Gilles Bouchard se plaît dans les rangs professionnels, derrière le banc du Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay dans la Ligue américaine. ­
Gilles Bouchard se plaît dans les rangs professionnels, derrière le banc du Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay dans la Ligue américaine. ­

Gilles Bouchard comme un poisson dans l’eau dans la Ligue américaine

Après deux ans dans les rangs professionnels, dans la Ligue américaine de hockey (LAH) avec le Crunch de Syracuse, l’entraîneur originaire de Normandin Gilles Bouchard veut plus que jamais poursuivre l’aventure. Comme les joueurs qu’il dirige, il est tout de même conscient qu’il doit améliorer certains aspects, dont son anglais.

«Je suis vraiment à l’aise de travailler avec ces joueurs et ces hommes-là », raconte l’un des deux adjoints de Benoit Groulx avec le Crunch, dans un trio québécois complété par Éric Veilleux.

En plus des défenseurs, Gilles Bouchard a également la charge de l’avantage numérique avec le club-école du Lightning de Tampa Bay.

«C’est différent du junior. L’objectif est vraiment de développer les joueurs, de travailler avec eux et de les aider dans le processus, et que le club s’améliore. Pour eux, ils pensent à la Ligue nationale, c’est sûr», convient-il.

«Il faut que je continue d’améliorer mon anglais et ce n’est pas quelque chose qui se fait comme ça. J’ai été élevé à Normandin et la première fois que j’ai parlé anglais, j’étais en secondaire 1, dans un cours à la polyvalente. Dans le temps, il n’y avait pas les médias sociaux ni Internet pour apprendre l’anglais. Maintenant, pour les jeunes, on dirait que ça se fait tout seul, que tu sois à Normandin ou n’importe où dans le monde. Dans le temps, ce n’était pas ça, notre réalité. C’est vraiment là-dessus que je travaille, pour l’améliorer et être encore plus fluide», fait valoir Gilles Bouchard, qui se sent quand même bien compris des joueurs dans l’ensemble.

«Ça va bien. C’est juste que des fois, les joueurs arrivent au banc et parlent plus vite, ou c’est l’arbitre. Ça dépend aussi de l’accent. Je suis à l’aise, mais je suis fonceur et je veux continuer à aller de l’avant là-dedans et à m’améliorer tous les jours», annonce-t-il.

En plus des trois entraîneurs, le Québec est très bien représenté dans l’alignement du Crunch. La saison dernière, malgré les rappels avec le Lightning ou les renvois dans la ECHL à Orlando, la formation pouvait compter sur au moins cinq Québécois, dont le meilleur marqueur de l’équipe, Alex Barré-Boulet.


« La Ligue américaine, c’est une ligue dure à jouer. C’est une bonne coche avec le junior. Ce n’est pas parce que t’es un bon joueur junior que tu vas arriver et faire ta place tout de suite. Tu joues avec des hommes. Les gars n’ont pas 20 ans. Il y en a qui ont 25-30 ans et qui sont là depuis un moment, et c’est difficile de jouer contre eux. C’est vraiment un apprentissage. »
Gilles Bouchard

«On est bien représentés. Ce n’est pas une histoire de langue et je ne décide pas de tout ça», laisse tomber Gilles Bouchard, qui a retrouvé la saison dernière l’attaquant Peter Abbandonato, qu’il a dirigé avec les Huskies de Rouyn-Noranda.

Jimmy Huntingdon s’est également joint au groupe après avoir signé avec l’organisation comme joueur autonome.

L’exemple des deux recrues québécoises, qui ont également passé du temps dans la ECHL, permet à Gilles Bouchard de mettre l’emphase sur le calibre de jeu souvent sous-estimé dans la Ligue américaine.

«La Ligue américaine, c’est une ligue dure à jouer. C’est une bonne coche avec le junior. Ce n’est pas parce que t’es un bon joueur junior que tu vas arriver et faire ta place tout de suite. Tu joues avec des hommes. Les gars n’ont pas 20 ans. Il y en a qui ont 25-30 ans et qui sont là depuis un moment, et c’est difficile de jouer contre eux. C’est vraiment un apprentissage», mentionne l’entraîneur d’expérience, soulignant que la direction de l’équipe, avec en tête le directeur général Stacy Roest, n’a pas peur d’envoyer des jeunes dans la ECHL pour leur permettre de reprendre confiance.

À leur retour, Gilles Bouchard voit souvent une différence marquée. «Quand ils reviennent, ils font mieux. Le hockey, un gros pourcentage, c’est dans la tête. Quand tu as confiance, ça va mieux et quand tu n’as pas confiance, c’est plus dur de bien faire», concède-t-il.

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DANS L'INCERTITUDE DE LA REPRISE DES ACTIVITÉS

Au moment de la pause forcée, le Crunch était au plus fort de la course pour une place en séries. Bien malin maintenant qui peut prédire quand les activités de la Ligue américaine vont reprendre.

«C’était serré, nos affaires. Je ne sais pas comment ça aurait fini, mais ça s’est arrêté plus tôt que prévu, comme tout le monde», relate Gilles Bouchard. 

«On a eu une saison différente de l’an dernier (102 points), dans le sens qu’on a eu de la misère à coller des victoires. L’an passé, après les matchs, des fois, je demandais à Ben (Benoit Groulx) comment on avait fait pour gagner. Le gardien nous faisait de gros arrêts ou c’était autre chose. On n’était pas tout le temps parfaits et on gagnait quand même. Cette année, c’était le contraire. On méritait de gagner et on perdait. C’est bizarre. C’était une année comme ça, mais on était encore dans la course. Il n’y a rien de drôle là-dedans», exprime l’entraîneur aux racines régionales, évoquant les répercussions de plus nombreux rappels avec le Lightning. 

«Je te parle et je ne sais pas quand on va pouvoir recommencer à aller à Syracuse. Je n’en ai aucune idée», avoue-t-il, bien humblement, précisant avoir gardé le contact avec Benoit Groulx et participé à une rencontre virtuelle dernièrement avec tous les membres du personnel.

Avec les restrictions de personnel au retour de la Ligue nationale de hockey, le Normandinois ne s’attend pas à être appelé en renfort avec le Lightning dans son parcours éliminatoire. 

«Mon travail, c’est de me préparer pour être prêt pour la prochaine saison. Quand le téléphone va sonner ? Je ne sais pas, mais je dois faire en sorte d’être prêt quand je vais être appelé», insiste Gilles Bouchard, qui prévoit venir prochainement dans sa région natale pour voir ses deux soeurs et sa mère, qui demeurent toujours au nord du lac Saint-Jean, mais aussi pour une petite partie de pêche.