Écrire un premier roman n’est pas simple. John Alejandro Gonzalez a consacré plusieurs mois à faire des recherches avant de donner vie à ses personnages.

Gonzalez troque les gants pour la plume

En 2016, le boxeur professionnel John « El Matador » Gonzalez doit renoncer à faire carrière dans le ring après avoir été diagnostiqué d’une maladie génétique rare. Qu’à cela ne tienne, au lieu de sombrer dans la déprime ou l’alcool, il se tourne vers son autre passion : l’écriture. Le cheminement n’a pas été simple, mais le 10 avril, au Salon du livre de Québec, il pourra enfin dévoiler son tout premier roman, Le réveil de l’assassin, publié aux éditions ÉdiLigne Inc.

« J’ai toujours voulu écrire un roman, confie l’homme de 34 ans qui s’est installé au Saguenay en 2001. J’écris depuis l’âge de neuf ans. Ça date de mon adolescence, à l’époque où j’étais en Colombie. J’écrivais des chansons, des poèmes, mais je ne m’étais jamais lancé dans l’écriture d’un roman. En 2016, je fréquentais une copine qui travaillait à l’hôpital et un soir, elle pleurait en me racontant l’histoire d’un patient que j’ai trouvé vraiment touchante. J’ai voulu écrire un peu sur ce sujet. Depuis, l’histoire que j’avais en tête a changé, mais ça reste un peu dans la même lignée. De l’impact que peut avoir un acte violent non seulement sur la victime, mais sur tout son entourage et parfois au-delà. »

Pourquoi avoir choisi le roman policier ? « D’emblée j’aime lire des romans policiers, mais aussi des romans à l’eau de rose. J’aime beaucoup lire Nicholas Sparks, Guillaume Musso, Marc Lévy, Paulo Coelho, etc. » Toutefois, il a été surpris par la somme de travail qu’exige l’écriture d’un roman.

Lorsque la maladie l’a forcé à renoncer à la carrière de boxeur professionnel, le Saguenéen d’origine colombienne, John Alejandro Gonzalez, s’est tourné vers son autre passion, l’écriture. Ses deux passions se côtoient d’ailleurs dans l’endroit où il a laissé couler son imagination pour la rédaction du premier de trois romans policiers.

« C’est énormément de recherche. Je ne m’attendais pas à ça. Et comme c’était mon premier roman, il y a eu beaucoup d’essais/erreurs », souligne celui qui avait même renoncé à poursuivre son projet. « Puis j’ai commencé à lire un livre de Guillaume Musso, La fille de papier, dont le personnage principal est un écrivain qui raconte comment il fait pour écrire ce roman, la biographie de ses personnages et qui explique pourquoi il fait cette démarche. C’était tellement logique que j’ai cessé de lire! J’ai effacé tout ce que j’avais fait sur mon ordinateur et j’ai recommencé à zéro, en faisant la biographie de mes personnages. Et c’est en faisant la biographie d’Aly que la collection est née. »

Toutes les pièces se sont emboîtées pour le premier tome de la collection Le fils de diamant. Après la publication du Réveil de l’assassin, le Saguenéen compte en effet rédiger deux autres romans complets en eux-mêmes. Aly sera toujours au cœur de l’histoire, mais il y aura un début et une fin pour chacun. « Le lecteur ne sera pas perdu s’il lit le deuxième sans avoir lu le premier, on ne sera pas perdu. »

Lancement régional

Une fois son premier roman terminé, J.A. Gonzalez l’a soumis à plusieurs maisons d’édition. Sur les trois réponses positives reçues, il a choisi la maison ÉdiLigne, conquis par ses propriétaires « humains et leur contact chaleureux ». S’il a une bonne idée de la version finale de son roman, il tiendra son livre entre ses mains pour la première fois le jour du lancement, à Québec. « Je vais avoir la surprise en même temps que tout le monde », lance-t-il en riant.

Comment anticipe-t-il ce grand jour ? « Je ne suis pas nerveux, mais juste excité. Moi, mon rêve était d’écrire un roman. Je l’ai fait et le jour où j’ai écrit le mot ‘‘fin’’, mon rêve était réalisé. Donc, pour moi, l’édition de mon roman est un bonus. »

Toutefois, comme il ne pouvait concevoir de ne pas partager le fruit de nombreux mois de travail avec son monde, au Saguenay, il a pensé à organiser un lancement régional, le 20 avril, au Club de boxe de Chicoutimi. Ce sera alors l’occasion de partager avec les siens l’une de ses plus belles réussites, « le résultat de la somme de mes plus douloureux revers », comme il le dit si joliment en référant à la période plus sombre qui l’a amené à se tourner vers l’écriture de ce premier roman.

Il est d’ailleurs en train d’écrire le deuxième tome et a déjà plein de projets d’écriture pour les prochaines années.

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UNE MALADIE ORPHELINE À APPRIVOISER

Lancée en 2013, la carrière du boxeur professionnel John A. Gonzalez allait bon train. Du moins jusqu’en 2016, car cette année-là, « El Matador » prenait part à un camp d’entraînement en vue d’un combat qui devait servir de tremplin pour la suite des choses, mais ça ne s’est pas déroulé comme il l’espérait. Il s’est mis à éprouver une importante fatigue et à avoir de la difficulté à récupérer après les entraînements.

« J’ai décidé d’arrêter pendant un moment. Puis, même au travail, j’avais de la difficulté à récupérer. Je suis tombé en arrêt maladie », raconte le plus saguenéen des Colombiens. Sans le savoir, il venait de mettre une croix sur sa passion pour la boxe, puisqu’on lui a diagnostiqué une maladie génétique rare appelée « Syndrome myalgique de l’homme fort ».

« Ça ressemble à la fibromyalgie. Ce sont des douleurs musculaires. Dans mon cas, ce sont d’importantes crampes qui surviennent et une grande difficulté à récupérer. À ces moments-là, il faut que je prenne un temps d’arrêt », explique celui qui apprivoise petit à petit ce syndrome qui fait partie des maladies orphelines.

« Le médecin m’a expliqué qu’il s’agissait d’une maladie génétique, qu’il faut avoir développé un certain pourcentage de masse musculaire et avoir été très actif, à un niveau élite. Mais lorsque tu ne le sais pas et que tu es un athlète, tu pousses tout le temps. Avoir mal, ça fait juste partie de la “game” et avant que ça fasse mal, ce n’est pas payant. Je commence à peine à l’apprivoiser (cette maladie), à apprendre à écouter les signaux de mon corps et à reconnaître les signes », explique celui qui se concentre maintenant sur son autre passion, l’écriture.

Pour l’aider à apprivoiser sa maladie, il est actuellement suivi par un neurologue du Saguenay et par un autre à l’Institut neurologique de Montréal. Il est également suivi par la clinique neuromusculaire de Jonquière.