Phil Desgagné
Le Quotidien
Phil Desgagné
Malgré un alignement modifié en raison de l’absence de Lapierre, Mercer et des deux Européens, les Saguenéens de Chicoutimi pourront non seulement renouer avec l’action dès mercredi, dans la bulle sanitaire à Québec, mais ils pourront aussi évaluer leur progression.
Malgré un alignement modifié en raison de l’absence de Lapierre, Mercer et des deux Européens, les Saguenéens de Chicoutimi pourront non seulement renouer avec l’action dès mercredi, dans la bulle sanitaire à Québec, mais ils pourront aussi évaluer leur progression.

La bulle à Québec, un bon test pour la progression des Saguenéens

CHRONIQUE / Je suis convaincu que tout le monde, dans l’organisation des Saguenéens de Chicoutimi, a vécu une semaine assez stressante en attendant les résultats des tests de la Santé publique après qu’un cas positif à la COVID-19 ait été détecté chez un membre du personnel de l’équipe. Comme aucun cas ne s’est ajouté, les joueurs et les entraîneurs pensent maintenant à leur préparation en vue des moments assez particuliers qu’ils vont vivre, au cours des deux prochaines semaines, dans la bulle sanitaire à Québec.

Pour Lapierre et Mercer, c’est autre chose. Ces deux derniers sont certainement soulagés, car ils peuvent maintenant consacrer toute leur énergie à bien se préparer pour le camp d’entraînement de l’équipe canadienne des moins de 20 ans qui débute également cette semaine.

Toutefois, l’équipe qui va représenter les Saguenéens pour les deux prochaines semaines ne sera pas celle des vrais Saguenéens. Il n’y a aucun des deux joueurs européens et en plus, il va nous manquer nos deux meilleurs attaquants. Donc, les Houde, Shank, Farmer, Boudrias et Crevier devront prendre la relève. Ce sera aussi une belle occasion pour les jeunes de vouloir prendre leur place. Mais je suis convaincu que pour Yanick Jean, ce qui est important, ce sont oui, les victoires, mais il sera surtout en mesure de voir la progression de ses jeunes depuis le début septembre.

J’ai également hâte de voir comment va se passer ce séjour dans la bulle. Je suis impressionné de voir que les propriétaires ont mis la main dans leurs poches pour préparer ce fameux projet d’environnement protégé. Ce sont certainement des coûts supplémentaires pour l’équipe. Là où c’est le plus difficile, ce sont pour les équipes qui ne sont pas dans la zone rouge comme Rimouski, Baie-Comeau, Val-d’Or et Rouyn-Noranda. Ces équipes jouent entre elles depuis près de trois semaines. On parle d’un mini-tournoi qui pourrait avoir lieu la semaine prochaine. Mais la seule équipe au Québec qui reste toujours en pause et qui est en zone rouge, c’est le Phoenix de Sherbrooke. Ils sont arrivés à la dernière minute dans la zone rouge et ne pouvaient donc pas se joindre aux autres équipes de la bulle. Pour eux, il n’y a rien de prévu jusqu’au mois de décembre et peut-être même plus.

Dans les Maritimes, le calendrier régulier se déroule quand même assez bien et sans trop de difficultés. Mais j’ai bien l’impression que les dirigeants de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) vivent la situation au jour le jour. Qu’arrivera-t-il après l’expérience de la bulle? Personne ne le sait vraiment. Et comme nous tous, les équipes espèrent que la situation va s’améliorer dans les prochains mois. Mais entre-temps, on doit se croiser les doigts.

Autres circuits

On entend peu parler de ce qui se passe dans la Ligue de hockey midget AAA et dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH). Comme toute le monde, elles sont sur pause. Mais j’ai bien l’impression que pour la LNAH, même si elle veut attendre la période des Fêtes, ce sera extrêmement difficile de débuter un calendrier régulier. J’ai plus l’impression qu’on va penser en fonction de l’an prochain.

Du côté de la Ligue midget AAA, tant que nous sommes dans la zone rouge, aucune rencontre n’est prévue au calendrier des équipes.

L’époque des Marquis

La semaine dernière, je vous ai parlé de certaines anecdotes qui ont marqué ma carrière des 50 dernières années sur la place publique. J’ai reçu plusieurs commentaires, donc, cette semaine, je continue un peu avec ma saison avec les Marquis de Jonquière.

Ç’a été pour moi toute une aventure ! Je n’avais jamais joué dans un amphithéâtre, jamais joué devant des foules de 2000 à 3000 spectateurs et je n’avais jamais vécu un contexte de grandes rivalités comme Arvida, Jonquière et Port-Alfred. De plus, en raison de la proximité des villes, les spectateurs se déplaçaient facilement d’un endroit à l’autre. C’était vraiment de très grandes rivalités et quelque chose d’exceptionnel à vivre.

À ma première saison, j’ai été choisi recrue de l’année avec 39 buts en 39 parties. J’étais vraiment surpris des résultats que j’avais obtenus à ma toute première saison. J’évoluais en compagnie de Richard Côté, 5 pieds 5 pouces, et de Carol Villeneuve, 5 pieds 6 pouces. Moi, je mesurais 5 pieds 6 pouces. Et aucun de nous ne pesait 140 livres et plus ! Comme vous pouvez le deviner, nous n’étions pas des géants. Mais en défensive, exceptionnellement, les Marquis comptaient six défenseurs de 6 pieds 2 pouces ou plus. Donc, nous étions super bien protégés pour évoluer dans la ligue junior régionale.

Ma deuxième saison a été la saison de rêve. Par contre, l’année avait très mal débuté. Les autres équipes du circuit ne voulaient pas que le gars de Chicoutimi joue ailleurs dans le circuit. Voyant cela, les Marquis se sont même retirés pendant 48 heures pour que je puisse évoluer avec eux toute la saison. Finalement, les autres formations ont accepté que je puisse jouer avec les Marquis.

J’ai connu tout un début de saison avec 20 buts après 15 parties. Tout se déroulait bien jusqu’à ce que je subisse une blessure à une épaule. Selon le médecin de l’équipe, il n’y avait pas d’autres solutions que l’opération. Mais Charley Kearney, que tout le monde connaît et qui était préposé à l’équipement, ne voulait rien savoir de l’opération. Il voulait trouver une autre solution. Il est allé rencontrer Jean-Marie Beaulieu, spécialiste en orthèse à l’hôpital de Chicoutimi, pour trouver un moyen afin que je puisse continuer la saison. À ce moment-là, il y avait un défenseur dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Elmer Vasco, qui jouait pour Chicago. Il avait subi le même genre de blessure et on lui avait fabriqué un genre de prothèse tout à fait particulière pour qu’il puisse continuer à jouer. Jean-Marie Beaulieu a réussi ce tour de force et il m’a fabriqué cette fameuse prothèse.

Je vous l’ai déjà dit, c’était assez spécial. La prothèse était munie d’une chaîne qui m’empêchait de lever mon bras plus haut que l’épaule pour bien sûr garder celle-ci à sa place. Avec cette prothèse, j’ai donc réussi à terminer ma saison qui fut exceptionnelle. Et une fois la saison terminée, je suis passé sous le bistouri !

La semaine prochaine, je vous parle de cette deuxième saison de rêve avec les Marquis.