Gilles Bouchard a dirigé les Huskies de Rouyn-Noranda pendant cinq saisons avant de faire le saut comme adjoint de Benoît Groulx dans la Ligue américaine de hockey, avec le Crunch de Syracuse.

Gilles Bouchard ne regrette rien

Gilles Bouchard n’est pas du genre à regarder derrière. L’an dernier, à pareille date, le Normandinois était entraîneur-chef des Huskies de Rouyn-Noranda. Quelques semaines plus tard, il acceptait l’offre de Benoît Groulx pour l’épauler derrière le banc du Crunch de Syracuse dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Même si un an plus tard les Huskies, maintenant dirigés par Mario Pouliot, ont soulevé la coupe du Président et la coupe Memorial, Gilles Bouchard ne regrette pas du tout sa décision. Tout s’était passé très rapidement à la suite du départ d’un adjoint avec le club-école du Lightning quelques jours avant le repêchage de la Ligue nationale en juin. « J’étais conscient de tout ça. Ç’a fait partie de ma réflexion. Je voulais avancer comme entraîneur, apprendre le hockey professionnel et la Ligue américaine, et améliorer mon anglais. Je suis le destin. Ce qui est arrivé aux Huskies, c’est tant mieux pour eux et pour les partisans. Rouyn-Noranda, c’est une ville extraordinaire que j’aime », exprime Gilles Bouchard qui a dirigé la formation de l’Abitibi pendant cinq ans, de 2013 à 2018.

« Je ne prends pas de crédit là-dessus. Je pense que ça revient aux gars en premier. Ce sont de petits gars qui ont été élevés ensemble et voulaient gagner. Ils s’étaient donné le mot au début de l’année qu’ils voulaient avoir une grosse saison, le premier étant Peter Abbandonato comme joueur de 20 ans. C’est un groupe de joueurs qui se tient avec une chimie incroyable. Ils ont été repêchés ensemble et se connaissent bien », mentionne l’entraîneur régional, donnant le crédit aux recruteurs de l’équipe. En effet, 22 des 25 joueurs de l’équipe ont été repêchés par les nouveaux champions canadiens.

« C’est incroyable quand on y pense. Il y a trois ans, on était en finale de la Coupe Memorial et trois ans plus tard, ils gagnent encore. Ça veut dire que le repêchage est important, mais aussi que toutes les rondes sont importantes. Rafaël Harvey-Pinard, tout le monde le sait qu’on l’a pris en 8e ronde, mais il n’y a pas juste lui. Ce n’est pas juste un mixte de choix de première ronde », note Gilles Bouchard, soulignant que la situation était très semblable en 2016.

« C’est vraiment une affaire d’équipe », indique celui qui a suivi à distance les résultats de son équipe, sans plus.

« J’étais vraiment occupé. Quand ça part, ça part. C’est un huit mois intenses. Je ne suis plus là. Je suis parti, j’ai pris une décision; c’est tout. Je ne voulais pas rester trop proche et commencer à m’ingérer ou poser des questions. Je ne me suis pas mêlé de rien », assure Gilles Bouchard, qui est allé voir les deux premiers matchs de la finale à Rouyn-Noranda, mais comme simple spectateur, sans aller voir les membres de l’organisation ou les joueurs.

Au cours des derniers jours, Gilles Bouchard s’est souvenu que lors d’une soirée à la suite du repêchage de 2017, il avait montré une vidéo résumant la saison 2015-2016, ce qui avait provoqué son lot de réaction chez les nouveaux membres de l’organisation et leurs parents. « Ils vont pouvoir refaire un autre montage et en montrer encore plus avec la coupe Memorial, se réjouit-il. Tu prends les outils que t’as et tu as plus de stock à montrer encore, ce qui fait en sorte de te donner une crédibilité incroyable. »

Gilles Bouchard a dirigé les Huskies de Rouyn-Noranda pendant cinq saisons avant de faire le saut comme adjoint à Benoît Groulx dans la Ligue américaine de hockey avec le Crunch de Syracuse.

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«ÇA SORT DE TA ZONE DE CONFORT»

Passer des rangs juniors aux professionnels ne se fait pas en criant ciseau. Malgré une adaptation importante durant les premières semaines, Gilles Bouchard trace un bilan très positif de sa première saison derrière le banc du Crunch de Syracuse. 

« C’est sûr que ça sort de ta zone de confort et de tes pantoufles », reconnaît Gilles Bouchard, qui, avant de s’amener comme adjoint de Benoît Groulx, occupait les doubles fonctions d’entraîneur et directeur général des Huskies. 

« Ton rôle change aussi en même temps. Quand tu es entraîneur-chef, c’est différent... C’est sûr qu’au début, ce n’était pas évident, mais un moment donné, tu pognes le beat », indique le Normandinois, avouant avoir eu besoin de sept ou huit rencontres avant que les choses tombent en place. 

« Au début, quand tu arrives, tu parles en anglais moyennement, tu te demandes quelle va être la réception des joueurs. J’ai été content de la manière dont ça s’est passé. On avait un bon groupe de joueurs et le respect était là », de faire part Gilles Bouchard, soulignant également le plus grand nombre de matchs avec un horaire plus intense. 

« Dans le junior, tu finis le samedi soir à Rouyn et tu ne rejoues que le vendredi suivant. Bang, tu arrives dans la Ligue américaine, où il y a plus de matchs. Les réalités sont différentes. Dans la Ligue américaine, ce ne sont pas des gars qui vont à l’école, mais une business. Les joueurs veulent s’améliorer pour atteindre le prochain niveau », raconte-t-il. 

Après une récolte de 102 points en saison régulière, et le deuxième rang au classement général, la saison du Crunch a pris fin abruptement au premier tour éliminatoire, en quatre matchs, dans une série trois de cinq contre Cleveland. « C’est sûr que ç’a été décevant. En même temps, on avait quand même une jeune équipe et on a eu des blessés toute l’année. Ben a fait un travail extraordinaire. C’est impressionnant », fait valoir Gilles Bouchard, précisant que pendant toute la saison, les blessés ont forcé un fort roulement à la position de centre. 

Lors des quatre rencontres éliminatoires, le Crunch n’a inscrit qu’un seul but à forces égales. Responsable de l’avantage numérique, Gilles Bouchard a eu la main heureuse alors que l’attaque massive du club-école du Lightning de Tampa Bay a mené la Ligue américaine pendant la première moitié de saison. 

Malgré l’incertitude dans la Ligue américaine, Gilles Bouchard a encore de grosses attentes pour la saison prochaine. 

De retour au Québec pour quelques semaines, Gilles Bouchard passera quelques jours dans son patelin natal, où il compte bien aller à la pêche. 

Le mois de juin s’annonce très chargé avec des réunions à Syracuse dans deux semaines, ce qui sera suivi du repêchage, à Vancouver, et du camp de développement, la semaine suivante, à Tampa Bay. 

Gilles Bouchard sait toutefois beaucoup mieux dans quoi il s’embarque et ce qui l’attend. 

« J’ai le temps de penser à mes affaires. J’ai vu comment c’était, et ça me permet de m’ajuster. Même si je suis content comment ça s’est passé, en même temps, c’est moins le néant pour moi présentement », admet-il.