Jude Dufour et Léandre Bouchard vont tout mettre en oeuvre pour réussir leur unique objectif, envoyer Léandre aux Jeux olympiques de Tokyo.

Grosse année pour Léandre Bouchard

Après une excellente fin de saison 2019, l’Almatois Léandre Bouchard aura du pain sur la planche en 2020 alors qu’il tentera d’obtenir sa place pour les Jeux olympiques de Tokyo, prévus du 24 juillet au 9 août.

Avec notamment une 14e position en Suisse en juillet, Bouchard a réussi à grimper au classement mondial, mais surtout à enregistrer un top-16 essentiel à une qualification olympique. Il pointe désormais au 31e rang mondial, une position qui lui assure une place dans les épreuves de short track, lesquelles permettent de mieux se positionner sur la ligne de départ du cross-country et par le fait même d’amasser plus de points au classement.

L’entraîneur de Léandre Bouchard, Jude Dufour, dresse un bilan très positif de la saison de son protégé, et ce, malgré un début de saison un peu plus difficile en raison d’un virus qui a affecté ses performances durant quelques semaines. « Si ce n’était pas de ces deux coupes du monde, on parlerait presque d’une saison parfaite. C’est une année intéressante du point de vue des résultats, surtout en fin de saison. On pense que Léandre est de calibre pour être dans le top-10. »

M. Dufour estime que la régularité de Léandre a été à l’origine de ses succès. « On n’a peut-être pas eu le gros résultat espéré, mais Léandre a démontré une belle régularité sur la scène internationale. »

Le vététiste de 27 ans en était aussi à une première saison avec sa nouvelle équipe, Pivot Cycles-OTE, une formation entièrement québécoise. « Léandre s’est plu à côtoyer ses compatriotes québécois », souligne Jude Dufour.

La saison d’une vie

Le début de 2020 sera très important pour l’Almatois qui tentera d’obtenir son billet pour les Jeux. Au menu, une date est encerclée à de multiples reprises, celle du 24 mai, où se tiendra la Coupe du monde de Nove Mesto en République tchèque. « Ça va être la course qui va faire que ça passe ou ça casse. Les autres courses vont être préparatoires pour amener Léandre à faire la course de sa vie le 24 mai », avoue Jude Dufour.

Le parcours de cette étape convient au style de Léandre, qui a connu du succès par le passé sur le tracé tchèque. « L’année dernière, Léandre a eu un bris mécanique dès le départ et il s’est retrouvé dernier. Il a fait 97 dépassements pour terminer 39e. En 2016, il a fait un top-20. C’est un parcours qui s’agence bien avec les qualités de Léandre », raconte Jude Dufour.

L’enseignant de formation ne cache pas que la saison 2020 n’a qu’un seul objectif, les Jeux olympiques. « On y a goûté une fois à Rio en 2016 et présentement, il y a une seule chose qui compte. On sait que ça va être difficile, mais 2020 pourrait nous réserver une surprise. Je pense qu’il a encore du jus dans le réservoir. On essaie de faire nos devoirs pour conjuguer les aspects mental, émotionnel et physique vers un jour J où Léandre va faire la course de sa vie. »

Son sort pourrait cependant dépendre des autres, chose que ni lui ni son entraîneur ne peuvent contrôler. Actuellement au 11e rang du classement olympique, le Canada pourrait devoir se contenter d’un seul vététiste. Seules les sept premières nations peuvent en envoyer plus d’un. La lutte sera donc serrée entre Bouchard et son compatriote, l’Ontarien Peter Disera. « On ne contrôle pas ce que les autres font, alors on doit se concentrer et donner tout ce qu’on a. Cyclisme Canada veut un gars qui performe en 2020. Peter a eu le dessus en 2019, mais si Léandre arrive avec un début de saison monstrueux, on va les faire réfléchir », exprime avec aplomb Jude Dufour.

Un programme intense

Un bon début de saison commence par une bonne préparation. « On a devancé la préparation générale d’un mois. Léandre s’entraîne déjà avec beaucoup de volume. Il est un athlète mature et il est capable de prendre plus de volume de courses et d’entraînement », de dire M. Dufour.

L’élément clé de son travail est la puissance aérobique maximale. « On va travailler sur la puissance et son système aérobique. On veut que Léandre puisse faire un meilleur départ. Il est très fort en fin de course, mais il faut subir le stress du départ. C’est un effort violent et il ne faut pas l’échapper. On aimerait qu’il soit en mesure de s’accrocher au groupe de tête pour les deux premiers tours », explique son entraîneur.

Pour la Coupe du monde de Nove Mesto, Dufour accompagnera son poulain en Europe, et ce, deux semaines avant la course, afin de s’acclimater au décalage horaire et mettre toutes les chances de leur côté.