L’entraîneur-chef du Centre Marc-Gagnon, David Simard (à droite), voit d’un bon oeil l’utilisation des nouvelles technologies pour l’aider à garder ses protégés en forme et motivés malgré le confinement. Les clubs virtuels mis de l’avant par la Fédération de patinage de vitesse du Québec constituent une belle initiative.
L’entraîneur-chef du Centre Marc-Gagnon, David Simard (à droite), voit d’un bon oeil l’utilisation des nouvelles technologies pour l’aider à garder ses protégés en forme et motivés malgré le confinement. Les clubs virtuels mis de l’avant par la Fédération de patinage de vitesse du Québec constituent une belle initiative.

La technologie, l'alliée de l’entraîneur David Simard

Sur son site Internet, la Fédération de patinage de vitesse du Québec vient de créer deux clubs virtuels pour garder la communauté du patin motivée et ensemble via l’application Strava, l’un pour les adeptes du vélo et l’autre pour ceux de la course à pied, « pour être ensemble » virtuellement. Dans la région, David Simard, entraîneur-chef du Centre Marc-Gagnon, y voit une excellente façon de faire un bon suivi d’athlète et de stimuler les troupes, même en confinement, en se lançant par exemple de petits défis ludiques entre athlètes d’une même région et même d’autres régions.

« Ça permet à tout le monde au Québec de voir ce que les autres font et où ils vont. Parfois, les patineurs d’une même région peuvent se lancer un défi. Par exemple, si un a fait la montée du parc à vélo, un autre peut décider d’essayer de la faire un peu plus vite », cite en exemple celui qui utilisait déjà Strava pour les entraînements. « Ça me permet de varier et aussi de voir ce qu’ils ont été en mesure de faire dans le temps alloué, selon l’exercice prescrit. »

Loin d’être réfractaire aux changements, il voit cette nouvelle façon de faire d’un bon œil. « C’est un peu mon métier et je ne suis pas une personne réticente au changement. Je vois les changements comme une stimulation. Et je vois la situation présente comme l’occasion d’offrir à mes athlètes un repos qu’ils n’ont jamais eu. Il faut le voir d’une façon positive et proactive. »

« J’aime bien la technologie et je fais beaucoup de formation en période de confinement. Mais même les patineurs vont pouvoir m’en montrer. Comme entraîneur, il faut s’ajuster. Mais si ça s’était produit il y a dix ans, ça aurait été plus difficile », rigole-t-il.

La technologie et les groupes sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram permettent un partage des connaissances. Ainsi, une entraîneuse consultante à Sherbrooke qui possède une maîtrise en psychologie du sport pourra par exemple proposer des capsules sur la psychologie du confinement. Dans d’autres cas, ce seront les entraînements faits par des athlètes élites, etc.

Avoir du plaisir

Dans d’autres régions, l’entraînement est déjà recommencé. Pour sa part, David Simard a préféré profiter de la pause forcée pour prolonger un peu la période de repos de sa vingtaine de protégés qui ont repris l’entraînement cette semaine.

« Je me suis servi du début du confinement à aller jusqu’en fin de semaine, ce qui représente environ deux semaines de plus qu’habituellement. D’habitude, on recommence à s’entraîner en groupe avant de toucher un peu à la glace en juin. En juillet, l’entraînement est plus intense et vers la fin août, les compétitions recommencent. »

Bien qu’il y ait des capsules et des entraînements mis en commun sur le site, David Simard souhaite proposer des entraînements qui seront à la fois ludiques et intéressants pour l’athlète et son entourage.

« Comme on est confinés, je veux mettre ça amusant. Je vais par exemple intégrer la famille pour les sorties plus longues. Dans les trois prochaines semaines, ils vont me montrer l’un des endroits où ils vont faire leur entraînement en vélo ou en randonnée pédestres et on va le mettre sur notre site pour le partager avec les autres », explique le kinésiologue, qui fonctionnera avec des blocs d’entraînement échelonnés sur trois semaines, « avec des défis chaque fois ».

Il concoctera des capsules où il proposera par exemple des alternatives pour que les athlètes puissent transformer des objets familiers à la maison en matériel d’entraînement. Pour ce qui est de l’entraînement extérieur, les athlètes d’ici sont choyés. « On est chanceux, car dans notre magnifique région, on a plein d’espaces verts ou des parcs où l’on peut aller s’entraîner. »

Au Centre Marc-Gagnon, une nouvelle génération de patineurs se pointe. David Simard proposera donc, en plus des entraînements, des vidéos des mouvements et techniques à travailler, et des devoirs à faire en plus de rencontres individuelles virtuelles. La prévention des blessures fera aussi partie du programme estival. L’entraîneur estime que ses athlètes seront prêts, du point de vue forme physique, pour les compétitions qui pourraient ne commencer qu’en octobre au lieu du mois d’août. N’ayant pas accès à la glace durant l’été, ce sera plus difficile de ce côté-là. Mais tout le monde sera dans le même bateau, alors il ne croit pas que ce sera pas un désavantage.

Enfin, David Simard estime que le patinage de vitesse courte piste est l’un des sports qui peut s’adapter pour être en mesure de respecter la distanciation sociale. À part les relais qui peuvent très bien être laissés de côté, c’est un sport sans trop de contacts physiques, fait-il valoir. Quant aux départs des courses, il y a moyen de s’adapter et le masque pourrait être obligatoire si besoin, avance celui qui a quand même hâte de voir comment la situation va évoluer au cours des prochains mois.