L’annulation du précamp des Couguars du Cégep de Chicoutimi, prévu en fin de semaine, aura un impact important en vue de la prochaine saison si elle a lieu, reconnaît l’entraîneur-chef Nicolas Menachi.
L’annulation du précamp des Couguars du Cégep de Chicoutimi, prévu en fin de semaine, aura un impact important en vue de la prochaine saison si elle a lieu, reconnaît l’entraîneur-chef Nicolas Menachi.

L'absence de précamps, un casse-tête pour les équipes de football collégial

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Avec l’annulation des précamps printaniers, les entraîneurs des Gaillards du Cégep de Jonquière et des Couguars du Cégep de Chicoutimi doivent trouver d’autres manières afin de maintenir le contact avec leurs joueurs.

«Ça va avoir un impact même si je voudrais dire non», reconnaît l’entraîneur des Couguars Nicolas Menachi, qui profite notamment de ses temps libres pour suivre des cliniques en ligne, notamment pour compléter sa certification de Football Canada.

En plus, en raison de la pandémie de COVID-19, la série d’entraînements hivernaux a également dû être écourtée, si bien que le précamp aurait vraiment représenté le premier bain entre les recrues, les vétérans et les entraîneurs. La très grande majorité du recrutement au Québec était toutefois terminée à quelques exceptions près. «Avec le précamp, on avance quand même pas mal. Ce n’est pas bon pour nous, pas du tout», laisse tomber Nicolas Menachi, en poste depuis la saison 2016.

Depuis quelques années, les Gaillards ont repoussé d’une semaine leur précamp, mais devaient tout de même tenir samedi leurs premiers entraînements extérieurs. Cette année, les entraîneurs ont décidé de mettre la technologie à profit avec des réunions avec les coordonnateurs et les joueurs sur la plateforme Zoom sur le système de jeu et les connaissances de football. «On ne commencera pas à zéro en août avec les termes qu’on utilise et les choses comme ça», explique François Laberge qui donnera une clinique virtuelle lundi organisée par Football Québec sur l’utilisation des joueurs de ligne et le jeu au sol.

Malgré la situation actuelle, l’entraîneur-chef des Gaillards depuis 2013, finalistes du dernier Bol d’Or division 3, se montre tout de même très optimiste en vue de la prochaine saison qui doit débuter en septembre. «Présentement, je reste optimiste parce que ça ne sert à rien de broyer du noir de ce temps-ci. J’ai bon espoir qu’on va être capables de jouer la prochaine saison. Peut-être qu’elle va être modifiée un peu au niveau du calendrier et qu’on va commencer un peu plus tard, mais j’ai l’impression que dans les prochains mois, les choses vont rentrer plus dans l’ordre normal», fait valoir François Laberge, estimant que le sport amateur scolaire représente une très bonne clientèle pour recommencer avec des jeunes en forme.

Comme toute bonne rivalité, son vis-à-vis des Couguars n’est pas du même avis. À la lumière des informations qu’il a présentement, même s’il est encore tôt, il voit mal comment la prochaine saison pourrait débuter normalement à temps. «Je vais attendre de voir ce qui va être mis en place au niveau gouvernemental, mais je pense qu’on va devoir être créatifs», estime Nicolas Menachi qui se demande comment il serait possible d’appliquer les mesures de distanciation sociale sur le terrain, rappelant qu’avec le personnel, une équipe de football représente environ 75 personnes.

L’entraîneur-chef des Gaillards du Cégep de Jonquière, François Laberge, demeure positif pour la prochaine saison de football collégial qui doit débuter en septembre.

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Le délicat dossier des joueurs français

Un dossier retiendra l’attention des deux entraîneurs lors des prochaines semaines, voir des prochains mois, celui des joueurs Français qui se retrouvent quelque peu dans l’incertitude présentement.

D’abord, dans les deux camps, quelques joueurs qui ont passé la dernière année scolaire au Saguenay ont décidé de demeurer au Québec. Comme les autres étudiants étrangers, des mesures ont été prises par les dirigeants des deux institutions afin de les aider. «Certains ne veulent pas partir parce qu’ils ont peur de ne pas pouvoir revenir», pointe l’entraîneur-chef des Couguars, Nicolas Menachi sur le désir de certains de ses joueurs de demeurer sur place pour tout l’été.

En effet, le processus d’obtention des permis nécessaires qui est présentement retardé cause du stress à plusieurs joueurs et leurs familles. Comme c’est devenu la coutume, Nicolas Menachi et son homologue des Gaillards François Laberge se sont rendus en France pour faire du recrutement en janvier, au moment où les premiers cas de coronavirus étaient déclarés dans le pays. Ils ont chacun recruté une dizaine de joueurs pour s’ajouter à ceux déjà en place. «C’est majeur», plaide Nicolas Menachi sur l’importance du dossier.

«Si les Français ne peuvent pas venir, certaines équipes vont avoir de la difficulté», poursuit l’entraîneur des Couguars, qui même s’il a passé beaucoup de temps dernièrement à tenter de rassurer les jeunes, certains l’ont déjà avisé lors des dernières semaines qu’ils ne viendraient pas.

«Ce n’est pas seulement le nombre de joueurs qu’on recrute en France, mais nos faiblesses et nos besoins», indique Nicolas Menachi qui avait ciblé les lignes offensive et défensive lors de son passage outre-mer.

«De ce qu’on sait, il n’y aura pas de problèmes tant qu’ils ont leurs papiers», raconte pour sa part François Laberge, précisant qu’à leur arrivée, les jeunes devront respecter un confinement de 14 jours. Des démarches sont donc en cours afin de devancer leur arrivée à la mi-juillet dans la mesure du possible.