Jeune espoir du vélo de montagne, Victor Verreault a renoué avec plaisir avec la compétition au début du mois au centre Tobo-Ski, à Saint-Félicien.

Guéri du cancer, Victor Verreault de retour à la compétition

Habitué à surmonter les obstacles en compétition de vélo de montagne, Victor Verreault a conservé la même attitude face à la maladie de Hodgkin lorsque le verdict est tombé au début mars. Le Félicinois a fait face avec succès à cette forme de cancer des ganglions lymphatiques, si bien que deux mois plus tard, les médecins confirmaient que toutes traces de l'insidieux crabe avaient disparu.
En entrevue téléphonique, l'athlète de 17 ans confirme que sa guérison a été très rapide. Évidemment, sa condition d'athlète n'est pas étrangère à cet impressionnant retour à la santé, le jeune homme pointe aussi tout le support prodigué par ses proches et ses amis.
« Ma famille a été là pour moi. Ma mère (Mychèle Bergeron) m'a soutenu et accompagné durant tous les traitements. Mon père (Guy) et mon frère (William) m'ont aidé quand je filais moins bien. » Cette période n'a pas été facile pour celui qui était suivi au CHUL de Québec. « J'ai reçu des traitements en bloc de 28 jours. J'allais cinq jours consécutifs à Québec, puis je revenais chez moi. Le jour 8, je recevais un traitement à Roberval. Le jour 15, je retournais à Québec pour un traitement et je revenais chez moi pour 13 jours. » Sa bonne condition physique l'a aidé, en faisant en sorte de moins ressentir les effets secondaires qu'une autre personne en moins bonne forme.
Lorsqu'il a reçu la confirmation de sa guérison en mai, Victor avoue qu'il nourrissait des sentiments partagés. « Après mon deuxième mois de traitements (de chimio), ils ont vu qu'il n'y avait plus de traces du cancer, mais ils m'ont donné un troisième traitement (début juin) afin de prévenir tout risque de rechute. C'était bizarre parce qu'ils m'ont dit que j'étais guéri, mais j'ai quand même reçu un autre traitement. J'ai donc fêté à moitié, parce que les traitements, ce n'est pas une partie de plaisir ! En plus, je savais que les effets secondaires seraient encore plus importants parce que ça s'accumule à long terme. Le troisième mois a donc été un peu plus dur, mais au moins, je me disais qu'après, c'était fini », raconte celui qui a été remis sur pied à temps pour vivre son bal de finissants.
Vivre un tel combat aussi jeune a évidemment changé sa perception de la vie. « Ce que je retiens, c'est de profiter de la vie parce qu'on ne sait jamais à quoi s'attendre. C'est une malchance qui m'est arrivée à moi, mais ça aurait pu arriver à n'importe qui probablement. Les médecins me l'ont dit : ce n'est pas parce que je mange bien et que je fais attention à mon corps que je suis à l'abri. Ça peut arriver à n'importe qui. »
Mentalement, il se sent un peu plus fort. « Je vois la vie différemment. C'est sûr que j'en profite plus depuis que je suis guéri. Il y a plein de petites choses que j'apprécie. Comme pendant mes traitements, j'avais de la misère à dormir. Je vois maintenant combien c'est important de bien dormir et que c'est le fun de dormir », cite en exemple celui qui entreprendra des études en comptabilité/gestion au Cégep de Saint-Félicien.
« Vic the crab »
Ses amis lui ont aussi apporté un précieux soutien, même s'il ne pouvait les voir aussi souvent qu'à l'habitude. En effet, il ne pouvait plus aller à l'école en raison des risques d'infection parce que son système immunitaire était affaibli. Cela dit, il pouvait les recevoir chez lui ou se rendre chez eux, en s'assurant que personne n'avait de virus.
Ces derniers lui ont aussi réservé une belle surprise en mai en organisant une équipe pour le Relais pour la Vie. Mise sur pied par son grand ami Cédric Perron, l'équipe « Victhecrab », en référence au cancer de Victor, a réussi à amasser l'impressionnante somme de 17 000 $. « C'était le fun de pouvoir aider les autres aussi, surtout que mes amis avaient préparé ça en cachette, commente le jeune homme. Ils ont fait ça pour moi, mais en même temps, on va pouvoir aider plein d'autre monde ! », a-t-il conclu, visiblement heureux de cette belle initiative de ses amis.
Les yeux vers 2018
En entreprenant un combat contre le cancer, Victor Verreault a dû mettre sur pause une saison de vélo de montagne qui s'annonçait du tonnerre. « J'avais de grandes ambitions parce que j'étais dans ma deuxième année en catégorie junior Expert. L'an dernier, à ma première année, j'avais fini 6e aux Championnats canadiens », convient le jeune espoir du vélo de montagne
Le 9 juillet, il a renoué avec la compétition en participant au contre-la-montre des Championnats québécois tenus à Saint-Félicien. « Ç'a quand même bien été, considérant mon état. Peut-être pas comparé aux autres, mais j'étais très content de ma performance », assure celui qui estime avoir fait un bon temps pour ce premier retour en compétition. Le Félicinois compte d'ailleurs prendre part à d'autres compétitions. « Je vais prendre ça plus relax pour le reste de l'été et je vais m'amuser ».
Comme il se retrouvera dans une nouvelle catégorie l'an prochain, il recommencera à s'entraîner cet hiver. « L'an prochain, ce sera une grosse étape à franchir, surtout que je vais avoir raté une année, estime-t-il. Dans ma catégorie (junior Expert), les athlètes y sont pendant deux ans. En U23, ils y sont pendant cinq ans. Je vais donc courir contre d'autres athlètes qui y seront depuis cinq ans. Ça va être dur d'être aussi en forme que si j'avais continué tout le temps. »
Enfin, son retour sur les sites de compétitions attire évidemment l'attention. Il constate que les gens ne savent pas vraiment comment l'aborder. « C'est comme un sujet délicat. Ça ne me dérange pas trop d'en parler, même si je ne veux pas en parler tous les jours pour le reste de ma vie ! », lance en riant le jeune homme.