Âgée d’à peine 14 ans, la Saguenéenne Jenny Boutin fait officiellement partie de la relève canadienne des athlètes en arc recourbé. Elle en est aussi la plus jeune athlète. L’archère, qui est ici accompagnée de son entraîneur Marc D. Gagnon, nourrit de grandes ambitions.

Jenny Boutin, membre de la relève nationale du tir à l’arc à 14 ans

Même si elle n’est âgée que de 14 ans, Jenny Boutin, du Club-école tir à l’arc Saguenay, fait maintenant partie des archers de la relève canadienne dans les équipes avec arc recourbé. La Saguenéenne est d’ailleurs la plus jeune athlète de l’équipe à avoir été sélectionnée.

« Jenny a participé à un camp en Floride en mai dernier et elle a surpris, explique son entraîneur, Marc D. Gagnon. À l’époque, elle n’avait que 13 ans et ils trouvaient qu’elle était un peu trop jeune. Elle a ensuite participé à un deuxième camp en Ontario où elle s’est fait remarquer par une entraîneure nationale, Joan MacDonald, qui veut absolument qu’elle participe à des compétitions canadiennes. »

Outre la qualité de sa technique, la jeune athlète a aussi impressionné par sa capacité à composer avec la pression et sa maturité en dépit de sa jeunesse.

« Leith Drury, une psychologue sportive collaborant avec nos équipes nationales, a dit que, malgré son jeune âge, Jenny a développé plus de qualités nécessaires à des athlètes de haut niveau que bien des archers beaucoup plus âgés », souligne Marc D. Gagnon.

« Quant à l’entraîneure Joan MacDonald, elle l’a résumé un peu plus succinctement en me disant, lors des matches du Championnat du Québec à Sherbrooke en septembre dernier, que Jenny était une adversaire très coriace (« a tough customer ») ! Jenny venait en effet de remporter un match contre une archère sélectionnée pour le Championnat du monde de la jeunesse et un autre duel en tir de barrage contre une jeune fille beaucoup plus âgée », met-il en relief.

La sélection de sa protégée impliquera la participation à des camps tenus un peu partout à travers le Canada.

« D’ailleurs, en janvier, nous irons à Toronto, souligne l’entraîneur-chef du club-école. Nous sommes également en train de réfléchir à une possible participation à une compétition de calibre international en catégorie cadet au Guatemala au début mai. »

Jeux de la jeunesse 

Car l’objectif au Guatemala serait de permettre à la jeune prodige d’aller chercher de précieux points pour son classement international. La Saguenéenne fait officiellement son entrée en catégorie cadet et elle est maintenant admissible au classement international.

« Cette année, ce sera sa première véritable saison dans le calibre cadet (l’an dernier, elle était surclassée) et on veut travailler pour qu’elle obtienne un classement mondial avec la compétition du Guatemala. De plus, cette compétition sert de qualification pour les Jeux olympiques de la Jeunesse », ajoute Marc D. Gagnon.

La jeune archère tentera donc de remporter un billet pour ces Jeux qui auront lieu à Buenos Aires, en Argentine, du 6 au 18 octobre 2018.

De bon augure

Pour sa part, Jenny semble composer très bien avec les défis qui se présentent à elle. La compétition en Floride était la plus importante compétition de sa jeune carrière. De fait, c’était la première fois que la jeune athlète tirait sur une cible située à 60 mètres. Et malgré ce challenge et le fait de rivaliser contre des adversaires un peu plus vieilles qu’elle, Jenny Boutin a conclu au 39e rang sur les 60 participantes.

« L’entraîneure nationale Joan MacDonald m’a dit que j’avais une belle technique et que j’avais fait mieux qu’elle pensait. J’étais contente parce que d’habitude, elle préfère travailler avec des athlètes un peu plus vieux », relate la jeune Boutin, qui s’entraîne quatre après-midis par semaine dans le cadre du programme sport-études de l’Odyssée Dominique-Racine.

Si elle prend part à la compétition de sélection au Guatemala, Jenny souhaite certes se qualifier.

« Mais si je dépasse mes objectifs personnels, je serai quand même satisfaite, et ce, même si je ne me suis pas qualifiée », nuance-t-elle.

La jeune archère et son entraîneur ont dans leur mire les Jeux olympiques de 2024. Ils sont évidemment conscients qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir d’ici là. Mais Jenny Boutin n’est pas du genre à ménager les efforts pour progresser, elle qui s’adonne depuis déjà la moitié de sa jeune vie à sa passion pour le tir à l’arc.

« J’aime ça parce que c’est un sport de compétition où tu essaies tout le temps de te surpasser et d’améliorer ta technique », résume-t-elle.

« Au camp d’entraînement (en janvier), je souhaite perfectionner ma technique et améliorer mes pointages ainsi que ma précision. »