Le directeur technique du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay, est très amer envers Judo Québec.

Judo Québec pointée du doigt

Le directeur technique du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay, est très amer envers Judo Québec qu’il blâme directement pour ne pas avoir obtenu la présentation des Championnats canadiens ouverts de 2019 à 2021.

La compétition a plutôt été accordée à Calgary qui accueillera donc la crème nationale du judo pour six années de suite. « Ce n’est pas nous qui avons raté notre coup, mais Judo Québec », laisse tomber Roger Tremblay sans détour. 

Ce dernier a décidé de faire une sortie publique afin de rectifier certaines informations qui circulent dans le milieu depuis la décision de Judo Canada à la fin février. Il assure du même souffle que tant les autorités municipales, Promotion Saguenay, avec en tête la coordonnatrice du tourisme d’affaires, congrès et sports, Ingrid Langevin, ainsi que les dirigeants de l’UQAC, qui avaient déjà réservé la plage horaire pour la présentation de la compétition qui réunit bon an mal an 800 athlètes, avaient bien fait leur travail. « On avait une demande hors pair », assure Roger Tremblay, ce qu’il a validé auprès du directeur général adjoint de Judo Canada, Patrick Esparbès, et du directeur du comité haute performance, Nicolas Gill. 

L’argent en cause

L’argent a fait une grande différence dans le départage des deux candidatures. Depuis la présentation de l’événement au Saguenay en 2015, les dirigeants de Judo Canada ont décidé d’offrir la présentation des Championnats canadiens au plus offrant et ainsi laisser tomber le principe d’alternance entre l’Est et l’Ouest. « C’est de valeur, mais c’est ça », tranche-t-il. 

« On a été déclassés sur le montant total. On ne pouvait pas rivaliser avec Calgary, poursuit Roger Tremblay. Ils ont voulu l’avoir, ils l’ont achetée. »

Le problème majeur réside dans une enveloppe disponible de Judo Québec de 20 000 $ à 25 000 $ par année, ce qui n’a pas été mentionné à Roger Tremblay pendant le processus de candidature même si des personnes bien placées étaient au bien au fait. Calgary a donc offert un montant global de 150 000 $, soit 50 000 $ par année, comparativement à 30 000 $/an environ pour la demande saguenéenne. Avec le montant de Judo Québec, le rapport de force aurait toutefois été bien différent. Une embrouille entre Judo Québec et Judo Canada rend également plus difficiles les communications entre les deux organisations. En cours de route, il lui a également été ardu de garantir un montant par Saguenay en raison des élections municipales, pour la demande qui devait être envoyée le 1er décembre, ce qui n’a pas eu du tout le même impact que le manque à gagner de Judo Québec à son avis.

Le calcul du retour sur l’investissement était pourtant facile à faire pour Roger Tremblay. Pour illustrer son point, le directeur technique mentionne que pour envoyer ses 14 athlètes la semaine prochaine aux Championnats canadiens, encore une fois en Alberta, le budget total seulement pour son club est de plus de 15 000 $. « C’était facile à calculer, mais les gens de Judo Québec n’ont pas voulu mettre leurs culottes », déplore-t-il sur un ton sans équivoque.

Lors des dernières semaines, Roger Tremblay a eu plusieurs discussions avec le président de Judo Québec, Vincent Bouchard, qui a fait parvenir récemment une lettre où il fait un mea culpa aux membres du conseil d’administration afin de faire taire les rumeurs sur la candidature saguenéenne. Roger Tremblay entend également faire du bruit lors de l’assemblée générale annuelle, qui se déroulera au Saguenay dans le cadre du gala d’excellence et de passage des grades, organisé par le Club Multikyo de La Baie, au début du mois de juin. « C’est sûr que ça va barder un peu », promet Roger Tremblay. 

Peut-être les Championnats panaméricains

Comme prix de consolation, le Club Judokas Jonquière pourrait présenter les Championnats panaméricains. 

Lors d’une discussion après la décision d’accorder les Championnats canadiens à Calgary, le directeur général adjoint de Judo Canada, Patrick Esparbès, a invité Roger Tremblay à poser sa candidature. Ce dernier se questionne sur l’intérêt d’accueillir une telle compétition qui est plus courte que les nationaux en plus d’accueillir passablement moins de judokas. «Ce ne sont pas les Canadiens», de laisser tomber Roger Tremblay qui va laisser la poussière retomber, ainsi que les assemblées générales provinciale et nationale avant de prendre une décision finale dans ce dossier. «On va voir ce qui va se passer», d’indiquer Roger Tremblay.