Samuel Girard

Journée de rêve pour les Girard

Samuel Girard s’est assuré que cette première journée officielle dans la LNH soit aussi grisante pour les siens que pour lui. La famille tricotée serrée de Roberval était ensemble mardi à Nashville, où la vedette des Cataractes a disputé un premier match en saison régulière dans le maillot des Predators, qui en ont fait un savant choix de deuxième ronde au repêchage de 2016. Entouré de leurs quatre enfants et de quelques proches, Tony et Guylaine Girard ont vécu de grandes émotions.
Jessica, Christopher et Jérémy était aux premières loges pour assister au premier match en carrière dans la LNH de leur frère Samuel.

«Une journée de rêve. C’est pas mal ça qui résume le mieux ces dernières heures. C’est fou raide ici!», lance le papa, qui confie que la recrue de 19 ans avait tout programmé pour son clan. «Il avait préparé les billets d’avion pour tout le monde. Trois suites nous attendaient à l’hôtel. Après l’avoir serré dans mes bras, je lui ai dit que c’était trop, que nous pouvions être plus cordés que ça! Il a refusé, disant que c’était une façon de nous remercier d’avoir fait le voyage pour vivre ça avec lui. Il est comme ça, Samuel. C’est un garçon qui est très reconnaissant.»

Chaque famille dont un rejeton touche à la LNH vit quelque chose de grandiose. Pour les Girard, c’est peut-être encore plus spécial, considérant tous les sacrifices familiaux consentis pour permettre au plus talentueux du groupe de réaliser son rêve. «Tout notre monde est très fier en ce moment. On a soupé dans le salon VIP des Predators, plusieurs joueurs sont venus nous serrer la main et nous parler en bien de Samuel. P.K. Subban a été l’un des plus gentils, il a pris le temps de faire des photos avec nous tous. Tu vois que les Predators prennent soin de tous les détails. C’était très impressionnant.»

La famille du jeune surdoué a ensuite pris place dans les gradins. Elle a vu son héros être coupable d’un but des Flyers. Une séquence qui lui a mis le feu au derrière! Quelques minutes plus tard, il amassait son premier point en carrière. En fin de soirée, c’est avec le titre de troisième étoile du match qu’il a quitté la surface de jeu. «Il était fébrile en début de match, ça paraissait. Il a commencé le match tranquillement. Mais plus ça avançait, plus il prenait son rythme. Il a fait deux-trois spinoramas, la foule a scandé son nom, c’était incroyable», lance Tony Girard. «Quand il a obtenu sa passe, j’ai été incapable de me lever pour applaudir. Les émotions du dernier mois ont pris le dessus, je me suis mis à pleurer. Je venais de réaliser qu’il était rendu là où il a tant rêver d’aller. Ça m’a fait du bien, j’ai pu dormir comme un bébé pour la première fois depuis plusieurs semaines!»

Les Girard restent encore à Nashville pour quelques jours.  Ils ne savent pas si Samuel sera utilisé jeudi face aux Stars, mais ils vont d’une façon ou d’une autre assister à ce match. «Samuel a la bonne approche, il pense un jour à la fois. Il n’y a rien d’acquis. Il est venu nous voir à l’hôtel après le match mais il est retourné rapidement à sa suite car il voulait être en forme pour la pratique mercredi matin. Nous, on reste au moins jusqu’à vendredi. Ça va nous permettre de découvrir la ville, de s’imprégner de l’ambiance folle qui règne ici. Je n’en revenais pas de voir comment ça bougeait au tailgate mardi. Ils savent faire le party à Nashville! On n’a pas pu rester longtemps mardi, jeudi on va essayer d’en profiter un peu plus. Après tout, on ne pourra pas venir à toutes les semaines!»

Carnet de notes

L’un des frères de Samuel, Christopher, a bien failli ne pas faire le voyage à Nashville. Samuel a fait une erreur quand il a réservé les billets d’avion, et Christopher n’avait pas de billet réservé à son nom quand la famille s’est pointée à l’aéroport mardi matin. «Et notre plus gros problème, c’est que l’avion était complet. Tous les autres vols vers Nashville aussi. On capotait! Je m’apprêtais à laisser ma place à Christopher quand une place sur un autre vol s’est miraculeusement libérée. Christopher n’avait jamais pris l’avion, il devait faire une escale seul à Philadelphie alors qu’il ne parle à peu près pas l’anglais. Mais bon, finalement, tout s’est bien passé et nous avons pu vivre ce moment tous ensemble, comme on l’espérait.»