La ringuette absente

En 2015, le Saguenay-Lac-Saint-Jean avait terminé 16e à la ringuette dans le cadre de la Finale des Jeux du Québec de Drummondville. Malheureusement, aux Jeux d'Alma, la région n'apparaîtra même pas au classement puisqu'elle n'a pas d'équipe. La ringuette et l'escrime sont d'ailleurs les deux seules disciplines pour lesquelles le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a pas d'athlètes.
Secrétaire de Ringuette Québec, France Levert explique que la fédération provinciale fait des efforts pour implanter ce sport dans la région, mais le manque de bénévoles pour développer une organisation solide semble faire en sorte qu'il est difficile de maintenir l'intérêt pour ce sport.
« La fédération a travaillé fort pour essayer de partir une équipe. Il y a deux ans, la région a eu une équipe aux Jeux de Drummondville parce que la directrice au développement du sport, Claudie Simard, était allée au Saguenay-Lac-Saint-Jean et qu'elle avait recruté des hockeyeuses. Elle les avait coachées durant les Jeux pour la ringuette. Mais je ne connais pas la raison pourquoi il n'y en a plus cette année, mentionne la porte-parole de la fédération. C'est malheureux qu'il n'y ait pas d'équipe, surtout que les Jeux se passent dans la région. »
Celle qui l'a remplacée, Marie-Lyne Fortin, serait elle aussi venue dans la région pour tenter de monter une équipe, mais à l'évidence, ça n'a pas fonctionné. « Je pense que les gens sont intéressés, mais il nous manque des bénévoles sur place pour continuer le travail », estime Mme Levert.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les joueuses semblent préférer le hockey féminin et le cosom intérieur. Est-ce que ça pourrait expliquer les difficultés de la ringuette à s'implanter dans la région ? « Peut-être. Mais il y a aussi du hockey féminin dans d'autres régions où se joue la ringuette et l'un n'empêche pas l'autre », fait-elle valoir.
Cette dernière rappelle que la ringuette a vu le jour en 1963 à North Bay, parce que le directeur des sports de l'endroit souhaitait offrir un sport sur glace pour les filles. Depuis ce temps, le sport s'est développé partout au pays et c'est même au Canada que l'on retrouve le plus gros bassin de joueuses.
Au Québec, ce sont les régions de la Rive-Sud et de Lac-Saint-Louis qui sont les deux terreaux fertiles de la ringuette. « Ces deux régions ont beaucoup d'associations locales, en plus d'une association régionale. Elles ont une tradition de ringuette », convient Mme Levert.
Mentionnons enfin que l'Abitibi-Témiscamingue est l'autre région qui n'a pas d'équipe en ringuette. Là aussi, une équipe avait vu le jour par le passé. « Ça a voulu repartir, mais encore là, ce sont les bénévoles qui manquent pour poursuivre le développement. »