George Steffey a dominé la journée de jeudi, terminant au premier rang à l’épreuve du slalom géant.

Jordan se taille une place sur le podium

Un Canadien est parvenu à se tailler une place sur le podium, au quatrième jour d’action de la Coupe NorAm, jeudi, au Mont-Édouard. Asher Jordan, de la Colombie-Britannique, a réussi à briser l’hégémonie américaine au slalom géant, en terminant troisième.

Les Américains George Steffey et River Radamus ont respectivement terminé premier et deuxième à l’issue des deux descentes, tandis que les positions quatre à sept ont également été détenues par un représentant des États-Unis.

George Steffey a dominé la journée de jeudi, terminant au premier rang à l’épreuve du slalom géant.

Asher Jordan, auteur d’un temps combiné de 2min30sec et huit dixièmes, a terminé un peu plus d’une seconde derrière le gagnant du jour. Les Canadiens Riley Seger (8e) et Jeffrey Read (9e) ont percé le top-10. À noter que ce dernier est le fils de Ken Read, illustre skieur dans les années 1970 et 1983 et détenteur de 10 podiums en Coupe du monde, dont une victoire à Chamonix en 1978.

Après être monté sur le podium lundi et mardi au slalom, le Québécois Simon Fournier n’a pas été en mesure de compléter sa première descente, ce qui a mis fin à sa journée. Selon des informations fournies sur place, les conditions de glisse ont d’ailleurs compliqué la vie de plusieurs skieurs.

La journée de jeudi a été impardonnable pour un grand nombre de skieurs, qui n’ont pas été en mesure d’enregistrer de temps réglementaire.

D’ailleurs, 34 des 63 participants ont chuté dans l’une ou l’autre des deux descentes.

La Coupe NorAm prend fin vendredi à L’Anse-Saint-Jean. Le slalom (9h30) et le slalom en parallèle (12h30) seront à l’honneur.

La journée de jeudi a été impardonnable pour un grand nombre de skieurs, qui n’ont pas été en mesure d’enregistrer de temps réglementaire.
La journée de jeudi a été impardonnable pour un grand nombre de skieurs, qui n’ont pas été en mesure d’enregistrer de temps réglementaire.

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LA RETRAITE OCCUPÉE D'ERIK GUAY

Erik Guay n’a pas trop le temps de s’ennuyer, depuis qu’il a annoncé sa retraite de la compétition, en novembre 2018. Depuis un peu plus d’un an, le skieur alpin le plus titré au Canada occupe une place au conseil d’administration de Canada Alpin. Une façon de partager sa vision d’un sport qui l’a vu grandir.
TEXTE-courant: Le jeune retraité de 38 ans est arrivé à L’Anse-Saint-Jean dimanche soir. Responsable du volet performance au sein de Canada Alpin, sa présence au plus gros circuit de ski alpin en Amérique du Nord était un incontournable. Depuis le début de la semaine, plusieurs observateurs ont vanté la piste homologuée super-G, disant même qu’elle était digne d’une coupe du monde. Erik Guay est bien placé pour confirmer une telle affirmation. « C’est absolument vrai », a-t-il tranché, au cours d’une entrevue téléphonique accordée mercredi. Le fait que les organisateurs aient pu injecter la piste d’eau a rendu les conditions glacées, ce qui est idéal pour faire ressortir les qualités des skieurs.

« Il faut que ce soit difficile, a expliqué Erik Guay. La plupart des skieurs sont capables de skier quand c’est mou ou que la vitesse n’est pas élevée, mais quand c’est glacé, dur et à pic, c’est là qu’on voit des écarts de temps et ce sont les meilleurs qui gagnent. On parle de conditions pas mal idéales, d’autant plus que la météo est de notre côté depuis le début de la semaine. Je suis quand même impressionné de ce qu’on retrouve. »

Fort d’une expérience de 16 saisons sur le circuit de la Coupe du monde, Guay a décelé certaines ressemblances entre la piste super-G du Mont-Édouard et celle d’Adelboden, en Suisse, à quelques différences près, dans le sens où la descente de L’Anse-Saint-Jean commence plus à pic et termine plus doucement, alors que c’est l’inverse en Suisse.

Coupe du monde et centre d’entraînement

Avec cette abondance de bons commentaires, est-ce que le Mont-Édouard pourrait éventuellement recevoir une étape de la Coupe du monde ? Erik Guay aimerait croire que oui, mais certains éléments sont à considérer. Par exemple, la ligne d’arrivée des épreuves de slalom de lundi et mardi était située en milieu de piste, ce qui n’est pas permis par la Fédération internationale de ski (FIS).

« Je ne sais pas s’il y a des façons de contourner cette règle, mais il faudrait y voir, a mentionné Guay. Il reste que la piste est bien préparée, elle est de tendance Coupe du monde, les gens veulent que ça ait lieu ici et ils sont accueillants, mais je n’ai pas toutes les informations sur les normes et sur ce qu’on peut faire pour recevoir une coupe du monde. »

Le Mont-Édouard serait également intéressé à devenir un centre national d’entraînement de Canada Alpin. Présentement, le centre national est situé à Calgary, ce qui n’est pas optimal, convient Erik Guay. Sauf que Mont-Tremblant a déjà affiché ses couleurs auprès des décideurs, et le skieur retraité préfère laisser le champ libre à ceux qui ont le pouvoir de trancher.

Guay nage entre deux eaux, lui qui s’implique avec le club local de Tremblant, où ses filles s’entraînent.

« C’est sûr que le Mont-Édouard a des avantages, a-t-il affirmé. Il y a beaucoup de neige tôt et tard dans la saison, donc ça fait en sorte qu’on peut s’entraîner de novembre à mai. Par contre, on se retrouve un peu plus loin. Il y a des forces et des faiblesses, mais de ce que je vois comme site d’entraînement, c’est vrai que le Mont-Édouard a pas mal de qualités. »

Changements nécessaires

Erik Guay est d’avis que des changements sont nécessaires au sein de Canada Alpin, car situé à Calgary, le centre national d’entraînement est trop loin de l’élite. Les skieurs de l’est du Canada, dont ceux du Québec, choisissent parfois d’aller s’entraîner en Europe pour parfaire leur art.

« La qualité d’entraînement est meilleure en Europe et ça revient moins cher que d’aller à Calgary », a-t-il soulevé, ajoutant qu’il aimerait que les concepteurs de pistes soient plus audacieux.

« On ne donne pas assez de défis à nos jeunes, a-t-il remarqué. Ils en veulent plus et on peut leur en donner plus. Je ne sais pas pour quelle raison en particulier, mais quand je regarde du côté de l’Europe, les pistes ont davantage de virages brusques, et ce, en bas âge et à tous les niveaux. Ça fait un meilleur skieur parce qu’évidemment, ça prend une meilleure technique pour effectuer des virages. Je pense qu’on pourrait s’aider si on avait des parcours beaucoup plus “tournants”. Par contre, il y a beaucoup d’intérêt pour le ski et on voit une grande implication dès un jeune âge. Je ne vois donc pas pourquoi on ne pourrait pas développer des athlètes de niveau international de façon régulière. »

Erik Guay a passé une partie de la semaine au Mont-Édouard. Il pose en compagnie de Daniel P. Lavallée, directeur général de Ski Québec alpin.