Claude Bouchard en sera à une troisième finale de la Coupe du Président depuis le début de sa carrière d'entraîneur.

Jouer la finale, un privilège

Pour la troisième fois de sa carrière d'entraîneur, Claude Bouchard vivra une finale derrière le banc d'une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Le Jonquiérois, à la barre des Cataractes de Shawinigan depuis le 17 février, entend bien rappeler à ses joueurs de profiter du moment.
La formation mauricienne a fait sa place en grande finale après avoir éliminée les Sea Dogs de Saint John en cinq parties, vendredi soir. Après avoir remporté la Coupe du Président à la barre des Foreurs de Val d'Or en 2001, Claude Bouchard a été l'adjoint d'Éric Veilleux chez le Drakkar de Baie-Comeau lors de la ronde ultime en 2014.
«C'est un privilège d'aller en finale dans cette ligue-là, a affirmé l'entraîneur, de passage dans la région au cours du week-end avant d'amorcer la préparation de son équipe dès lundi. Je vais vivre une finale pour une troisième fois en 12 ans et je suis conscient que c'est très difficile d'y parvenir et de gagner. C'est maintenant à nous de prendre les bons moyens pour arriver prêt.»
Celui qui a eu les 13 derniers matchs de la saison régulière pour implanter sa philosophie a jusqu'à maintenant plutôt bien paru. Sans tout casser, Bouchard et ses hommes ont réussi à placer leurs billes au bon endroit.
«Je suis surtout content de voir la progression individuelle et collective des joueurs, a-t-il exprimé. Quand je suis arrivé, tout le monde était conscient que si on voulait faire un bout de chemin en séries, il fallait apporter des correctifs. Les joueurs ont acheté mon concept et ils ont travaillé fort améliorer les points importants.»
Pendant que la série entre les Huskies de Rouyn-Noranda et les Wildcats de Moncton s'étire, alors que les Huskies sont en avance 3-2 et que le sixième match est joué dimanche à Moncton, les Cataractes bénéficient de quelques jours de repos. Tout en se promettant de surveiller attentivement l'issue de l'autre série demi-finale, Claude Bouchard n'entend pas amorcer des études scientifiques sur les futurs adversaires des Cats.
«Rendu à ce stade des séries, il faut avant tout mettre l'accent sur notre équipe, a-t-il fait valoir, ajoutant qu'il y avait toujours des ajustements tactiques à apporter. Depuis le début des séries, on utilise bien nos forces et c'est important de continuer à le faire.»
Questionné sur la possibilité d'affronter un autre entraîneur originaire de la région en finale, soit Gilles Bouchard, grand manitou des Huskies, Claude Bouchard a préféré attendre la fin de cette série avant d'émettre ses états d'âme sur le sujet.
Le déclic
La route vers la finale ne s'est pas amorcée sans anicroche pour les Cataractes. Le Phoenix de Sherbrooke a donné du fil à retordre aux Mauriciens, avant de rendre les armes.
Il s'est alors passé quelque chose lors de la troisième rencontre de la série. En retard 0-3 en début de deuxième période, les Cataractes avaient explosé avec huit buts sans réplique pour l'emporter 8-3. Selon Claude Bouchard, cette rencontre est le fait faillant du printemps 2016 de son équipe. Du moins pour le moment.
«On a eu ça dur et je savais que la première série allait être difficile parce qu'il y avait un spectre autour de nos vétérans, a-t-il raconté. Le noyau n'avait pas encore gagné en séries et je sentais les joueurs très nerveux. On a effectué quelques remontées durant la première ronde et ça a enlevé une certaine pression à nos gars.»
Embauché pour terminer la saison, Claude Bouchard ne sait pas ce que lui réserve l'avenir. L'enseignant en éducation physique profite actuellement d'un congé sans solde à la Commission scolaire De La Jonquière, congé qui vient à échéance à la fin de la présente année scolaire.
«Honnêtement, je n'ai pas encore parlé de la situation avec le directeur général Martin Mondou, a-t-il confié. En arrivant avec l'équipe, mon objectif était d'aller le plus loin possible en séries et terminer l'année de la bonne façon. Lorsque tout sera terminé, on s'assoira et je verrai ce qui est le mieux pour moi.»
Samuel Girard: «on n'en a pas assez»
Samuel Girard a soif de victoire. Si près du but, le Robervalois est loin d'avoir le sentiment du devoir accompli et il espère que les prochaines semaines vont permettre à son équipe d'être sacré meilleure équipe du hockey junior québécois.
«On est où on voulait être mais on n'en a pas assez, a prévenu le défenseur des Cataractes, en visite au Lac St-Jean en compagnie de son coéquipier Mikhail Denisov, gardien de but auxiliaire. On veut ressortir avec la Coupe du Président, c'est sûr et certain. Dans les prochaines jours, on va y aller match par match et on espère que ça va bien se terminer pour nous. Si on joue avec nos qualités, on est l'une des meilleures équipes de la ligue.»
Auteur d'une fiche de 18 points en 16 matchs depuis le début des séries, le talentueux hockeyeur est content d'avoir contribué aux succès de son équipe. Il est aussi content de voir que l'arrivée de Claude Bouchard profite aux Cataractes.
«C'est un entraîneur totalement différent de Martin Bernard, a avancé Girard. Il est énergique derrière le banc, mais il apporte également beaucoup de calme. Il est dur avec les joueurs mais ce n'est pas un menteur. Il va dire la vérité et c'est un des meilleurs entraîneurs que j'ai eu depuis que je joue au hockey.»