Valérie Maltais file le parfait le bonheur en patinage de vitesse longue piste. Et le bonheur, elle le file à pleine vitesse!

La progression fulgurante de Valérie Maltais

Valérie Maltais vient d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire régionale du patinage de vitesse. Membre de l’équipe nationale sur courte piste pendant une décennie, la Baieriveraine est devenue la première patineuse du Saguenay-Lac-Saint-Jean à se qualifier pour les Championnats du monde par distances individuelles sur longue piste, présentés du 7 au 10 février, à Inzell en Allemagne.

L’athlète de 28 ans a confirmé sa place au terme de la deuxième Coupe Canada de la saison, en fin de semaine, à l’Anneau olympique de Calgary. Maltais a enregistré le temps le plus rapide au 1500 mètres et le deuxième au 3000 m. Pas si mal pour une fille qui a décidé de faire le saut de la courteà la longue piste il y a à peine six mois.

« Je pense que ça démontre une persévérance, une passion pour le sport, un désir de s’investir », a affirmé Valérie Maltais au cours d’un entretien téléphonique, se disant surprise de sa progression en six mois. Ses performances à l’automne et son aisance sur l’ovale lui ont toutefois donné confiance, à un point tel qu’à l’aube de la Coupe Canada, elle croyait en ses chances de faire sa place en vue des Mondiaux.

« Depuis que je suis embarquée sur la glace, je me suis adaptée quand même assez rapidement. Plus je patine, plus je maîtrise la technique et mieux je me sens, a révélé Maltais. Quand je me suis qualifiée pour les deux premières Coupes du monde en décembre, j’ai connu un bon mois d’entraînement et on dirait que j’étais moins stressée. J’ai pris une coche de plus aux Coupes du monde en regardant les “pros”, parce qu’après tout, j’allais apprendre avec les meilleurs. Je pense que ç’a fonctionné et l’entraînement a porté fruit. J’étais confiante de pouvoir faire quelque chose de bien, mais à la longue piste, tu sais ce que tu peux faire, mais tu ne sais pas vraiment ce que les autres peuvent faire lors d’une compétition. »

Valérie Maltais a donné du crédit à Patinage de vitesse Canada qui lui a offert tous les outils pour se concentrer sur la longue piste, en plus de s’entraîner avec l’élite dès le départ.

« On m’a placée dans un groupe de l’équipe nationale, donc j’avais accès à des bons entraînements, à des bons entraîneurs et pour moi, c’est 100 pour cent grâce à ça si j’ai pu progresser aussi rapidement, a-t-elle indiqué. Je savais que la mission était grande et j’ai vécu beaucoup d’insécurité. Au début, je ne suivais pas du tout les accélérations, mais je pense que mon expérience a finalement aidé. Je devais me faire confiance et me rappeler ce que j’avais accompli en courte piste. Je me suis quand même entraînée pendant 21 ans, dont 10 saisons sur l’équipe nationale. Tout le cheminement vécu m’a aidée à être plus patiente dans le processus vers la longue piste. »

L’athlète a avoué qu’elle s’est parfois demandée si la décision qu’elle avait prise était la bonne.

« Il y a eu plusieurs moments où je me suis demandée ce que je faisais là, a-t-elle concédé. J’étais loin de ma famille et la barre était haute, mais je n’ai jamais été sur le point d’arrêter l’entraînement. J’ai accepté de faire des petits pas de recul une journée pour tenter de progresser le lendemain. »

Sans regret

Puisque les choses vont bien au longue piste, il est facile de dire que sa décision était tout à fait légitime. Sauf qu’au-delà des résultats, la principale intéressée était mûre pour un nouveau défi et une nouvelle expérience en tant qu’athlète. Elle a été charmée par la beauté de la longue piste une première fois lors des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010. Plus de huit ans plus tard, il était temps de tenter le coup.

« J’ai quitté la courte piste dans un bon état, mais ma fin de saison a été difficile, a avoué Maltais. Je parle de mes derniers Jeux olympiques (à Pyeongchang) et je suis encore émotive. J’avais besoin d’un changement et juste le fait de me retrouver dans mon couloir, à patiner à mon plein potentiel, c’est ce que je voulais faire. Dans les dernières années à la courte piste, j’arrivais en pleine forme lors des compétitions, mais les résultats n’étaient pas toujours là. J’étais rendu à un point où je ne me voyais pas continuer quatre années de plus. Mes parents m’ont toujours inculqué des valeurs d’avoir du plaisir dans ce que je fais, surtout dans le sport. Je ne l’aurais pas fait pour les bonnes raisons si j’avais continué. »

Avant les Championnats du monde, Valérie Maltais et l’équipe canadienne participeront à la cinquième Coupe du monde, à la fin du mois de janvier, à Hamar en Norvège.