Créée en 1900, la Coupe Davis changera complètement de visage en 2019.

La formule de la Coupe Davis modifiée

ORLANDO — En 118 ans, la Coupe David a subi beaucoup de retouches, mais selon ses amoureux, la vieille Dame du tennis a vécu jeudi le pire des outrages. Après l’approbation par les instances mondiales du tennis du projet entérinant sa réforme, il ne devrait plus rester que le nom. Et encore!

Il n’y a eu que peu de suspense à Orlando, en Floride. Ardemment soutenue par David Haggerty, président d’une Fédération internationale (ITF) assurée de tenir là une manne financière, la nouvelle formule a été adoptée à 71,43 % des voix par l’assemblée générale de l’ITF, soit largement plus que la majorité des deux tiers requise.

Terminée l’habituelle compétition étalée sur quatre fins de semaines de trois jours. À compter de 2019, l’issue du plus grand événement par équipe du tennis masculin sera déterminée au terme d’un tournoi de fin de saison réunissant 18 nations réparties dans six groupes. Pour la première année, le tournoi final se tiendra à Madrid, en Espagne, ou à Lille, en France, du 18 au 24 novembre.

Depuis 1900, la compétition, à l’origine circonscrite à un affrontement anglo-américain élargi à la France en 1904, avait vaillamment résisté, s’adaptant lentement aux époques. La Coupe Davis se relèvera-t-elle de l’ouragan d’Orlando? 

Certains, à l’image de la Fédération australienne, en doutent fortement. Elle s’est déclaré «extrêmement déçue de ces changements radicaux» apportés à la compétition «et qui enlèvent beaucoup de ce qui rendait la Coupe Davis unique et si spéciale».

Pour l’équipe tchèque, qui avait soulevé le Saladier en 2012 et 2013, «aujourd’hui est un jour noir pour la Coupe Davis. Elle a perdu une partie de son histoire et ne sera plus jamais la même».

«Décision ridicule»

«Même Cincinnati pleure cette décision ridicule», a réagi sur Twitter, depuis le tournoi américain, le Français Nicolas Mahut, l’un des plus ardents défenseurs de la tradition avec Yannick Noah, capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis.

La nouvelle Coupe Davis se tiendra en deux temps. D’abord, 24 pays prendront part à un tournoi de qualification au mois de février, et les 12 nations gagnantes obtiendront leur billet pour la grande finale. Les quatre demi-finalistes de l’année précédente seront automatiquement admis au tournoi final, tout comme deux pays qui auront mérité des laissez-passer. 

Les 18 nations finalistes disputeront un tournoi en rotation impliquant deux matchs de simple et un en double, tous au meilleur de trois sets. La formule actuelle, en place depuis de nombreuses années, exige plutôt la présentation de quatre affrontements en simple et un en double au meilleur de cinq manches.

3 milliards $ sur 25 ans

L’ITF croit que cet événement deviendra plus attrayant pour les joueurs élite, qui ont souvent choisi de faire l’impasse sur la Coupe Davis au fil des dernières années à cause d’un horaire qu’ils jugent déjà trop lourd.

De plus, la nouvelle compétition sera richement dotée. Bien plus que l’épreuve imaginée à l’orée du siècle par  Dwight Davis ne l’était ces derniers temps. Un partenariat avec le groupe Kosmos, présidé par le footballeur Gerard Piqué, garantit ainsi 3 milliards $ sur 25 ans à l’ITF, 20 millions $ chaque année aux joueurs et plus encore (22 millions $) aux fédérations.