Gains imposables: de quoi décourager bien des arbitres

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Le recrutement déjà difficile des arbitres de hockey au Saguenay-Lac-Saint-Jean risque de s’accentuer avec l’obligation de déclarer les gains amassés dans leurs fonctions lorsqu’ils sont de 500 $ et plus et de les inclure dans leur déclaration de revenus annuels.

Dans le contexte actuel, l’arbitre en chef au sein de Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mathieu Deschênes s’attend à perdre environ le quart des 200 officiels de hockey dans la région, voire 40 % dans le pire des scénarios.

Ce qui inquiète encore plus l’arbitre en chef, c’est que la mesure risque principalement de dissuader les vétérans de continuer d’officier des matchs. Ces derniers représentent 60 % des arbitres dans la région.

« L’impact va se faire sentir au niveau de nos vétérans qui travaillent toute la semaine et qui gagnent un bon salaire ainsi que chez les travailleurs saisonniers. Selon des comptables, on estime que ce sera 20 % (de l’allocation) pour une partie qui sera imposée. Ça aura un gros impact », anticipe Mathieu Deschênes en rappelant que beaucoup font ce travail par passion, même s’ils sont les mal-aimés de leur sport.

L’arbitre en chef craint surtout que le secteur du Haut-du-Lac soit fortement affecté puisqu’il est déjà difficile de recruter des officiels dans ce secteur et que ceux en place sont, dans une bonne proportion, des vétérans et des travailleurs saisonniers.

En rendant les allocations des officiels imposables, l’arbitre en chef à Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mathieu Deschênes craint que plusieurs décident de remiser leur sifflet. 

« S’il y a moins de vétérans, ce sera une perte d’expérience et de partage de connaissance pour les jeunes, précise-t-il. Une bonne formation, une bonne rétention et une bonne supervision passent par nos vétérans. »

Actuellement, le représentant des officiels travaille avec Ville de Saguenay, Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean et les associations de hockey mineur pour atténuer l’impact de cette nouvelle mesure effective dès la saison 2020-21.

Déjà qu’avec la pandémie, la saison démarrera plus tard et il n’y aura pratiquement pas de tournois. Or, les officiels devront tout de même débourser quelque 120 $ pour obtenir leur accréditation annuelle qui ne sera pas moins chère pour autant.

Hausser les salaires

« Pour nous, le nerf de la guerre sera la rémunération. Localement, on voudrait hausser les salaires des officiels entre 20 et 30 %, sans toutefois refiler la facture aux hockeyeurs », énonce-t-il.

Les fédérations de sport amateur travaillent également avec les ministères du Sport et des Loisirs et Revenu Québec pour hausser le montant des gains admissibles sans avoir à produire un relevé T4-A (travailleurs autonomes).

Mathieu Deschênes s’attend à ce plusieurs officiels soient tentés d’aller arbitrer dans les ligues de garage (ligues adultes) qui ne sont pas soumises à ces règles.

Perfectionnement

Dans un autre ordre d’idées, soulignons que les officiels qui désirent s’améliorer pourront profiter gratuitement des conseils de l’officiel de la Ligue nationale de hockey, Justin St-Pierre, et son équipe de l’école d’arbitrage, dans le cadre d’une journée de perfectionnement programmée pour le 19 septembre. De quoi chasser assurément la grisaille et passer de bons moments !