Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
L’Association des sauvaginiers a aménagé six caches pour la chasse aux oiseaux migrateurs au Petit Marais de Saint-Gédéon. Pour Michel Bouchard (photo), ce site est le résultat d’une belle collaboration entre le milieu et les chasseurs.
L’Association des sauvaginiers a aménagé six caches pour la chasse aux oiseaux migrateurs au Petit Marais de Saint-Gédéon. Pour Michel Bouchard (photo), ce site est le résultat d’une belle collaboration entre le milieu et les chasseurs.

La petite histoire du Petit Marais de Saint-Gédéon

CHRONIQUE / «Avant qu’on s’implique dans la gestion d’une chasse contingentée, ici, au Petit Marais de Saint-Gédéon, c’était le Vietnam à l’ouverture de la chasse au canard. Il y avait 17 caches dans le marais et c’était un feu roulant de tirs au fusil. C’était dangereux et insupportable pour les propriétaires de chalet à proximité», me raconte Michel Bouchard, directeur de l’Association des sauvaginiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean (ASSLSJ).

Lundi dernier, j’ai participé à une activité de chasse dans le cadre de la campagne de recrutement de l’ASSLSJ, dans une des six caches aménagées sur cette mare d’une superficie de 120 hectares.

Les chasseurs d’oiseaux migrateurs du Petit Marais de Saint-Gédéon se rendent à leur cache en canot.
Stéphane Gauthier a intié sa conjointe Jeannick Potvin et son fils Raphaël a la chasse au marais, lundi dernier.

«En 1996, des fenêtres de chalet auraient été cassées par des billes de fusil et pour les propriétaires, c’en était trop. Ils ont organisé une réunion pour faire interdire la chasse au Petit Marais», relate Michel Bouchard, pendant notre partie de chasse.

«Le fond de terrain du marais avait été acheté par la Fondation de la faune du Québec (FFQ), un organisme financé par de l’argent provenant majoritairement des permis de chasse et de pêche des Québécois. Quand la FFQ investit dans les milieux humides, elle s’assure, par acte notarié, que la chasse et la pêche ne pourront jamais y être interdites», fait savoir le sauvaginier, tout en scrutant le ciel, alors que des milliers d’oies blanches passent au-dessus de nos têtes, hors de portée de fusil.

Une chasse contingentée
Les propriétaires de chalet ne pouvaient pas interdire la chasse, une activité de juridiction provinciale. «Il fallait donc trouver une solution et on a formé un comité avec des résidants du marais, des chasseurs, des ornithologues et la municipalité. L’Association a donc proposé une chasse contingentée de 13 jours, à raison de deux après-midi de chasse par semaine, et l’aménagement de seulement six caches au lieu de 17», raconte Michel Bouchard.

Les responsables de l’Association des sauvaginiers informent les chasseurs des règles à suivre avant de procéder au tirage au sort des caches au Petit Marais de Saint-Gédéon.

Des chasseurs ont été déçus, mais la communauté et les oiseaux migrateurs en sortent gagnants. «Nous avons distancé chacune des caches pour qu’elles ne soient pas à portée de fusil, en plus d’aménager un stoppeur en porte-à-faux pour éviter que les chasseurs tirent derrière eux, de façon à protéger les habitations et pour éviter que les canards abattus se retrouvent dans les joncs, où il est difficile de les retrouver», explique-t-il.

C’est la Corporation du Petit Marais de Saint-Gédéon qui délègue la gestion des activités de chasse à l’ASSLSJ. «Pour la journée d’ouverture, nous organisons un tirage au sort, car la demande est très forte, mais les autres jours sont accessibles à tous sur réservation. Les tarifs sont de 35 $ pour une chasse ou 60 $ pour une carte de saison», explique Michel Bouchard.

L’organisme a investi 20 000$ pour l’aménagement de ce site depuis 20 ans. Il met à la disposition des chasseurs des caches flottantes, en aluminium, en plus de fournir six canots, des vestes de flottaison et les appelants, pour ceux qui n’en ont pas. Les chasseurs doivent posséder leur permis de chasse provincial au petit gibier, en plus du permis fédéral aux oiseaux migrateurs.

Décor exceptionnel
La chasse au Petit Marais de Saint-Gédéon est une expérience hors de l’ordinaire, dans un décor féérique, alors que les joncs, comme or qui brille, se révèlent au soleil couchant. La municipalité met à la disposition de l’ASSLSJ un terrain sur le bord du marais, où sont remisés canots et équipements. Un responsable accueille les chasseurs et procède au tirage au sort des caches, car certaines risquent d’être plus giboyeuses que d’autres, en fonction de la direction du vent.

Par équipe de deux, les chasseurs se dirigent vers leur cache à bord des canots. Ils déposent les appelants à l’eau, avant de s’installer dans la cache, dissimulée derrière des quenouilles.

C’est en fin de journée, avant le coucher du soleil, que se font entendre les coups de feu par les chasseurs favorisés par le sort et les tirs habiles des oiseaux en vol.

Pour notre part, nous avons récolté un canard et une sarcelle, durant cet après-midi de chasse, qui n’a pas été très fructueux pour la douzaine de chasseurs présents. Il reste encore cinq jours de chasse d’ici le 31 octobre.