Rares sont les équipes qui réussissent à gagner trois championnats consécutifs, peu importe la ligue. Le Bellemare tentera le coup au printemps prochain, alors qu’il est encore identifié comme le favori pour sabrer le champagne, dans la Ligue de hockey senior AAA du Québec.

Jamais deux sans trois à Louiseville?

TROIS-RIVIÈRES — La Ligue de hockey senior AAA du Québec lance, vendredi, une deuxième saison sous sa nouvelle appellation, avec 5 de ses 10 formations établies dans l’une des villes du territoire couvert par Le Nouvelliste.

Du lot, c’est le Bellemare de Louiseville qui commence l’année en tant que favori. Les Louisevillois ont établi des records l’an dernier durant la campagne et ils ont confirmé leur statut en mettant la main sur un deuxième championnat consécutif.

Peuvent-ils en décrocher un troisième de suite? La lutte s’annonce féroce dans le circuit présidé par Michel Dorais.

Bellemare de Louiseville

S’il y a une équipe avec une cible dans le dos en ce début de calendrier, c’est le Bellemare, qui salue le retour derrière le banc de Dean Lygitsakos, l’un de ses bâtisseurs.

«Si on gagne, c’est normal, mais si on perd, ce sera de ma faute. C’est un beau challenge», soutient l’homme de hockey, dont le recrutement a été assez lucratif.

Si le Bellemare a perdu les services d’Olivier Jodoin, Julien Leduc et Marc-Antoine Boucher, ils ont mis la main sur le défenseur Mikael Sabourin et Francis Charette. Ce dernier pourrait devenir l’un des meilleurs joueurs de la LHSAAAQ. Danick Poirier et Fabien Laniel s’amènent aussi au pays du sarrasin.

«On regarde plus que les C.V.», assure Lygitsakos. «À Louiseville, le “je” n’existe pas. Nous avons connu une année extraordinaire, mais si nous voulons encore gagner, ce sera le championnat le plus difficile à aller chercher. L’écart s’est rétréci, j’en suis persuadé.»

Pour Lygitsakos, les Loups, le Climatisation Cloutier et le Métal Pless seront les principaux rivaux sur la route du Bellemare vers une troisième conquête.

Climatisation Cloutier de Cap-de-la-Madeleine

C’est un retour au bercail pour Éric Haley, qui prend les rênes du Climatisation Cloutier. Ne vous fiez pas à la fiche de 0-4 du club pendant le calendrier préparatoire, les Madelinois ont dû en découdre avec les Loups et le Bellemare. Plusieurs réguliers étaient d’ailleurs absents.

«Pour notre première fin de semaine de la saison, nous miserons sur 95% de l’alignement», se réjouit Haley, heureux d’avoir pigé l’attaquant droitier shawiniganais Antoine Masson, un ancien des Stingers de l’Université Concordia.

Billy Lacasse et Marc-André Carré effectuent quant à eux des retours dans la LHSAAAQ. Bref, Haley estime qu’il a renfloué son potentiel offensif, malgré le départ de son centre numéro un Anthony Verret vers la Ligue nord-américaine de hockey. Le Climatisation Cloutier attend aussi des nouvelles d’Alexandre Mentink, qui participe présentement au camp du Beast de Brampton dans l’ECHL.

Septièmes en 2017-18, les hockeyeurs du Cap ont dans leur mire le top-4 du circuit. «Toutes les équipes veulent éviter la première ronde, car tout peut arriver dans une série 2 de 3. Si nous faisons un bond de trois rangs au classement, ce sera une belle progression pour nous», avance Haley.

Les Maxime Sanon, Cédrik Fafard et Gabriel Mailhot feront de nouveau de l’aréna Jean-Guy-Talbot un endroit hostile pour les équipes visiteuses. «On invite les gens à venir à l’aréna! Leur équipe sera un beau mélange de finesse, de vitesse et de robustesse.»

Condor de Nicolet

Le hockey senior est de retour à l’aréna Pierre-Provencher de Nicolet, où le Condor de Saint-Cyrille établira ses quartiers généraux.

C’est toutefois sans Gaby Roch, figure bien connue dans l’entourage du Condor, que cette transition s’effectuera. Roch a décidé de poursuivre son cheminement en tant que directeur général et entraîneur associé à Joliette.

Les Loups de La Tuque figurent parmi les prétendants au titre.

Maxime Bélanger lui succédera. «C’est une bonne nouvelle de revenir à Nicolet. J’ai été entraîneur dans cette ville pendant quelque temps, les gens adorent le senior, on a hâte que ça commence», partage celui qui misera essentiellement sur le même noyau offensif.

Sur le plan du leadership, Anthony Lafleur-Lebel sera le capitaine, secondé par Miguel McKinnon, Alexis Millette et Alexandre Gauthier. En 2017-18, le Condor avait connu une excellente deuxième moitié de saison, avant de s’incliner en demi-finale contre La Tuque.

«J’ai confiance en notre club. Je veux qu’on soit la formation la plus efficace de la ligue sans la rondelle. Ça veut dire que les gars devront adopter mon système de jeu. J’avoue que je ne connais pas encore toutes les équipes de la ligue, mais la seule qui m’importe, c’est la mienne.»

Bélanger s’attend à assister à la naissance d’une belle rivalité avec Bécancour. «Ce sera l’une des plus intéressantes du circuit.»

Formule Fitness de Bécancour

L’une des équipes les plus jeunes de la ligue, avec une moyenne d’âge à 23 ans! Le retour du Condor à Nicolet amènera encore plus d’enthousiasme dans une ville qui a prouvé, l’an dernier, qu’elle méritait sa place dans le cercle du hockey senior québécois. «Ce sera l’une des belles rivalités», s’enthousiasme l’entraîneur-chef Kevin Desrochers, dont les protégés ont flirté avec le deuxième rang du classement général en 2017-18. Tout cela après avoir hérité d’une liste de protection de Lac-Mégantic peu impressionnante.

«Nous avons fait un bon repêchage et par la suite, les gars ont suivi notre plan. Je m’attends à une autre belle saison. Louiseville et La Tuque semblent avoir un petit avantage, mais pour le reste du plateau, ce sera très serré. On peut encore causer de belles surprises.»

Desrochers accueille plusieurs visages connus à l’aréna Roland-Rheault, auxquels se greffent des petits nouveaux. Parmi eux, il y a l’attaquant Justin Vachon et le défenseur Guillaume Rioux-Legault, sur qui Desrochers fonde beaucoup d’espoir. «Nous avons amélioré notre défensive et la profondeur en attaque. Certains soirs, s’il y a des vétérans qui n’ont pas la pédale au plancher, ce ne sera pas difficile de faire jouer des jeunes. On pourra passer des messages, s’il le faut.»

Devant le filet, le Formule Fitness saluera le retour de Dany Dallaire, qui secondera Nicolas Lachance.

Loups de La Tuque

L’avenir de la concession en a inquiété plusieurs en Haute-Mauricie au terme du dernier parcours éliminatoire, qui a vu la meute de Tommy Gauthier atteindre la finale du circuit, contre Louiseville.

La bonne nouvelle, c’est que les Loups sont de retour et qu’ils devraient encore figurer parmi les favoris pour le championnat. À sa troisième année derrière le banc, Gauthier a ajouté de la vitesse à son alignement, déjà bien garni à ce chapitre.

Le défenseur Louis-Patrice Giguère (8 points en 4 matchs préparatoires), l’homme à tout faire Nicolas Bachand et Tommy Veilleux, dont le frère jumeau Steven garde les buts, se retrouvent parmi les principales acquisitions.

Les Tommy Tremblay, Carl-Antoine Delisle, Charles Bergeron, Mathieu Papineau et Maxime Vachon sont encore tous là. «On doit soigner notre jeu défensif, je ne dirais pas non à l’ajout d’un bon arrière fiable», partage Tommy Gauthier, conscient que les attentes seront encore élèves au Colisée Denis-Morel.

«Au printemps dernier, nous avons affronté le Bellemare avec une équipe amochée, même Louiseville le reconnaissait. Nous ne serons pas loin d’eux cette année.»

Et les autres...

À Plessisville, le Métal Pless de Mario Roy hérite de la liste de protection du Big Foot de Saint-Léonard-d’Aston, déménagé à quelques kilomètres en raison de difficultés financières.

Des joueurs comme Jason Pitt, Jérémie Beauchemin et Alexandre Caron ont suivi l’équipe à Plessisville, alors que l’ancien des Cataractes Félix-Antoine Bergeron se joint au groupe.

À Windsor, l’entraîneur Simon Robidas a promis des jours meilleurs aux partisans, tandis que André Lachance, parti de Louisevillle à Joliette, espère faire des Sportifs un club plus compétitif, eux qui ont fini derniers en 2017-18.

L’équipe de Waterloo, pilotée par Miguel Fortin, est aussi confiante d’améliorer sa sixième place de l’année passée, forte d’un rendement de 3-1 en présaison.