Alexis Lafrenière.

Lafrenière demeure zen

Les noms d'Alexis Lafrenière et Sidney Crosby se retrouvent souvent dans la même phrase par les temps qui courent. D'abord parce que les deux ont été des premiers choix au total dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, les deux par l'Océanic de Rimouski, mais aussi parce que le plus jeune des deux est doté d'un talent qui risque de faire écarquiller bien des yeux.
Les comparaisons s'arrêtent toutefois là. Certes, Alexis Lafrenière a tout ce qu'il faut pour devenir la grande vedette de la formation du Bas-Saint-Laurent à travers la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais des joueurs de la trempe de Sidney Crosby, il ne s'en fait pas tous les jours. Le patineur de Cole Harbour avait été le tout premier choix de l'encan midget, en 2003 et avait terminé son stage junior avec 203 points en 121 rencontres.
« J'essaie de ne pas trop me comparer, il y a de gros noms qui sont ressortis, mais je ne veux pas être comme tous les autres joueurs qui sont passés par ici, a réagi un Alexis Lafrenière sur un ton posé lorsque rencontré jeudi matin en marge du Challenge des recrues. Je veux faire mon propre chemin et je pense que ça va bien aller. »
Le produit des Vikings de Saint-Eustache n'a pas chômé au cours du dernier été. Cinq présences au gymnase et deux autres sur la glace par semaine, voilà ce qu'il faut pour devenir un hockeyeur surdoué. Ce n'est pas tout à fait comme ça que ça fonctionne, mais le principal intéressé qui va avoir 16 ans en octobre seulement n'est surtout pas du genre à s'asseoir sur son talent.
Présent au Challenge des recrues, le jeune homme ressort définitivement du lot comme en font foi ses deux points en soirée lors du premier match face aux Sags. Grand, rapide et agile, il préfère toutefois donner du crédit à ses coéquipiers, même si c'est lui, le centre d'attraction.
« C'est toujours un jeu d'équipe et le hockey ne se joue pas seul, a rappelé avec sagesse Alexis Lafrenière. Il y a toujours une équipe et il faut se fier à tes coéquipiers parce qu'ils vont t'aider. Derrière tout succès, il y a toujours une équipe qui aide beaucoup. Certains joueurs ne sont pas souvent vus, mais c'est une grosse partie du succès. »
Les modèles du jeune Lafrenière sont Patrick Kane et un certain Sidney Crosby. L'attaquant ne peut demander mieux que de se développer avec l'Océanic, une équipe qui a vu grandir les Vincent Lecavalier, Brad Richards et compagnie.
« C'est le fun de faire partie d'une organisation comme celle-là, je suis chanceux d'être ici », a souligné Alexis Lafrenière, conscient qu'il débarque à Rimouski avec une certaine étiquette attachée à son équipement.
« Il vient toujours une petite pression, mais j'essaie de ne pas trop m'en ajouter, a-t-il raconté. Si je m'en ajoute trop, je pense que ça va juste me nuire au lieu de m'aider. Je veux juste jouer mon jeu et ça va bien aller. »
Jeudi matin, Lafrenière répondait à une énième entrevue depuis le très jeune début de sa carrière junior majeur. Il ne s'en fait pas trop avec les représentants médiatiques, même si certains ont les dents longues !
« Je vais rester moi-même et répondre à toutes les entrevues, a-t-il calmement réagi. C'est votre travail et c'est bien correct. Je vais seulement répondre aux questions et ça va bien aller. »
Gare aux comparaisons avec Crosby
Serge Beausoleil a un doux message à ceux qui aiment comparer Alexis Lafrenière à Sidney Crosby.
«Je veux qu'Alexis fasse son propre chemin et le comparer à Sidney Crosby serait d'un total ridicule, a affirmé l'entraîneur et directeur général de l'Océanic jeudi matin. J'ai vu Crosby la semaine passée et je peux vous assurer qu'il n'y en a qu'un seul sur la planète.»
Le sympathique homme de hockey, qui était en excellente forme lors de l'entretien, remarque toutefois des qualités indéniables chez son nouvel attaquant. «Il a du travail à faire avec lui comme avec tous les autres joueurs, mais c'est un beau talent à polir, a-t-il reconnu. C'est un gars qui est très ouvert, qui veut travailler et qui veut s'améliorer. Il a beaucoup de nos gars qui sont intéressants et il fait partie de ceux-là. Il beaucoup de vitesse et c'est un talent pur. Il a des aspects défensifs à peaufiner, mais c'est tout à fait normal à cet âge.»
Même si son poste à Rimouski est assuré, Alexis Lafrenière fait quand même sa place chez l'Océanic en commençant à la base, c'est-à-dire au Challenge des recrues. L'exemption n'a pas fait partie des options.
«Le pire service que tu peux rendre à un jeune, c'est de le traiter d'une façon différente, surtout lorsqu'il est très talentueux, a souligné Serge Beausoleil. Il va mériter tout ce qu'il veut avoir chez nous, et il va avoir tout ce qu'il mérite.»
Pendant que tous les yeux sont rivés vers Alexis Lafrenière, les autres recrues de l'Océanic ont le champ libre. Après tout, Christopher Innis (10e) et Mathieu Bizier (12e) sont également des sélections de premier tour en juin dernier, sans parler des autres sélections hâtives du dernier encan midget.
«On a 15 gars sur 27 (au Challenge des recrues) qui font plus de six pieds et on a une vitesse vraiment intéressante si on la compare à l'an passé, a évalué Beausoleil. L'avenir est prometteur, comme dans plusieurs organisations. Ça va amener une nouvelle donne cette saison.»