crevaison. Par le passé, j'avais des pneus plus minces et j'ai tellement fait de crevaisons que je n'ai pas gagné de temps.»
«Même si ce fut mon voyage le plus difficile, ç'a aussi été mon préféré parce qu'il n'y avait pas beaucoup de circulation. J'avais la route pour moi. Et là-bas, tous les automobilistes sont courtois. Ça m'a vraiment impressionné. À l'inverse, à Hawaï, même si c'est beau, il y a trop de monde. Je suis resté sur l'île d'Honolulu, qui est la plus populeuse, mais non la plus grosse, et comme les touristes sont majoritaires, ils regardent n'importe où, sauf en avant!», lance-t-il en riant.