Pour une journée, je suis sorti de ma «retraite» du fatbike afin de participer au Raid du Fjord, la semaine dernière. Merci au toujours fidèle Rocket Lavoie d’avoir croqué le moment.

Jour de premières à La Baie

CHRONIQUE / J’ai vécu quelques premières, samedi dernier. J’ai fait du fatbike sur les glaces de la baie des Ha ! Ha ! , davantage reconnues comme le terrain de jeu des pêcheurs, j’ai fait du sport un 29 février, ce qui n’arrivera plus avant au moins 2024, et j’ai participé à la première édition du Raid du Fjord, organisée par un groupe de crinqués. Le défi était de taille, mais l’organisation peut dire mission accomplie, malgré quelques ajustements nécessaires en vue d’une deuxième édition.

Le Raid du Fjord, c’est une randonnée (ou une course, tout dépendant notre niveau de compétitivité) d’une trentaine de kilomètres à La Baie, des forêts enneigées jusque sur la glace, en passant par le Pavillon des croisières à Bagotville. Le départ était donné du site de Bois rond expérience, situé en haut de la « côte Caribou ». Pour ceux qui sont moins familiers avec l’appellation, c’est la côte en sortant de La Baie, après la scierie.

Les dix premiers kilomètres étaient parcourus dans la forêt, avant la descente sur les glaces de la baie des Ha ! Ha ! . Ce premier segment n’était pas chronométré, tout le monde a pu apprivoiser le parcours et contempler le décor. Un intéressant point de vue sur le Saguenay y était offert.

C’est après ce début de parcours bucolique que les choses sérieuses commençaient. Dans le volet « compétiteurs », les participants sont rassemblés au même point, où un deuxième départ est donné. On longe la rive d’est en ouest, en passant bien sûr par le site de pêche blanche de Grande-Baie. C’est à cet endroit que je croise le photographe Rocket Lavoie, venu juste pour me prendre en photo. C’est une blague. Reste que je suis bien content de le voir et même si je suis au cœur d’un segment chronométré rempli d’intensité, j’en profite pour lui taper dans la mite.

Bon, ce n’est quand même pas si intense. Plusieurs visiteurs sont sur place pour participer aux différentes activités du Carnaval des glaces, l’œuvre d’une collaboration entre différents organismes, et je dois avouer que leurs encouragements me donnent un petit boost d’adrénaline.

C’est par la suite que l’aspect « Raid » de l’événement perd un peu de son lustre. Au terme de cette première section chronométrée, on est arrêté net dans notre élan. La personne responsable de prendre en note les numéros de plaque pour établir le classement n’est pas présente au moment où les premiers cyclistes arrivent, donc chacun doit approximativement dire à quel rang il est arrivé. Honnêtement, on aurait pu laisser faire. Il a donc fallu attendre, le temps de démêler tout ça, avant de retourner au quai d’escale en empruntant la piste cyclable, au cours d’un segment non chronométré.

Même s’il était préférable de garder les yeux sur les sentiers pour emprunter le meilleur tracé possible, le parcours offrait plusieurs points de vue intéressants.

Rendu au Pavillon des croisières, une autre période d’attente vient couper le rythme. Il faut attendre tous les compétiteurs pour faire un autre départ groupé vers le dernier segment chronométré, sur le site de L’Anse-à-Benjamin. L’attente a duré environ 20 minutes, et après avoir eu chaud, ce n’était pas l’idéal. Selon le Larousse, un raid est un « parcours sur une longue distance, destiné à montrer l’endurance des concurrents et/ou la résistance du matériel ». Dans ce cas, je ne sais pas si ce n’est pas la patience, plus que l’endurance, qui a été mise à rude épreuve.

Mais bon, la dernière portion de huit kilomètres a été intense à souhait, particulièrement les quatre derniers kilomètres que nous avons attaqués avec un solide vent de face dont la baie des Ha ! Ha ! connaît le secret. Après avoir décidé de prendre ma retraite du fatbike l’an dernier (oui je sais, à 31 ans, c’est jeune un peu), je suis bien content d’avoir complété cette première édition du Raid du Fjord.

Responsable des communications et membre actif du comité organisateur, Guillaume St-Pierre a eu la gentillesse de me prêter sa machine de guerre. Lui et son équipe ont la ferme intention d’être de retour l’an prochain et avec 115 inscrits pour la première édition, ils ont une bonne base.

« Dès le départ, on a voulu créer un événement qui allait durer dans le temps, m’avait dit Guillaume St-Pierre la semaine dernière. Avec tout le soutien qu’on a eu des gens du milieu, on pense qu’on vient de répondre à un besoin. »

Festival d’hiver

Au début de l’année, le collègue Roger Blackburn signait une chronique dans ces pages, se demandant pourquoi il n’existait pas un vrai festival d’hiver, servant à mettre en valeur le fjord du Saguenay et toutes les activités qui s’y rattachent. Certes, il en avait froissé certains qui ont rapidement tenu à rappeler que Saguenay en neige était bien ancré depuis 36 ans et représentait l’élément de promotion hivernale par excellence.

Sauf que le fjord du Saguenay, il n’est pas à Jonquière. La rivière aux Sables est très belle, mais La Baie et sa baie des Ha ! Ha ! offrent un cachet incomparable. Bref, Roger a soulevé un excellent point et après la journée que j’ai vécue, samedi dernier, le Raid du Fjord et ses partenaires ont peut-être créé le rassemblement « récréo-touristico-sportif » de l’hiver… au Québec. Rien de moins. Après tout, plus de 75 pour cent des inscrits au raid provenaient de l’extérieur de la région. Oui, ils étaient là pour suer sur un vélo à grosses roues, mais avec le panorama offert, il ne fait aucun doute qu’ils en ont eu pour leur argent et qu’ils seront tentés de revenir.

Le tourisme hivernal est bel et bien une carte à utiliser et le Saguenay-Lac-Saint-Jean peut se vanter d’avoir (au moins) un as dans son jeu. Alors, on se couche ou on fonce ?