Le tragique accident routier qui a décimé l’équipe des Broncos de Humboldt, vendredi, à Tisdale en Saskatchewan, a eu un impact partout dans le monde. À Saguenay, le personnel du Groupe Intercar a été touché par la mort du chauffeur de l’autocar qui leur rappelle les risques du métier.

Humboldt: Hugo Gilbert sera à l'écoute de son personnel

L’accident tragique impliquant l’équipe de hockey des Broncos de Humboldt, en Saskatchewan, a un impact sur le milieu des transporteurs. Président du Groupe Intercar, Hugo Gilbert s’attend à ce que ce drame survenu vendredi soit au cœur des discussions de son personnel de chauffeurs pendant une bonne partie de la semaine.

Sur la page Facebook d’Intercar, on pouvait lire le message suivant: « En tant que transporteur d’équipes sportives, cette nouvelle nous touche particulièrement. Nos sincères pensées et condoléances aux familles des victimes. »

Joint dimanche, Hugo Gilbert n’avait pas encore pu prendre le pouls de son personnel, mais il le fera dès lundi. « C’est sûr que lundi, ce sera probablement LE sujet de discussion au bureau lorsque les chauffeurs d’autocar viendront prendre leurs assignations. »

« L’un de nos conducteurs a d’ailleurs mis sur Facebook une pensée pour le chauffeur décédé lors de la collision mortelle contre un semi-remorque. Sans se connaître, c’est comme une fraternité et pour eux, c’est toujours bouleversant de voir l’un des leurs qui décède au volant », mentionne Hugo Gilbert, dont l’entreprise assure le transport de trois équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (Saguenéens de Chicoutimi, Remparts de Québec et Drakkar de Baie-Comeau), en plus de plusieurs équipes de hockey mineur et scolaire.

Pendant 225 jours par année, une vingtaine d’autocars de l’entreprise est dédiée au transport de groupes. « Ça représente 4500 groupes annuellement. Et ça n’inclut pas les jeunes qu’on transporte à l’école et les liaisons interurbaines. Toutefois, il est rare que l’on voit des accidents d’autocars avec un taux de fatalité de 50 % (15 sur 28) comme en fin de semaine. Ça nous rappelle que ça peut arriver. Cette semaine, (nos chauffeurs) vont certainement rouler en pensant à ça », estime-t-il.

Des risques

Car malgré toutes les mesures de sécurité mises de l’avant, ce métier comporte des risques. Au sein du Groupe Intercar, le dernier accident mortel à déplorer date de 1999, alors qu’un autocar était entré en collision avec un semi-remorque dans le cadre des liaisons interurbaines. Une personne avait perdu la vie.  

Plus récemment, en novembre 2016, un autocar de l’entreprise a fait une sortie de route près de Chibougamau, avec à son bord trois équipes de basketball du Séminaire de Chicoutimi. Rien de comparable avec l’accident de vendredi, même si deux personnes avaient subi des blessures nécessitant des soins. Le conducteur a été affecté et n’a pas été en mesure de reprendre le volant immédiatement.

« Il avait été ébranlé et il avait été à l’écart de la route pendant quelques semaines, confirme M. Gilbert. Ç’a pris un petit bout de temps avant qu’il reprenne le volant. On l’a aidé et il est revenu plus fort. Mais il reste que ç’a été une expérience déroutante et que c’est quelque chose qui nous bouleverse parce que nous avons la vie de tous ces gens entre nos mains. »