Diabète Saguenay a eu la main heureuse en misant sur l’arbitre de la LNH natif d’Albanel, Justin Saint-Pierre (à droite), à titre de président d’honneur de son brunch annuel. Le président de l’association, Gontran Allard, est ravi de son nouvel ambassadeur.

La sortie de Justin Saint-Pierre a eu l’effet d’une bombe

En révélant qu’il devait composer avec le diabète depuis 37 ans, l’arbitre de la Ligue nationale de hockey (LNH) Justin Saint-Pierre a eu l’impression d’avoir lâché une véritable bombe, tellement les réactions ont été nombreuses.

En entrevue, le natif d’Albanel regrettait presque de ne pas avoir dévoilé cette information auparavant. « C’est l’fun parce que j’ai reçu plusieurs messages de jeunes qui jouent au hockey, de garçons et de filles qui font du diabète. Depuis ma sortie, j’ai parlé avec beaucoup de parents et je suis content de l’avoir fait parce que je suis là pour aider les enfants et même les adultes un peu. Je veux leur montrer qu’ils peuvent faire n’importe quel sport, même s’ils sont de diabète de type 1 », explique celui dont c’était justement le 47e anniversaire dimanche.

« Quand ç’a été publié dans Le Quotidien, vous ne pouvez pas savoir combien j’ai reçu de messages de parents de jeunes enfants, de joueurs de hockey qui font du diabète de type 1. Ça m’a touché parce que je me suis dit que j’aurais peut-être dû en parler avant », ajoute l’officiel de la LNH qui encourage les gens qui souhaite échanger avec lui sur cette maladie à lui écrire. « Je suis toujours ouvert à m’associer à de tels événements et ça va me faire plaisir de m’embarquer. »

Président d’honneur du brunch annuel de Diabète Saguenay, l’arbitre de la LNH, Justin Saint-Pierre a démontré que le diabète n’est pas un empêchement dans la carrière d’un athlète. En révélant que lui-même compose avec cette maladie depuis des années, il a suscité de nombreuses réactions positives.

Justin Saint-Pierre avait 10 ans quand il a appris qu’il était diabétique de type 1. « Je buvais beaucoup d’eau et j’avais toujours mal à la tête. Je pense que la plupart des gens, c’est comme ça qu’ils découvrent qu’ils en font. Ça n’a pas été facile. J’ai été hospitalisé pendant trois semaines à Chicoutimi. Maintenant, ça fait 16 ans que je suis arbitre dans la LNH et je peux vous confirmer que c’est une maladie avec laquelle on peut très bien vivre. Mais ça demande beaucoup de discipline », souligne celui qui mise sur l’entraînement et une saine alimentation pour bien contrôler son diabète.

« Ce n’est pas une maladie facile, mais il y en a des pires. Car on peut quand même faire ce qu’on veut. Ça me touche d’en parler et je suis content d’en parler parce que ça fait 16 ans que j’arbitre dans la LNH », a-t-il partagé avec les convives du brunch. Le sympathique Jeannois a bien fait rire son auditoire en leur racontant que, lui aussi, il lui arrivait de tricher et de manger avant de se piquer.

Tabou

Justin Saint-Pierre assure qu’il n’était pas gêné de devoir composer avec le diabète, mais il ne sait pas vraiment pourquoi il n’en a jamais parlé publiquement auparavant. Comme bien d’autres, il a toutefois eu peur que sa maladie soit un frein à sa carrière.

« Quand je suis devenu arbitre (professionnel), je n’en ai pas parlé à mes patrons parce que je craignais que ça me nuise. Je ne savais pas comment ils allaient prendre ça. Je ne l’avais pas dit à la LNH non plus parce que je me demandais si je pourrais perdre ma job à cause de cela. Mais comme on prend des prises de sang (lors des tests physiques), je n’avais pas le choix d’en parler », raconte celui qui a pu constater que ce n’était vraiment pas un obstacle. Surtout qu’il n’est pas le seul à évoluer dans un sport d’élite à composer avec le diabète.

Concernant la gestion de son taux de sucre, Justin Saint-Pierre se considère comme un « old timer ». « Moi me piquer devant le monde, oubliez ça. Pendant les matchs de hockey, je prends deux ou trois fois (ma glycémie) avant d’embarquer sur la glace et deux entre les périodes. Si mon taux de sucre monte trop pendant les matchs, ça me tombe dans les jambes et ça devient plus “rough”. S’il est trop bas, j’ai mal à la tête. (Dans ce temps-là), je prends un “power gel” et je suis capable de finir le match. »

Pour lui, la pompe à insuline n’était pas une option en raison des risques d’accrochage ou de collision durant un match. Les capteurs de glycémie ne l’attirent pas non plus. Il connaît suffisamment bien son corps pour gérer ses besoins avec la méthode plus traditionnelle.

Le plus difficile à gérer, dans son métier, c’est le décalage horaire. « Parfois, je peux être deux jours dans l’Ouest canadien ou américain. Je reviens alors chez nous avec trois heures de décalage, ce n’est pas facile », a-t-il confié à son auditoire.

Enfin, le Jeannois fera-t-il partie des heureux élus qui officieront les matchs en séries cette année? Je vais te le dire au lendemain de la fin de la saison régulière !, a-t-il conclu en riant. J’espère toujours, mais ce n’est pas moi qui décide ! »

La présence de l’arbitre de la LNH Justin Saint-Pierre, comme président d’honneur du brunch de Diabète Saguenay, a attiré de nombreux convives. Ce fut une des meilleures éditions de l’événement.

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SALLE COMBLE POUR DIABÈTE SAGUENAY

Diabète Saguenay a frappé un coup de circuit en choisissant l’arbitre de la Ligue nationale de hockey (LNH) Justin Saint-Pierre pour agir comme président d’honneur de son brunch annuel tenu dimanche, à l’hôtel Delta Saguenay. Près de 350 convives ont répondu à l’invitation de l’organisme sans but lucratif, de sorte que cette 38e édition s’inscrit parmi les plus courues de son histoire.

Président de Diabète Saguenay, Gontran Allard est ravi du succès obtenu. « Nous avons plus de 325 personnes et c’est au-delà de nos espérances. On dit souvent que c’est difficile d’attirer les gens, mais cette année, c’est exceptionnel ! La présence de Justin Saint-Pierre a certainement aidé. En allant chercher une personnalité du sport, diabétique en plus, on va convaincre les gens de ne plus cacher qu’ils font du diabète, car la plupart le font encore. »

« Parce qu’ils pensent, par exemple, qu’en disant qu’ils sont diabétiques, ils ne seront pas invités à des fêtes d’enfant où il y a du gâteau au chocolat. Mais ce n’est pas le cas. Il s’agit de réduire les portions. Au brunch ce matin, les diabétiques mangent la même chose que tout le monde et certains avaient des assiettes bien garnies », mentionne en riant le président.

Saint-Pierre, un ambassadeur

M. Allard estime que son organisation a déniché, en Justin Saint-Pierre, un excellent ambassadeur pour mieux faire connaître le diabète. Surtout qu’il s’est montré ouvert à participer à d’autres activités.

À titre de président d’honneur, Saint-Pierre a pu démontrer que le diabète n’empêche pas un athlète d’atteindre les plus hauts niveaux. À preuve, Max Domi, l’attaquant du Canadien de Montréal, lui a d’ailleurs signé un bâton de hockey au profit de Diabète Saguenay.

Justin avait aussi apporté un chandail d’officiel de la LNH signé par tous les arbitres qui sera offert à l’encan sur la page Facebook de Diabète Saguenay.

Grâce au brunch, qui est la principale activité de financement de Diabète Saguenay, et aux articles offerts par Justin Saint-Pierre, l’organisme devrait être en mesure de récolter une jolie somme, dont le montant devrait être dévoilé prochainement.