Germain Lepage, un touriste hors du commun

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Depuis plusieurs années, le Baieriverain Germain Lepage le dit : « Je vais faire le tour du lac à vélo ». En raison de son âge, sa famille lui déconseillait fortement de le faire, mais cette année, à 79 ans, il a décidé que le temps était venu de passer à l’action.

Après cinq jours d’efforts, M. Lepage, parti le mardi 4 août, a pu dire mission accomplie le samedi 8 août. L’exploit est remarquable quand on considère qu’il a fait cette randonnée tout seul à son âge, mais on se rend rapidement compte qu’elle l’est encore plus quand on baisse les yeux sur son bolide, un vélo de montagne, une monture qui demande entre 35 et 40 % plus d’énergie qu’un vélo de route.

Si c’était à refaire, M. Lepage recommencerait sans hésiter, mais avec une autre bicyclette. « Je déconseille fortement de le faire en vélo de montagne, s’est-il empressé de dire. Avec un vélo de route, je recommencerais n’importe quand. À vrai dire, pas maintenant là, mais après un peu de repos, certainement. »

Malgré son âge, M. Lepage voulait à tout prix terminer son périple et avec l’orgueil, il n’était pas question de recourir à de l’aide. « Mes filles m’ont appelé plusieurs fois pour me dire : “Ça n’a pas de bon sens. On va aller te chercher”. Je disais : “Non, je veux le faire”. Je m’étais dit que je ne ferais pas un pouce de plus aussi, mais le temps venu, j’ai fait quelques kilomètres supplémentaires pour mes courses et faire quelques petits détours », avoue celui qui se qualifie comme un homme ordinaire et qui ne croit pas que son histoire soit exceptionnelle.

« Tout le monde peut faire ça. Ce n’est pas une question d’âge. Il suffit de se décider et d’avoir la volonté. Bon, après, ça prend un bon vélo, une bonne préparation et il faut s’entraîner pour le faire. J’aime le vélo et j’en fais tous les jours environ 30 kilomètres. Si on reste actifs, on peut faire des choses comme ça, même à mon âge », a expliqué M. Lepage, qui a toujours aimé bouger.

Une région et une population à redécouvrir

Le tour du lac à vélo a constitué une première pour M. Lepage. Il l’avait déjà fait en voiture à de nombreuses reprises, en plus de visiter la majorité des grands attraits, mais cette épopée lui a permis de redécouvrir la région.

« On a vraiment une belle région. Il y a des endroits que je n’avais pas eu la chance de visiter et ce que je peux vous dire, c’est qu’on a de très beaux petits villages dynamiques. Des fois, on oublie qu’on a la chance d’avoir une aussi belle région. Le tour du lac, c’est une occasion pour découvrir, plutôt redécouvrir, notre région », a souligné celui qui fêtera son 80e anniversaire sous peu.

Il croit d’ailleurs que tout le monde devrait le faire un jour dans sa vie.

En plus de voir du paysage, M. Lepage a eu l’occasion de faire mille et une rencontres sur le chemin, dont quelques-unes qui resteront gravées dans sa mémoire. « Les gens sont tellement gentils et généreux. Je m’arrêtais demander mon chemin. Je n’en avais pas vraiment besoin ; c’était une excuse pour parler aux gens. Les personnes m’offraient de m’aider. Il y a un monsieur qui m’a dit : “Attendez un peu ! Je vais vider mon camion et aller vous reconduire ”. Ça n’a aucun sens d’offrir ça à un inconnu qu’on vient de rencontrer. Les gens de notre région sont d’une bonté incroyable. »

Le propriétaire du Motel Moreau, à Saint-Félicien, est allé encore plus loin. « M. Moreau m’a donné ses clefs de voiture pour que j’aille faire mes commissions. J’ai refusé, bien sûr, mais en lui disant que c’était comme si j’acceptais. Moi, je n’aurais jamais prêté ma voiture à un étranger. On a vraiment une population hors du commun au Saguenay–Lac-Saint-Jean, prête à aider son prochain », a raconté M. Lepage, qui sait ce que c’est que de redonner, lui qui a reçu de nombreux certificats, tant au niveau régional que provincial, pour son implication bénévole, notamment au sein du Centre de prévention du suicide.

Bien que son exploit soit remarquable, Germain Lepage se qualifie d’homme ordinaire qui a décidé de passer à l’action. À son grand bonheur, il a été accueilli à Alma par sa famille.