Marianne St-Gelais
Marianne St-Gelais

Il y a dix ans, la première médaille olympique de Marianne St-Gelais

Il y a dix ans jour pour jour, la Félicinoise Marianne St-Gelais remportait sa toute première médaille olympique aux Jeux de Vancouver 2010. La comète blonde, qui célébrait ses 20 ans ce jour-là, avait créé la surprise en cueillant l’argent au 500 m en patinage de vitesse courte piste, devant ses parents et sa sœur Marjorie, sur place pour l’occasion. Un véritable conte de fées dont se souviennent encore avec bonheur ses parents, Francine Privé et Gaétan St-Gelais.

La famille St-Gelais ignorait à l’époque que l’aventure olympique allait se poursuivre jusqu’en 2018, mais déjà, les Jeux de 2010 avaient un cachet spécial, qu’ils n’ont jamais revécu. D’autant plus que le podium de Marianne au 500 m était inattendu, sa coéquipière Kalyna Roberge étant la favorite dans le camp canadien pour rivaliser avec l’intouchable Chinoise Wang Meng.

Les St-Gelais étaient déjà comblés de voir Marianne en finale, lorsqu’elle a franchi l’arrivée au 2e rang, ce fut l’apothéose. «Depuis que nous sommes arrivés à Vancouver que nous avons l’impression que c’est un rêve, que c’est un Wonderland, un Disney World », avait imagé Francine Privé.

Dix ans plus tard, les souvenirs restent tout aussi magiques. « Quand on y repense, ce sont les mêmes émotions qui remontent. C’était plus qu’un rêve parce qu’elle n’était pas dans les favorites. C’était différent (des autres Jeux) parce que nous n’avions pas d’attentes. Déjà, qu’elle aille aux Jeux, le rêve était atteint. C’était incroyable ! En plus, ça se passait au Canada ! », rappelle Francine Privé, en entrevue téléphonique.

À ses premiers Jeux olympiques à Vancouver en 2010, la Félicinoise Marianne St-Gelais avait suscité une immense vague de fierté régionale en remportant la médaille d’argent au 500 m (photo), puis au relais féminin.

Source de fierté

Le couple est fier de ce qu’a accompli leur fille et les bons souvenirs affluent quand ils regardent les photos et souvenirs des Jeux de Marianne, regroupés dans des cadres dans l’une des pièces de la maison familiale. « On a encore plein d’albums et des cadres avec toutes les photos de Marianne. Il y avait la fameuse chanson thème des Jeux de Vancouver (J’imagine/I believe) interprétée par Annie Villeneuve lors de la cérémonie et je ne suis pas capable de l’entendre sans pleurer. Pour la cérémonie des médailles à Vancouver, même si Marianne en a eu d’autres après, ce n’était pas pareil. C’était la première fois qu’elle avait une médaille. Elle rentrait dans un cercle des médaillées. Tu ne sais pas quelles émotions tu vas avoir. C’est comme tout nouveau. Ça monte en crescendo et quand c’est la cérémonie des médailles le lendemain, c’est encore plus gros et il y a la foule en plus », raconte Mme Privé.

« Pour nous, à Vancouver, il y avait un plus parce que c’était chez nous. Partout où on allait, tout le monde était habillé en rouge avec le drapeau du Canada. On n’a jamais revu ça ailleurs. En Russie, c’était moins concentré et il y avait moins de monde. À Pyeongchang, il n’y avait pas de concentration de Coréens avec les drapeaux. C’était plus limité aux sites. Ce n’était pas aussi euphorique. À Vancouver, on aurait dit que tout le Canada était dans les rues », image le couple félicinois.

Évidemment, les parents sont fiers de leur fille, qui, à l’époque, avait charmé le monde par sa spontanéité et sa joie de vivre. « À Saint-Félicien, il reste quelque chose de Marianne. Chaque fois qu’on passe devant le centre récréatif, c’est spécial comme feeling », avouent ceux qui se relanceraient dans l’aventure sans hésiter. « C’est quelque chose qu’on recommencerait demain matin. Même si ce n’était pas toujours facile, il y a eu vraiment de beaux moments. C’est comme un voyage, on se rappelle des beaux moments », fait valoir le paternel, Gaetan St-Gelais.

« On trouvait ça plaisant que les gens nous en parlent et la fierté qu’il y avait pour Marianne. C’est notre enfant. On racontait toujours les mêmes affaires. On dirait qu’on le réalise encore plus après en avoir vécu deux autres (Jeux). Après Sotchi, les gens étaient juste pour ne pas se détourner de nous parce qu’ils ne savaient pas comment réagir. Ils étaient déçus, déçus pour nous aussi, se souvient Francine Privé, qui était bien consciente des attentes des gens après les succès de Vancouver. On s’est rendu compte que c’était différent à Sotchi, puis à Pyeongchang. On a vu que ce n’était pas facile d’avoir une médaille même quand on est dans les favorites. »

Dix ans se sont écoulés depuis les Jeux de Vancouver où la Félicinoise Marianne Saint-Gelais a remporté sa première médaille olympique, l’argent, au 500m. Pour ses parents, Francine Privé et Gaétan Saint-Gelais, c’était aussi le début d’une grande aventure qui s’est poursuivi à Sotchi en 2014 et à Pyeongchang en 2018. Mais de tous les souvenirs qu’ils ont cumulés, Vancouver reste le plus spécial à tous points de vue.

Fête remise

Les parents de Marianne avaient prévu organiser une fête familiale pour les 30 ans de Marianne et les fêtes de ses sœurs et de son frère qui se suivent tous, mais il faudra attendre parce que la pétillante Félicinoise est partie prendre du bon temps avec son copain dans le Sud. « Elle n’était pas au courant, parce que c’est son chum qui l’avait organisé, alors le party a pris le bord », rigolent-ils.

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LA RÉGION BIEN REPRÉSENTÉE

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean était fort bien représenté aux Jeux de Vancouver 2010. Outre Marianne St-Gelais en patinage de vitesse, on retrouvait également la Baieriveraine Valérie Maltais qui vivait elle aussi ses premiers Jeux. En snowboardcross, le Jonquiérois François Boivin faisait office de vétéran, lui qui avait participé aux Jeux de Turin auparavant. Enfin, Jean-Pierre Turcotte avait pour sa part vécu ses premiers Jeux en tant qu’officiel au biathlon. Côté culturel, il y avait aussi la Jonquiéroise Annie Villeneuve qui interprétait la chanson-thème des Jeux, «J’imagine/I believe».