Philippe Gagnon a participé aux Jeux paralympiques de Sydney en tant qu’athlète, en plus de faire partie de l’équipe de logistique au sein du Comité olympique canadien, à Londres, en 2012, à Sotchi en 2014 et à Rio en 2016
Philippe Gagnon a participé aux Jeux paralympiques de Sydney en tant qu’athlète, en plus de faire partie de l’équipe de logistique au sein du Comité olympique canadien, à Londres, en 2012, à Sotchi en 2014 et à Rio en 2016

La Russie bannie pour quatre ans: un signal fort, selon Philippe Gagnon

Philippe Gagnon qualifie d’historique la décision de l’Agence mondiale antidopage (AMA) de bannir la Russie des Jeux olympiques pour les quatre prochaines années. Il souhaite maintenant que les hauts dirigeants résistent aux possibles pressions venant de la plus grande nation du monde.

« De tenir tête à la Russie, c’est exceptionnel et significatif, a souligné d’entrée de jeu le nageur paralympique à la retraite. La Russie, c’est une puissance mondiale, et si on extrapole à la politique, il n’y a personne qui est capable de lui tenir tête. Que le monde du sport prenne cette initiative-là, je ne peux que la saluer. »

Philippe Gagnon s’attend à ce que les Russes portent en appel la décision de l’AMA, à la recherche de compromis pour éviter de pénaliser un pays qui est banni des Jeux olympiques de 2020 (Tokyo), 2022 (Pékin) et de la Coupe du monde de soccer en 2022 au Qatar.

« Je souhaite seulement que les compromis soient les plus minimes possible, a-t-il ajouté. La Russie a eu le temps de montrer patte blanche dans les dernières années, mais elle ne l’a pas fait. Ça démontre une mauvaise foi du pays et de tous les organismes qui gravitent autour. Certaines personnes déplorent que les Russes aient fait perdre des médailles à plusieurs athlètes, mais on essaie de corriger des erreurs du passé, donc ça ne peut pas être parfait. Pour le futur, je pense que c’est quand même pas pire. »

Soulignant que les sanctions de l’AMA envers la Russie sont le début de quelque chose, Philippe Gagnon estime qu’elles sont suffisamment sévères pour punir les réels fautifs. Certains auraient aimé que tous les athlètes russes soient exclus des Jeux olympiques pour les quatre prochaines années, mais l’Agence mondiale antidopage a laissé la porte ouverte aux athlètes qui vont montrer un dossier sans tache, hors de tout doute. Ils ne pourront toutefois arborer le drapeau de la Russie.

« Je ne suis pas en faveur de jeter le bébé avec l’eau du bain, a soutenu le quadruple médaillé paralympique à Sydney, en 2000. Les athlètes russes qui vont représenter le mouvement vont devoir prouver qu’ils se sont entraînés de façon propre. Ils ont quand même un gros défi devant eux. Il y a des athlètes russes qui ne sont pas dopés et ça serait dommage de les emporter avec cette mesure. Punir tous les athlètes de la Russie, sans exception, serait, à mon sens, de trahir les athlètes au sens large. »

En plus de sa participation aux Jeux paralympiques en 2000, Philippe Gagnon a aussi fait partie de la délégation du Canada à Londres en 2012, à Sotchi en 2014 et à Rio en 2016. Il s’est vu confier différents mandats logistiques.