Les bars rayés de la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick mangent des saumoneaux, selon une récente étude publiée cette semaine. Des émetteurs acoustiques ont permis de constater que les bébés saumons font la même migration que les bars rayés parce que ces derniers les ont mangés. C’est le temps qu’on fouille les estomacs des bars rayé au moment où ils fréquentent les rivières, pour en avoir le coeur net.

La bar rayé mange des saumoneaux

Une étude publiée le 17 janvier dernier dans le Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques fait la démonstration que les bars rayés de la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick mangent des saumoneaux qui se trouvent dans la rivière lors de la dévalaison. Plus les deux espèces passent du temps ensemble plus les impacts sont notables.

Cette constatation va sûrement alimenter les discussions des gestionnaires de rivières à saumon de la région qui ont exprimé leur inquiétude cet été quand les bars rayés du Saguenay ont commencé à remonter les rivières, un phénomène qu’on n’avait jamais vu. « Le bar rayé juvénile de la rivière Miramichi, au Nouveau-Brunswick, consomme beaucoup plus de saumon atlantique que prévu. Selon cette étude, environ 18 % des saumons de l’Atlantique juvéniles de la branche nord-ouest de la rivière Miramichi sont consommés depuis quelques années lorsqu’ils tentent de migrer dans l’estuaire », a fait valoir la Fédération du saumon atlantique (FSA) dans un communiqué émis le 19 janvier.

Jusqu’à présent les scientifiques martelaient le fait que les saumoneaux ou la truite de mer constituaient un faible pourcentage du régime alimentaire du bar rayé et que ce dernier se nourrissait principalement de krill, d’éperlans et de crustacés.

« Le public est de plus en plus préoccupé par les conséquences de l’abondance d’une population de bars qui pourrait entraîner une baisse de l’abondance du saumon atlantique sauvage dans la rivière Miramichi. Au cours des quatre années de cette étude, le pourcentage de smolts de saumon atlantique qui ont été présumés avoir été consommés par le bar rayé variaient entre 2 % et 20 %», mentionne l’étude.

« De minuscules transmetteurs acoustiques ont été insérés dans la cavité abdominale des saumoneaux de 514 saumons entre 2013 et 2016. Cent dix bars rayés ont été marqués à l’automne 2013. Des récepteurs pour détecter les émetteurs implantés chirurgicalement ont été placés dans les rivières Miramichi Sud-Ouest et Nord-Ouest, dans la baie Miramichi et dans le détroit de Belle-Isle, à environ 780 kilomètres de là », résume la FSA.

« Les chercheurs ont constaté que certains des tacons étiquetés présentaient des comportements très similaires à ceux du bar rayé. En utilisant des modèles statistiques, ils ont déterminé la probabilité que ces saumoneaux ainsi que leurs étiquettes acoustiques, aient été consommés par le bar rayé.

Alors que le saumon atlantique dans l’ensemble du golfe du Saint-Laurent a connu une baisse de l’abondance de plusieurs décennies, le bar rayé a explosé de moins de 5000 adultes reproducteurs dans les années 1990 à environ 318 000 en 2016. La population de bars rayés du golfe du Saint-Laurent ne compte qu’un seul site de fraie connu, dans la rivière Miramichi Nord-Ouest. La migration du stock de bars rayés chevauche l’émigration des saumoneaux. Par conséquent, la région de Miramichi-Nord-Ouest a connu des taux de prédation moyens de 15,3 % pendant l’étude, comparativement à 8,6 % dans le secteur sud-ouest, où les saumons juvéniles sont moins exposés à la concentration du bar rayé. Les comparaisons indiquent également un effet sur l’ensemble de la population juvénile », met en relief la FSA.

« Depuis que le nombre de bars rayés a commencé à grimper, la survie des smolts de saumon de Miramichi a diminué de façon constante, ce qui n’est pas le cas des autres rivières du golfe du Saint-Laurent comme la Restigouche et Cascapédia », s’inquiète l’organisme qui se porte à la défense des saumons.

Ces données vont peut-être motiver les intervenants gouvernementaux à répondre aux demandes des gestionnaires de rivières à saumon en leur permettant de conserver les captures de bars rayés réalisées dans les rivières à saumon pour étudier convenablement le contenu des estomacs pour savoir exactement quelle est la relation proies-prédateurs entre le bar et les saumoneaux. Il est temps d’accélérer les démarches scientifiques dans ce domaine avant que des impacts irréversibles se produisent avec les populations de saumons et de truite de mer. C’est le temps qu’on fouille leurs estomacs au moment où ils fréquentent les rivières ; il y a des limites à faire des déductions.

20 millions $ contre la carpe asiatique

Le gouvernement fédéral investira 20 millions de dollars sur cinq ans dans le Programme canadien de lutte contre la carpe asiatique. Ce financement permettra au ministère des Pêches et Océans Canada d’élargir le Programme de lutte contre la carpe asiatique pour accroître la protection des Grands Lacs et pour préserver les activités de pêches. Les carpes asiatiques sont parmi les principales espèces aquatiques envahissantes dont on surveille l’établissement possible dans les Grands Lacs. 

40 000 $ POUR les HABITATS AQUATIQUES

La Fondation de la faune du Québec injecte plus de 40 000 $ dans sept projets du programme d’aide financière pour l’amélioration de la qualité des habitats aquatiques pour financer la réalisation de travaux qui visent à conserver, améliorer ou restaurer l’habitat du poisson. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Pourvoirie Nordic recevra 10 000 $ pour améliorer les habitats prioritaires de l’omble de fontaine vivant en allopatrie (sans autres espèces) dans huit plans d’eau afin d’assurer la qualité de ces plans d’eau.