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De façon générale, le test dure une vingtaine de minutes.
De façon générale, le test dure une vingtaine de minutes.

La VO2max au coeur d'une étude à l'UQAC [PHOTOS]

Jonathan Hudon
Jonathan Hudon
Le Quotidien
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La Clinique universitaire de kinésiologie (CUK) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) fait actuellement appel aux coureurs assidus, mais pas nécessairement la crème de la crème, pour faire le plein de données permettant entre autres de mesurer la VO2max, au cours d’un test à effort maximal sur tapis roulant. Ces valeurs directes sont ensuite mises en comparaison avec une équation concoctée par un réputé collège américain qui évalue indirectement ladite VO2max. Aux allures scientifiques, ce projet de recherche risque de venir confirmer l’importance d’une bonne capacité aérobique chez l’humain en général.

Par définition, la VO2max est la quantité maximale d’oxygène que peuvent fournir les systèmes cardiovasculaire et pulmonaire, ainsi que la capacité maximale du système musculaire à utiliser cet oxygène durant un effort intense. « Ça reflète l’utilisation de l’oxygène par les muscles, mais via ce qui est transporté par les systèmes cardiovasculaire et pulmonaire », résume Marc-Olivier Dugas, kinésiologue et étudiant à la maîtrise en sciences cliniques et biomédicales de l’UQAC.

La CUK de l’UQAC travaille sur ce projet depuis environ deux ans. Il consiste à valider l’équation métabolique pour la course à pied de l’American College of sports médecine (ACSM), une référence mondiale pour une majorité de professionnels de la santé. Marc-Olivier Dugas a repris les rênes du projet, qu’il utilise maintenant dans le cadre de sa maîtrise.

« La recherche m’intéressait et j’ai pris la balle au bond », explique le jeune homme originaire de la Gaspésie maintenant bien installé dans la région dans le cadre de ses études, lorsque rencontré dans un local de la CUK.

De façon précise, le projet vise à évaluer la validité de l’équation métabolique de la course à pied sur tapis roulant de l’ACSM, une référence mondiale pour une majorité de professionnels de la santé. L’ACSM a établi la valeur d’estimation et la CUK la compare avec une valeur directe, par l’entremise d’un analyseur métabolique. L’UQAC est dotée de certains équipements à la fine pointe de la technologie, dont le Vyntus CPX Metabolic Cart, de la compagnie Vyaire Medical, un chariot métabolique qui permet de mesurer un grand nombre de données durant un test à l’effort maximal avec l’analyse des échanges gazeux.

« Le but est de comparer la VO2max mesurée avec les équations d’estimation de l’ACSM, détaille Marc-Olivier Dugas. On veut voir si elles sont valides pour les utiliser auprès des coureurs de différents niveaux. Ça ne m’intéresse pas vraiment d’avoir des coureurs de très haut niveau - et tant mieux si c’est le cas -, mais le but est d’avoir des gens actifs, qui pratiquent la course à pied, dépendamment de leur niveau de condition physique général. Je veux qu’ils soient en bonne santé, mais leur temps de course, ça ne change rien pour moi. »

Une valeur clé

Il est certes tentant d’épater la galerie avec une VO2max jugée excellente ou au-delà des standards habituels. Pour Marc-Olivier Dugas, il importe de valider qu’une amélioration de sa valeur chez monsieur et madame Tout-le-Monde peut être bénéfique pour la santé en général.

« Il y a de grosses études épidémiologiques qui démontrent l’interaction entre la VO2max et plusieurs indicatifs de santé assez larges », remarque-t-il, ajoutant que l’augmentation de seulement un MET (ou metabolic equivalent of task, l’unité de mesure de l’intensité physique) diminue les risques de mortalité prématurée de 13 % et les risques de maladies coronariennes et cardiaques de 15 % chez les individus. Une personne avec une VO2max respectable est également moins à risque de faire de l’hypertension et de développer certaines formes de maladies, en plus de diminuer ses chances d’être victime d’un accident vasculaire cérébral.


« Juste la Vo2max est un facteur de risque indépendant qui permettrait de préciser la stratification du risque chez les populations en général, reprend le kinésiologue. Elle devrait donc être utilisée davantage, parce que la VO2max est une valeur objective de la tolérance à l’effort et elle est reliée à tous ses effets bénéfiques sur la santé. »
Marc-Olivier Dugas

Relativement facile à améliorer

Pour améliorer sa VO2max, et donc diminuer concrètement les risques pour la santé, il suffit d’être actif physiquement. Aucune formule magique n’est nécessaire ; tout se joue dans la durée, l’intensité et la fréquence de ladite activité physique.

« Néanmoins, certains facteurs génétiques peuvent influencer la Vo2max, convient-il. Ce n’est pas qu’on a une valeur déterminée génétiquement, par contre, il peut y avoir une tranche de valeurs sur laquelle on peut jouer. Cela dit, avec un programme d’entraînement approprié, tout le monde peut améliorer sa VO2max. »

Et concernant l’intensité ? Certaines études démontrent que produire un effort demandant une plus grande intensité, par exemple en optant pour des intervalles, a un avantage sur l’augmentation de la VO2max. Passer plus de temps dans des zones d’intensité élevée peut donc offrir de meilleurs résultats que d’offrir un effort continu, mais l’un n’empêche pas l’autre.

« Un débutant va améliorer plus rapidement sa VO2max, même s’il fait de l’activité de façon moins intense, informe Marc-Olivier Dugas. C’est sûr que plus on met de l’intensité, plus on va généralement avoir des bénéfices, mais ça demeure toujours pertinent de bouger, peu importe l’intensité. »

Des données précises sont enregistrées au cours du test. Celui-ci est d’une durée relativement courte, mais d’une intensité maximale.

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UN TEST PRÉCIS, COMPLET ET INTENSE

Le test sur tapis roulant pour valider l’équation métabolique de la course à pied est à la fois précis, complet et intense. De façon générale, la durée à l’effort est d’environ 20 minutes, ce qui comprend un échauffement et un retour au calme.

L’auteur de ces lignes a pu se prêter au jeu (ou à l’effort) en exécutant l’examen avec le chariot métabolique Vyntus CPX Metabolic Cart, qui permet d’obtenir des valeurs de référence avec mesure des échanges gazeux, c’est-à-dire en portant un masque relativement confortable. Rien de bien contraignant, toutefois.

Après une période d’échauffement, à la marche, les trois premiers paliers, d’une durée de trois minutes chacun, sont les mêmes pour tous les participants. À une vitesse convenable, ils ne posent pas trop problème. Les autres paliers, cette fois de deux minutes chacun, sont ensuite personnalisés selon le niveau de course à pied du « cobaye ».

« Je me fie à un temps établi sur cinq kilomètres. En fonction de ça, je fais des prévisions », avance Marc-Olivier Dugas, quelques minutes avant l’examen où il explique tous les détails de l’exercice.

Après 21 minutes de course, c’est terminé. Toutes les données sont enregistrées et le kinésiologue a pu les voir en temps réel, sur le moniteur du Vyntux CPX Metabolic Cart.

Ce dernier explique que le test ne doit pas être inutilement long.

« Pour ce type de test, on évite de le prolonger, car il pourrait y avoir de la fatigue qui s’accumule. On ne veut pas non plus qu’il soit trop court », fait valoir M. Dugas.

Un moniteur de fréquence cardiaque permet à l’étudiant à la maîtrise de suivre l’effort du patient. La fréquence cardiaque au repos, la tension artérielle, la taille et le poids sont enregistrés avant l’effort, et les deux premières données sont prises à nouveau une fois la récupération complétée.

Dans les journées précédant le jour J, deux formulaires doivent être remplis, en plus du formulaire de consentement. Le premier consiste à en apprendre davantage sur les habitudes de coureur du participant et le second, l’Index de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), demande d’élaborer sur ses habitudes de sommeil.

« C’est de la valeur ajoutée, rapporte Marc-Olivier Dugas. Le PSQI est un questionnaire largement utilisé en recherche. Il a une certaine valeur clinique et il permet de séparer les mauvais des bons dormeurs avec un score. Il y a peut-être une relation entre la qualité du sommeil et la VO2max, on ne le sait pas. On pourrait évaluer s’il y a une valeur de l’un sur l’autre. Ça ne fait pas partie de la question de recherche, mais ça pourrait l’être dans le futur. »

Candidats toujours recherchés

Le journaliste du Progrès a été environ la 100e personne à participer au projet de recherche. Pour son projet de maîtrise, Marc-Olivier Dugas veut atteindre les 180 coureurs, soit 30 par chaque tranche d’âges (18-34, 35-54 et 55 et plus), autant chez les hommes que chez les femmes. Chez les hommes, des candidats de 55 ans et plus sont principalement recherchés, tandis que c’est pratiquement le contraire chez les femmes. Les 35-54 ans ont répondu à l’appel, mais celles âgées entre 18 et 34 ans ont été plus timides.

« On veut aussi voir s’il y a interaction entre le sexe et l’âge. Bref, est-ce que les équations d’estimation ont une validité et une précision différentes en fonction de l’âge et/ou du sexe de l’individu ? », conclut Marc-Olivier Dugas, qui cherche aussi à transmettre les données recueillies avec une population moins active.

« L’évaluation de la VO2max est moins fréquente chez les coureurs, fait-il remarquer. Nous n’avons pas tant de données chez les coureurs réguliers, alors ça pourrait permettre d’augmenter la démocratisation et permettre une mesure plus précise pour tous, plus accessible. »

Les candidats intéressés à participer au projet de recherche peuvent communiquer à la Clinique universitaire de kinésiologie de l’UQAC en composant le 418 290-0591, ou encore en envoyant un courriel à Marc-Olivier Dugas à marc-olivier.dugas1@uqac.ca.

Marc-Olivier Dugas, à droite, pilote le projet de recherche. Il est accompagné sur la photo de l’étudiant Jérôme Range, qui posent tous les deux devant le Vyntus CPX Metabolic Cart, utilisé pour le test métabolique.