Le couple Kasandra Bradette (Saint-Félicien) et Samuel Girard (Ferland-et-Boilleau) aura la chance de vivre ses tout premiersJeux olympiques en février prochain. Les patineurs s'estiment privilégiés de pouvoir partager ce rêve ensemble.

Kasandra Bradette et Samuel Girard: le couple, un atout

À l'instar de Marianne St-Gelais et Charles Hamelin, Kasandra Bradette et Samuel Girard forment un couple dans la vie de tous les jours. Une situation qu'ils perçoivent comme un net avantage.
Kasandra se sent même privilégiée. « C'est incroyable de (pouvoir) vivre ça avec mon copain. On vit la même passion, on est dévoués et de voir qu'on peut évoluer, vivre nos émotions ensemble et les comprendre et de voir qu'on sera ensemble aux Jeux, c'est capoté ! », soutient-elle.
« Si ça n'avait pas bien été pour l'un de nous deux, ça aurait pu être plus dur, mais ç'a bien été pour les deux, note Samuel. Et à plus court terme, si ça va mal pour un de nous deux dans une épreuve, on peut s'épauler. On est capables de s'encourager, de faire le focus et de tourner la page en laissant les émotions de côté. »
Pour Kasandra, le tempérament relax de Samuel lui fait du bien. « Sam, c'est mon roc. C'est pas juste mon copain, c'est ma personne-ressource. On est là pour s'épauler autant dans notre carrière que notre vie personnelle », confie-t-elle à l'autre bout du fil.
Pour le couple, la routine aux Jeux de 2018 ne sera pas différente de celle en Coupe du monde où les garçons et les filles sont de toute façon séparés. Cela dit, les deux Bleuets s'entendent aussi sur leurs visées respectives à leurs tout premiers Jeux olympiques. « On veut arriver et performer du mieux qu'on peut en donnant notre maximum. On veut sortir (des Jeux) en se disant qu'on a tout fait en notre pouvoir. »
Samuel Girard: Jonathan Guilmette avait vu juste
En février 2014, alors que le jeune Samuel Girard passait sa première saison au Centre régional canadien d'entraînement (CRCE), son entraîneur de l'époque, l'Olympien Jonathan Guilmette avait prédit, en entrevue, que la fierté de Ferland-et-Boilleau suivrait les traces de Charles Hamelin. Il avait même déclaré qu'il ne serait pas surpris de le voir participer aux Jeux olympiques de 2018. Ces déclarations aussi élogieuses qu'étonnantes à l'époque se sont avérées depuis. Guilmette avait effectivement vu juste dans le potentiel du jeune Saguenéen qui était alors âgé d'à peine 17 ans.
« Samuel n'est pas un feu de paille », avait affirmé Guilmette qui avait lui-même fait vibrer le centre Georges-Vézina en 2003, lors de la Coupe du monde présentée à Saguenay. « Sur le long terme, ce sera un des bons athlètes que nous aurons au Canada pendant quelques années. Je l'avais vu patiner il y a deux ans et j'ai tout de suite vu qu'il serait vraiment bon. Il peut être un futur Charles Hamelin parce qu'il est bon sur toutes les distances », avait avancé le médaillé des Jeux de Salt Lake City en 2002 et de Turin en 2006. À ses yeux, Samuel était un diamant brut à ciseler, digne de la lignée des Marc Gagnon, Frédéric Blackburn et François-Louis Tremblay.
Jonathan Guilmette avait même déclaré qu'il ne serait pas surpris de voir le patineur de Ferland-et-Boilleau participer aux Jeux olympiques de 2018 en raison de sa polyvalence. « Il est aussi bon sur 500 m que 1500 m. Il a autant de vitesse que d'endurance », avait-il ajouté concernant le potentiel de celui qui vivra ses premiers Jeux olympiques en février prochain.
En rappelant ce propos à Samuel Girard lors d'un entretien téléphonique, l'athlète de 21 ans convient que l'entraîneur avait vu juste. « C'est un rêve qu'on convoite, mais qu'on ne croit pas possible avant d'y arriver », dit-il. Un rêve d'enfance qui est maintenant devenu réalité et qui reste à concrétiser en février prochain.
Sa sélection démontre aussi tout le chemin parcouru au cours des dernières années. « Il y a quatre ans, j'étais bénévole lors des sélections olympiques pour les Jeux de Sotchi. Je regardais et admirais les membres de l'équipe canadienne se battre pour une place », a-t-il rappelé sur sa page Facebook peu après avoir confirmé sa place pour PyeongChang. C'est maintenant à son tour de faire rêver la relève.
En terminant premier aux sélections olympiques, il a fait une brillante démonstration de sa progression. Il estime que ses succès résultent de l'expérience acquise au cours quatre dernières années. « J'ai commencé à performer et le programme fait en sorte que je réagis bien, explique-t-il, modeste. C'est vraiment bien adapté pour moi et ça facilite la tâche pour la compétition. »
Le jeune homme se distingue aussi par son air enjoué, décontracté. « Je suis quelqu'un qui y va course après course et non (avec en tête) l'objectif final », explique-t-il. Quant à son plaisir en course, ce n'est pas feint. « Oui, j'ai encore du plaisir, sinon je ne patinerai pas », assure l'ancien porte-couleurs des F18 de La Baie.
Lors des Jeux, il pourra compter sur la présence de ses parents, Martin Bouchard et Grégoire Girard, ainsi que de ses parrain et marraine, Jacques Tremblay et Jacynthe Bouchard, en plus d'amis proches pour le soutenir.
Kasandra Bradette: tout aussi résiliente que déterminée
Kasandra Bradette est passée maître dans l'art de se relever des épreuves. La Félicinoise, qui avait vécu des sélections catastrophiques pour les Jeux de 2014, a rebondi avec brio aux sélections canadiennes tenues à la mi-août pour mériter son billet pour les Jeux olympiques de PyeongChang 2018.
Affichant son habituelle détermination et sa grande résilience, l'athlète de 27 ans avoue toutefois qu'en début de saison, le doute l'a assaillie et c'est avec appréhension qu'elle a abordé cette étape cruciale de la saison.
« Lors de la sélection des Jeux de Sotchi, j'avais quasiment été détruite », avoue l'athlète de 27 ans en entrevue téléphonique. À l'époque, elle avait tenté de faire fi d'une fatigue et de maux de dos récurrents qui l'affectaient. « Je suis passée par plusieurs phases (depuis). En avril, au début de la saison, je voyais ça vraiment gros, ces sélections, et j'avais énormément peur. J'étais presque traumatisée », confie celle qui se sentait à la croisée des chemins.
« Ç'a vraiment été difficile parce que ça aurait pu marquer la fin de ma carrière. Ça passait ou ça cassait. C'était mon dernier été et si je ne me qualifiais pas, il ne m'aurait resté que quatre mois de patin, relate-t-elle. Mais après, tout s'est enchaîné. »
La maturité aidant, elle a décidé d'aborder le processus menant aux sélections un jour à la fois. « Chaque jour, je m'entraînais en essayant d'être une meilleure athlète et de patiner le mieux que je pouvais pour n'avoir rien à regretter au bout du compte. » Une façon d'aborder les choses qui a été payante.
De plus, la Félicinoise et le personnel du centre national basé à Montréal ont appris à mieux cerner sa problématique. Elle dispose d'un programme personnalisé qui semble lui aussi porter ses fruits. « Cet été, j'ai vraiment monté d'une coche à l'entraînement par rapport aux autres étés. Je n'ai pas arrêté une fois à cause de mon dos. Je n'avais pas peur de dire ce qui se passait parce que je savais que si je poussais un peu plus, ça m'éloignerait de mes objectifs. (...) C'est mon meilleur été d'entraînement ! J'ai pu progresser physiquement et mentalement, affirme-t-elle. Quand on dit que les astres s'alignent, c'est ce qui s'est passé. C'est un travail conjoint avec les entraîneurs et les physios (du centre). »
Au travail !
Même si elle a son billet pour ses tout premiers Jeux olympiques en poche, Kasandra avoue avoir mis un peu de temps à le réaliser. « Je pense que je vais vraiment le réaliser quand j'aurai les deux pieds à PyeongChang et que j'aurai mon accréditation dans le cou ! »
Cela dit, la jeune femme se concentre déjà sur les prochaines étapes du circuit de la Coupe du monde où le Canada tentera d'aller chercher le maximum de places disponibles par pays. L'étudiante en biochimie a d'ailleurs pris une année sabbatique afin de pouvoir se consacrer entièrement à son sport.
Une fois son rêve olympique concrétisé, la jeune femme ne ferme pas la porte à une éventuelle continuité. « J'ai d'autres projets de carrière et je sais que j'en ai plus de fait que ce qui me reste à faire. Mais je ne me ferme pas de portes », de conclure la Félicinoise qui continuera de vivre les événements une étape à la fois.
Aider les parents
Passer une excellente soirée tout en contribuant à une bonne cause, voilà ce que proposera Vicky Trudel et son conjoint Bernard Bradette en organisant un spectacle country le 4 novembre, à l'Hôtel du Jardin de Saint-Félicien. Les profits de l'événement seront versés aux parents de la patineuse de vitesse courte piste Kasandra Bradette, qui vivra ses premiers Jeux olympiques en février prochain, à PyeongChang.
Nancy Bélanger et son conjoint Dany Bradette ont toujours été présents pour soutenir leur fille Kasandra dans sa quête du rêve olympique. Lorsque la Félicinoise a obtenu son billet pour les Jeux, il n'était pas question d'être loin d'elle pour partager ces moments uniques. Heureusement, le couple peut compter sur l'initiative et le talent de leur belle-soeur Vicky Trudel qui prêtera sa voix pour un spectacle country. «Nous sommes très chanceux. Notre belle-soeur est chanteuse et une organisatrice hors pair. Elle a décidé d'organiser cet événement pour nous aider à aller à PyeongChang. Pour nous, ça représente environ 15 000 $», confirme Nancy Bélanger. «C'est un rêve que Kasandra caresse depuis longtemps et on veut le vivre pleinement. On sait que ça va nous coûter de l'argent, mais on espère que cet événement va nous aider un peu. On ne sait pas à quoi s'attendre, mais on espère que les gens vont répondre positivement.»
Vicky Trudel a indiqué qu'elle avait déjà amorcé des démarches pour aider la famille si Kasandra obtenait son billet pour les Jeux. Quand ce fut chose faite, elle a mis le projet en marche. «Je chante un peu de tout, mais je mise surtout sur le country parce que j'aime beaucoup ça. Je vais avoir six bons musiciens professionnels pour m'accompagner. Ce ne sera pas du karaoké», précise-t-elle en riant.
Au total, ce sont 400 billets qui seront en vente au coût de 30 $. Des tables VIP sont aussi offertes pour les entreprises qui voudraient contribuer à cette bonne cause. Il est possible de se procurer des billets dans différents points de vente, soit chez Pharmaprix Richard Naud de Saint-Félicien, l'Épicerie Raymond Guay, l'Hôtel du Jardin, le Château Roberval et auprès de Vicky Trudel (vicky@videotron.ca) ou de Bernard Bradette (418 637-0280). Il est aussi possible de consulter la page Facebook «Spectacle-bénéfice Kasandra Bradette».