L’un des deux joueurs à l’origine de l’action collective contre la LHJMQ, Thomas Gobeil, a joué pour les Saguenéens de Chicoutimi pendant deux saisons, en 2012-13 et 2013-14.

L’action collective contre la LHJMQ autorisée

L’action collective intentée contre la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) par deux anciens joueurs a franchi une étape, jeudi dernier, avec l’autorisation à poursuivre les démarches accordée par un juge de la Cour supérieure. Mais il risque de s’écouler encore passablement de temps avant que le procès comme tel ne s’amorce et que le débat se règle.

Le feu vert obtenu par les requérants ne surprend pas les dirigeants de la LHJMQ. « Au Québec, c’est juste une étape procédurale. La majorité des demandes de recours collectifs sont autorisées à aller de l’avant à aller en procès », a indiqué Maxime Blouin, directeur des communications du circuit Courteau.

Cela dit, la LHJMQ reste ferme sur ses positions et entend bien faire valoir ses points. « C’est sûr qu’il y a certaines inquiétudes quand on a un recours collectif contre nous, mais nous allons continuer de défendre notre position qui est celle que nos joueurs sont des athlètes-étudiants amateurs, de sorte que le statut d’employé ne devrait pas être la prérogative », fait valoir M. Blouin en entrevue téléphonique.

« C’est cela en ce moment. Les joueurs sont obligés d’aller à l’école et le format de notre ligue est fondé sur le fait que nos joueurs doivent être athlètes-étudiants d’abord et avant tout. Et on veut mettre encore plus l’accent sur l’aspect étudiant dans les prochaines années. C’est vraiment vers ça qu’on se dirige. Déjà, en août, il y a eu une règle qui est passée obligeant tous les joueurs à aller à l’école. Avant, il y avait des exceptions, mais maintenant, c’est 100 % des joueurs qui vont à l’école », souligne-t-il.

« Pour nous, c’est clair que ç’a toujours été des athlètes-étudiants et notre position a été renforcée par les législateurs qui ont ajouté cela à leurs textes de loi. Au Québec (juin 2018), et au Nouveau-Brunswick, les législateurs ont mis en place des précisions dans leurs lois sur les normes du travail à l’effet que les joueurs étaient des athlètes amateurs étudiants au Québec. »

C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi la période couverte par l’action collective se situe du 29 octobre 2011 au 12 juin 2018.

Québec solidaire

C’est aussi ce qui a motivé le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, à réitérer son appui aux joueurs dans ce dossier. « Peut-on vraiment s’étonner que deux anciens joueurs intentent une action collective contre la LHJMQ et ses équipes quand on connaît les conditions de travail difficiles au sein de la ligue ? Les jeunes joueurs ne reçoivent ni salaire horaire ni compensation pour les heures supplémentaires, les vacances ou les jours fériés. N’importe quel employé poursuivrait son employeur si celui-ci ne respectait pas les normes du travail, alors pourquoi pas les joueurs de la LHJMQ ? », fait-il valoir dans un communiqué émis lundi.

« En les traitant comme des “étudiants-athlètes amateurs” et non comme des employés, la LHJMQ profite de ces jeunes qui rapportent des millions de dollars de profit à certaines de ses équipes. Malheureusement, avec leur projet de loi 176, les libéraux ont provoqué cette situation puisqu’ils ont définitivement exclu les jeunes athlètes québécois de la Loi sur les normes du travail, avec la complicité de la CAQ et du PQ. Seul Québec solidaire s’est tenu debout pour défendre leurs droits, rappelle Nadeau-Dubois. Nous allons suivre ce recours collectif avec attention au cours des prochaines semaines. Ces jeunes méritent d’être mieux protégés. »

D’un océan à l’autre

La LHJMQ n’est pas la seule visée par une action de groupe. Les trois ligues canadiennes font face à des recours qui, s’ils ne sont pas conjoints, sont similaires. Les réclamations du recours contre la LHJMQ pourraient atteindre un montant maximal total de 50 millions $, dépendamment du nombre d’inscrits. Deux autres actions collectives menées par d’autres joueurs sont en cours, l’une contre la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL), et une autre contre la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL). Au total, pour les trois ligues canadiennes, la facture pourrait s’élever à 180 millions $. « Nous sommes toutes à l’étape où les recours sont autorisés. Aucun procès n’est commencé », note Maxime Blouin.

L’un des deux joueurs à l’origine de l’action collective contre la LHJMQ, Thomas Gobeil, a joué pour les Saguenéens de Chicoutimi pendant deux saisons, en 2012-13 et 2013-14. Il a aussi porté les couleurs du Drakkar de Baie-Comeau (2010-13) et des Foreurs de Val-d’Or (2013-14). Après une saison dans la Ligue de hockey de la Colombie-Britannique (2014-15), le natif de Saint-Hubert a disputé quatre rencontres dans la East Coast League (ECHL) avec les Admirals de Norfolk (2015-16) et il a porté les couleurs du défunt Blizzard de Trois-Rivières pendant un seul match dans la Ligue nord-américaine de hockey en 2016-17. L’autre requérant est Lukas Walter, un robuste ailier gauche qui a surtout évolué pour des équipes des Maritimes.