La LNH a décidé d'utiliser une foule virtuelle fournie par l'entreprise de jeu vidéo EA Sports lors de son tournoi de relance disputé devant des gradins vides.
La LNH a décidé d'utiliser une foule virtuelle fournie par l'entreprise de jeu vidéo EA Sports lors de son tournoi de relance disputé devant des gradins vides.

La foule virtuelle lors des matchs de la LNH laisse les joueurs indifférents

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne
TORONTO — Le match est vieux d'environ 30 secondes, Brendan Gallagher décoche un tir à bout portant et Matt Murray fait l'arrêt. La foule virtuelle demeure de glace. Evgeni Malkin décoche deux tirs, coup sur coup, à partir de l'enclave, un léger crescendo est remarqué dans la trame de fond dans l'aréna.

La LNH a décidé d'utiliser une foule virtuelle fournie par l'entreprise de jeu vidéo EA Sports lors de son tournoi de relance disputé devant des gradins vides. Elle aurait peut-être dû s'assurer que la foule virtuelle simulerait l'ambiance d'un match de séries, et non ce qui semble être celle d'un match préparatoire.

À la télévision, le bruit de fond est discret. Pour les quelques membres de médias qui se sont déplacés au Scotiabank Arena pour le premier match entre le Canadien de Montréal et les Penguins de Pittsburgh, cette trame sonore donne surtout l'impression de servir à étouffer ce qui se dit sur la patinoire.

Si l'on pouvait espérer profiter de l'expérience unique de la présentation de matchs sans spectateurs pour découvrir un peu plus qui sont les joueurs les plus actifs avec leurs cordes vocales sur la patinoire dans la LNH, le circuit a réussi à s'assurer de ne pas trop lever le voile ou exposer les joueurs au vocabulaire coloré.

Pendant l'action, on a pu entendre quelques fois les réactions au banc après une bonne mise en échec. D'ailleurs, le lutteur Ric Flair aurait été fier du «Woooo!» entendu au banc du Canadien après que Paul Byron eut fait virevolter Brandon Tanev dans les airs au centre de la patinoire en première période.

Les oreilles les plus sensibles auraient moins apprécié les réactions quand Phillip Danault a été puni pour la troisième fois du match lors de la prolongation.

Et pour les joueurs, ce bruit de fond semble passer inaperçu.

«Quand vous êtes dans le feu de l'action, vous ne le remarquez pas», a mentionné le défenseur des Penguins Justin Schultz.

«Nous avions eu l'occasion d'apprivoiser cet environnement lors du match préparatoire, a rappelé l'attaquant du Canadien Nick Suzuki. Quand je suis sur la patinoire, je ne pense pas au bruit de la foule.»

Même si Jonathan Drouin avait affirmé plus tôt cette semaine qu'il y avait plus d'ambiance lors de ses «matchs dans l'Atome BB à Mont-Tremblant», la qualité du jeu n'a pas été affectée. Les Penguins ont commencé le premier match de la série en force, comme ils l'auraient probablement fait si le match avait eu lieu au PPG Paints Arena de Pittsburgh, et non sur la patinoire neutre du Scotiabank Arena de Toronto.

Outre le décor créé par la LNH pour cacher les sièges vides, ce que l'on retiendra peut-être dans le folklore des séries 2020 sera d'autres petits éléments qui peuvent passer inaperçus.

À plus d'une reprise, les gardiens Carey Price et Matt Murray menant le troupeau au retour du vestiaire ont dû eux-mêmes ouvrir les portes donnant sur la patinoire, alors qu'un préposé l'aurait fait à leur place dans un contexte normal.

Il y a aussi ces rondelles abandonnées sur les toiles de la LNH, par-dessus les sièges, quand un lancer errant passe par-dessus la baie vitrée.

Pour l'ambiance, on repassera. Et il est encore impossible de simuler plus de 20 000 partisans en liesse après un but gagnant en prolongation.