La fédération québécoise de kite prend son envol

Une nouvelle fédération québécoise du kite voit le jour pour faire la promotion des sports aérotractés tout en favorisant l’accessibilité et la sécurité du sport.

« En voyant l’essor des sports aérotractés, comme le kitesurf, le kiteski et le parapente, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a approché l’organisme Zone Turbulence dans le but de créer une nouvelle fédération québécoise du kite », explique Benoit Tremblay, fondateur de Zone Turbulence avec Ginette Pearson, en 2010. « Le gouvernement investit beaucoup dans le sport et dans le plein air, dit-il, et on nous a demandé de récolter 1000 signatures de personnes en accord avec le projet de fédération. »

Le plan de match : offrir une fédération qui permettrait, entre autres, de financer des événements, de faciliter la pratique en négociant des accès à des sites privés, de trouver des assurances et de fournir des informations pertinentes aux adeptes. Le tout financé par le gouvernement avec une somme de plus de 100 000 $ par an.

Malgré l’offre alléchante, plusieurs adeptes ne voulaient pas qu’une fédération vienne imposer des règlements dans leur terrain de jeu, soutien Benoit Tremblay.

« On commence à être pas mal de monde à plusieurs endroits et ça génère toutes sortes de chicanes. La fédération peut unifier tout le monde et proposer des solutions. Au fil des ans, ceux qui sont réfractaires vont se rendre compte des bénéfices que ça peut amener », note le propriétaire de ConceptAir, une entreprise qui fabrique des voiles de kite.

Structure forte

Avec une structure qui était assez forte pour entrer dans le programme de reconnaissance des organismes nationaux de loisir, Zone Turbulence s’est ainsi transformée en Fédération québécoise de kite (FQK) en janvier 2018, explique Laurence Lacerte, coordonnatrice de la FQK.

« La création de la nouvelle fédération relative au kite est basée sur la reconnaissance d’activités aérotractées comme un champ disciplinaire unique, non desservi par une autre fédération sportive ou organisme national de loisir », explique Bryan Saint-Louis, responsable des relations de presse au MEES.

La nouvelle fédération, qui a tenu sa première assemblée générale en septembre dernier, travaille donc à bâtir sa structure organisationnelle et sa planification stratégique. La FQK a notamment mis sur pieds des comités : compétitions et événements, sécurité et formation, services aux membres, sites de pratique.

« La fédération sera bénéfique pour structurer le sport, promouvoir la pratique, le rendre plus sécuritaire, améliorer la qualité des services et des sites de pratique », estime Hugo Garon-Bouchard, trésorier de la FQK et propriétaire de l’école Progression Kite à Métabetchouan. Par exemple, les sites de pratique pourront être répertoriés et catégorisés avec des informations fiables pour réduire les risques.

Pour l’instant, le membership est gratuit, car il n’y a pas de service offert, mais des frais seront éventuellement collectés, comme le font d’autres fédérations comme la Fédération québécoise de montagne et d’escalade ou Eau vive Québec, qui demandent une contribution annuelle de 22 à 40 $. Ces sommes permettent d’obtenir une assurance lors de la pratique du sport, tout en contribuant au budget de la Fédération pour améliorer les infrastructures. Par exemple, des douches et des salles de changement pourraient être installées sur certains sites, remarque Benoit Tremblay. De plus, des assurances pourront éventuellement être offertes à un prix raisonnable aux membres, ainsi qu’aux clubs.

120 000 $

Pour les trois premières années, la FQK a obtenu un financement annuel de 120 000 $ par an et elle compte augmenter ses revenus avec divers moyens d’autofinancement, soutient Laurence Lacerte. Avec ces sommes, la FQK compte également soutenir des événements et peut-être même des athlètes québécois qui se distinguent, notamment sur la scène internationale, car le kitesurf fera son entrée aux Jeux olympiques de Paris en 2024, dans le cadre d’une compétition de relais par équipe.