Keven Fortin-Simard quittera pour le Vieux-Continent à la mi-septembre avec sa conjointe Marie Grimard et sa fille Emma, où il disputera la première de trois étapes de qualification au Portugal du 9 au 12 octobre, plus précisément au Guardian Bom Sucesso.

Keven Fortin-Simard met le cap sur l’Europe

Un des nombreux arrêts au garage de Keven Fortin-Simard pour des problèmes avec son véhicule récréatif lors de son périple américain a complètement changé son itinéraire. Le golfeur régional mettra donc le cap sur l’Europe, dans quelques semaines, avec l’objectif d’obtenir une carte sur le circuit européen, le deuxième plus relevé au monde après la PGA.

Au moment d’avoir l’idée, Keven Fortin-Simard se trouvait en Iowa et attendait le garagiste. Après discussions après sa conjointe Marie Grimard et avoir pris quelques informations plus sérieuses, au lieu de poursuivre leur périple vers l’Ouest, ils ont décidé de rentrer et participer à des tournois au Québec. Le lendemain, la décision était définitive.

« Je me suis inscrit quelques jours plus tard et je me suis dit qu’à partir de là, on ne virait plus de bord et qu’on allait se débrouiller avec ce nouveau plan de match », annonce Keven Fortin-Simard qui a rédigé un long article sur son site, Our own way, pour expliquer tout le cheminement depuis le début de cette aventure. Il convient que le coût plus élevé des inscriptions aux États-Unis a joué dans la balance. L’économie sur ces frais permettait alors de financer plus facilement le reste du voyage.

« Ça rejoint aussi l’autre partie qui était que dans notre trip de famille et les sacrifices qu’on faisait, on allait voir du pays. On ne l’a pas fait. On allait le voir, mais on ne s’est pas rendus », lance à la blague Keven Fortin-Simard qui a éprouvé toutes sortes de problèmes mécaniques, au cours des derniers mois.

Le directeur général du Club de golf Lac-Saint-Jean quittera pour le Vieux-Continent à la mi-septembre avec sa conjointe et sa fille Emma. Il disputera la première de trois étapes de qualification au Portugal du 9 au 12 octobre, plus précisément au Guardian Bom Sucesso.

« Les qualifications, c’est le même principe, que ce soit aux États-Unis ou en Europe. Quand tu embarques à la première étape, il y a une ligne et disons que les 20 premiers passent, que tu gagnes ou tu finisses 20e, ça ne change absolument rien. Tu avances comme l’autre. À la deuxième étape, c’est la même affaire. C’est à partir du stade final que tu as des droits de jeu », explique Keven Fortin-Simard qui, en 2009, avait participé à l’étape finale des qualifications de la PGA et son résultat lui avait permis d’obtenir une carte sur le circuit Nationwide en 2010.

« Dans un processus de même, tu n’as rien à gagner aux deux premières étapes. En payant mes affaires et en me disant que c’est là que je vais, l’objectif est exactement de me rendre à la dernière étape. C’est le premier bout », fait valoir l’athlète de 33 ans, précisant que le même processus aux États-Unis ne débouche plus sur des cartes de la PGA, un autre argument en faveur de l’Europe.

« Je rentre dans un processus de qualification pour essayer obtenir le meilleur statut possible pour 2020. Si je peux me rendre au bout et avoir un statut sur le circuit européen, je vais être dans la meilleure position pour quelqu’un qui vient d’un peu nulle part. Il n’y a pas mieux que ça », estime Keven Fortin-Simard qui, avant son départ, disputera le tournoi du MacKenzie Tour à Elm Ridge, près de Montréal, dans deux semaines, pour lequel il a reçu une invitation récemment.

+ «L'OPTION DE JUSTE ARRÊTER ÉTAIT LÀ»

Avec tous les déboires qu’il a connus au fil de l’été, Keven Fortin-Simard a songé à abandonner à un certain moment. 

Les nombreux problèmes mécaniques du véhicule récréatif et des soucis financiers en cours de route ont pesé lourd sur les épaules du golfeur et de sa famille. Quand il était au plus bas, l’idée de l’Europe a germé, ce qui lui a permis de rapidement retrouver le sourire. 

« La solution de l’Europe n’était pas là et les coûts d’inscription aux États-Unis, je les connaissais. L’option de juste arrêter était là. Ce n’était pas le but de l’année, vraiment pas, mais un moment donné, tu n’as pas le choix de commencer à penser aux alternatives. Ç’a été dur. Pendant 4-5 jours, j’ai eu le moral très moyen. On a pensé à tout ça, on a mis ça en ordre et quand on se dirigeait vers Bromont à la fin juillet, tous les deux, ça nous a fait du bien d’avoir ce petit « flash » et remettre le compteur à zéro et ensuite, la bonne humeur était de retour », annonce Keven Fortin-Simard. 

S’il quitte dès la mi-septembre, c’est parce qu’il veut avoir le temps de voir un peu les conditions de golf en Europe avant son premier tournoi. Il a déjà joué en Angleterre et en France et est conscient que la manière dont les parcours sont conçus et la manière de jouer sont bien différentes. 

« Je veux avoir une couple de semaines pour m’acclimater un peu. Je suis allé un peu en Europe. Je sais à quoi m’attendre et je sais que me pointer deux jours avant, ce ne sera pas assez. Tant qu’à le faire et m’investir, je vais le faire comme il faut », indique Keven Fortin-Simard qui s’attend à des parcours au relief plus vallonneux, en plus du vent. 

« Il y a plein de subtilités qui font que la game change assez vite. C’est seulement de me donner le temps de m’accoutumer à tout ça », de mettre en contexte Fortin-Simard, qui regarde présentement des manières pour l’aider financièrement dans cette nouvelle aventure. 

En plus de sa conjointe et sa fille, il aimerait pouvoir compter sur la présence de son frère Pascal comme cadet.