Les fans présents à Brossard vendredi ont pu voir à l'œuvre les deux derniers choix de première ronde du Canadien, Jesperi Kotkaniemi (2018) et Ryan Poehling (2017), deux joueurs de centre.

Kotkaniemi bientôt prêt pour la LNH, croit Éric Perrin

BROSSARD — Éric Perrin a vu neiger. L’ancien complice de Martin St-Louis a joué 245 matchs dans la LNH. Il s’apprête maintenant à disputer sa 12e saison en ligue finlandaise.

En SM-liiga, ces dernières années, il a vu passer les Patrik Laine, Aleksander Barkov et Miro Heiskanen, tous devenus des choix top 3 au repêchage de la LNH. La saison dernière, le vétéran de 42 ans a aussi vu Jesperi Kotkaniemi, qu’il a affronté «au moins six fois». Et dans sa tête, c’est clair : le premier choix du Canadien ne restera pas longtemps dans son pays natal.

«Maximum une autre saison. Vu la façon dont il s’entraîne, vu la façon dont ils préparent les jeunes là-bas, à force de jouer contre des hommes, il sera prêt.»

Le camp de développement du Canadien semble avoir réveillé quelque chose chez les partisans de l’équipe. Le Complexe sportif Bell, de moins en moins couru pour les entraînements en fin de saison dernière, était bien rempli vendredi. Quand le passé (récent) de l’équipe est décevant, quand le présent semble sombre, reste à se rabattre sur l’avenir.

L’avenir au centre est probablement ce qui fait le plus jaser. Voilà qu’il y a soudainement une relève digne de ce nom qui se profile. Aux avant-postes : Kotkaniemi et Ryan Poehling, les deux derniers choix de premier tour du Tricolore.

Échos de la Finlande

Encore vendredi, Kotkaniemi n’a pas voulu s’avancer sur la date de son arrivée en Amérique du Nord. Ce que l’on sait, c’est que son contrat à Pori est encore valide pour deux saisons, mais qu’il a la possibilité de jouer ici s’il signe un contrat de la LNH avant le 15 juillet (cette année ou l’an prochain).

Pour Perrin, il est toutefois clair qu’il n’en a plus pour très longtemps à peaufiner son art en Finlande. «Je suis pas mal proche de Jyrki Aho [entraîneur-chef de Pori au début de la dernière saison]. Ce n’est pas un coach qui accorde facilement sa confiance aux jeunes, car il s’attend à ce que ses joueurs soient responsables. Tout de suite, il m’a dit qu’il avait une maturité exceptionnelle, qu’il pouvait lui faire confiance dans toutes les situations.

«Quand j’ai vu jouer Kotkaniemi, j’ai compris. Il ne se laissait pas intimider, il avait confiance, il faisait des jeux. Je l’ai trouvé très impressionnant. Je ne peux pas dire que c’est un Barkov, un Laine ou un Aho, mais il a de l’avenir. Il a la confiance, et ses habiletés sont au top. Il a un bon tir et il est assez physique.»

Antoine Laganière est le seul autre Québécois à avoir joué en première division finlandaise la totalité de la dernière saison. Il est toutefois un peu biaisé parce qu’il était coéquipier de Kotkaniemi!

Le Québécois, ancien de l’organisation des Ducks, a parfois été son centre, puisque Kotkaniemi a surtout joué à l’aile. Les deux ont souvent fait partie de la même unité d’avantage numérique, au sein de laquelle Kotkaniemi était surtout employé le long de la bande (half-wall), d’où il pouvait contrôler le jeu. 

«Il aime contrôler la rondelle, estime l’ancien de l’Université Yale. Parfois, je l’encourageais à lancer ou à faire la passe au lieu de la garder. Mais parfois, il la gardait, courait un risque et ça marchait. On riait beaucoup avec ça! Il a le talent pour courir des risques en possession de la rondelle.»

Laganière est catégorique. «En termes de talent, d’habiletés, il est déjà prêt pour la LNH. Il a toutes les habiletés nécessaires», soutient-il. «Mais il lui manque l’expérience, il lui manque un peu de responsabilité [défensive], il doit encore apprendre comment s’y prendre contre de meilleurs joueurs. Ce sont des choses que tu ne peux pas savoir tant que tu ne l’as pas envoyé dans la mêlée.

«Mais il va impressionner dans les camps. Personnellement, je trouve que plus il aura de temps pour se développer avant d’arriver dans la LNH, mieux ce sera. À mon avis, le calibre de jeu en Finlande est supérieur à celui de la Ligue américaine, donc il est à un bon endroit pour son développement.»

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LE CAS POEHLING

À 6’2” et 182 livres, Jesperi Kotkaniemi n’aura pas à prendre beaucoup de poids avant de pouvoir affronter les rigueurs de la LNH. Ryan Poehling, lui, a déjà une carrure d’homme, à 6’2” et 200 livres. «J’ai surtout joué à 205 livres cette saison, mais j’ai été malade dernièrement», précise le premier choix (25e au total) du Canadien en 2017. Physiquement, Poehling serait donc déjà prêt pour la LNH. Mais il n’a encore que 19 ans et considère qu’il a encore des croûtes à manger.

C’est pourquoi il retournera à l’Université St. Cloud State en 2018-2019, où il disputera la troisième de ses quatre saisons d’admissibilité. À l’entendre parler, il y a toutefois lieu de croire que ce sera sa dernière année sur les bancs d’école. «Quand vient le temps d’aller en LNH, tu dois y aller. Quand ta carrière de hockeyeur est finie, tu peux toujours retourner à l’école», rappelle l’Américain. «Donc mon choix de rester au collège était une décision de hockey.»