Jacob Larouche-Tremblay a découvert le vélo de montagne enduro en Colombie-Britannique.

La descente enduro, un sport méconnu ici

Jacob Larouche-Tremblay, un Falardien d'origine de 24 ans, a découvert en Colombie-Britannique un sport méconnu au Québec : le vélo de montagne enduro.
Jacob Larouche-Tremblay peut difficilement se passer de l'adrénaline que procure la descente en vélo de montagne, malgré ses nombreuses blessures.
« C'est entre le vélo de montagne cross-country et la descente. Lors d'une compétition, on a cinq étapes de descente où les temps sont enregistrés. Entre chaque, tu as un temps alloué pour te rendre à l'autre étape. Au total, ça peut représenter 90 km de vélo en deux jours », explique l'ancien du club cycliste Acidose lactique alors qu'il avait 12-13 ans. Il avait même participé à la finale des Jeux du Québec à Thetford Mines en 2003.
Aujourd'hui établi à Pemberton, à 30 minutes de Whistler, il travaille comme charpentier-menuisier. Il y rénove des maisons qui peuvent atteindre les quelques millions de dollars de valeur. Il y est installé depuis trois ans à temps plein, mais il avait auparavant séjourné dans ce paradis du ski pendant trois hivers. « Je reste ici pour le sport », admet-il.
D'abord attiré par le ski, il a recommencé à faire du vélo de montagne après avoir délaissé le sport depuis son adolescence. « À Whistler, j'ai recommencé à faire du vélo pour le plaisir. Quand j'ai connu l'enduro, j'ai réalisé que c'est ça que j'avais toujours voulu faire. J'ai fait quelques courses en 2015. L'été dernier, je me suis consacré à la série d'enduro en Colombie-Britannique. En catégorie pro j'ai terminé la saison au 19e rang. Lors d'une course en dehors de la série, j'ai terminé au 8e rang sur 80 lors de la course Crankworx Whistler qui comprend des athlètes internationaux. Cette année, mon but est de gagner », avance-t-il.
Toutefois, le cycliste s'est donné un plus gros objectif pour l'été 2017. Il s'est inscrit à une étape du circuit mondial Enduro World Series qui aura lieu à Aspen, au Colorado, les 29 et 30 juillet. En 2016 cette course avait présenté pas moins de 4500 mètres de dénivelé négatif, le tout réparti en cinq étapes. Au total, le temps de descente oscillait autour de 65 minutes. Rappelons que le temps de déplacement n'est pas comptabilisé, mais que les cyclistes doivent remonter par la suite... Il peut arriver par contre que pour certaines épreuves les cyclistes puissent utiliser les remontées mécaniques. Une étape de circuit est également présentée à Whistler, mais pour l'instant le Québécois se trouve sur la liste d'attente.
Pour participer entre autres à l'étape d'Aspen, Jacob Larouche-Tremblay doit cependant amasser des fonds pour financer sa saison. « Pour financer mon année, je vais me faire un GoFundMe », annonce celui qui utilise un vélo Devinci, question de montrer ses racines régionales.
Le sport de l'enduro en vélo de montagne est peu connu ici. « Ils commencent à introduire des courses d'enduro au Québec, mais il n'y a pas les montagnes pour ça », analyse l'amateur de sensations fortes.
Des fractures à la colonne ne l'arrêtent pas
Rien ou presque n'arrête Jacob Larouche-Tremblay. Même pas une sévère fracture de la colonne vertébrale subie en ski... ou encore les trois qui ont suivi depuis!
«Ça fait mal à mon entourage, mais je vis pour les sensations fortes.»
Jacob Larouche-Tremblay
«Je me suis fracturé la colonne vertébrale en ski en 2013 à Whistler. Je skiais sur une pente abrupte, j'ai vu une roche sur ma droite de 10 pouces de haut. À ma déception, c'était une ''lip''. J'ai atterri à pieds joints dans le bas d'un mur. Je suis tombé 70 pieds plus loin et 40 pieds plus bas. Je suis passé de 70 km/h à zéro. On m'a sorti en hélicoptère. On m'a raptrié au Québec grâce à mes assurances de construction», se rappelle-t-il.
Après une réhabilitation d'un an et demi, cette expérience ne l'a pas ralenti du tout. Il a subi pas moins de trois autres blessures à la colonne vertébrale. «La dernière fois, c'est le 7 novembre 2016. Je suis tombé en bas de mon vélo», poursuit-il, conscient que plusieurs l'incitent à mettre la pédale douce. Il poursuit tout de même son entraînement en vue de la saison estivale. «Ça fait mal à mon entourage, mais je vis pour les sensations fortes.»