François Gagnon est entouré d’Anthony Lucarelli, de Simon Tremblay, Steve Theriault et de Nicolas Gauthier.

François Gagnon revient de loin

L’ancien des Élites François Gagnon se joint officiellement au personnel d’entraîneurs de l’organisation jonquiéroise de la Ligue de hockey midget AAA du Québec. Le Saguenéen d’adoption revient de loin après avoir dû composer avec la bactérie mangeuse de chair, qui l’a obligé à subir des amputations aux jambes.

En décembre 2017, François Gagnon s’est retrouvé dans le coma pendant neuf jours après avoir été infecté par la bactérie. Étant donné son état critique, le sang ne circulait plus jusqu’à ses organes vitaux, ce qui a eu des répercussions importantes sur ses membres. Une fois qu’il a hors de danger, le sang a recommencé à circuler partout dans son corps, sauf jusqu’à ses pieds.

Des amputations ont donc été nécessaires quelques semaines plus tard. Il a été amputé en bas du genou de la jambe gauche et de ses orteils de la jambe droite. «Ça été un long processus de guérison, mais pas vraiment d’acceptation», laisse tomber le nouveau membre du personnel des Élites, dont la tête déborde de projets.

«Je pense que ce sera un exemple pour l’organisation et les joueurs. Pour le sentiment d’appartenance, c’est extraordinaire qu’un ancien des Élites revienne s’impliquer. Ce n’est pas le premier. Steve (Thériault) et Simon (Tremblay, son adjoint) sont également des anciens», fait valoir pour sa part le président de l’équipe, Michel Simard.

«C’est un exemple de mobilisation. Il s’est pris en main malgré toutes les épreuves. C’est un exemple de courage et de ténacité, étant donné où il est rendu après si peu de temps, mais aussi de résilience. Il va pouvoir amener tout ce qu’il a vécu et a expérience, mais aussi sa passion du hockey», fait-il valoir, rappelant qu’il le connaît bien depuis de nombreuses années. François Gagnon a joué avec son fils Mathieu avec les Élites, puis ensuite dans le junior majeur avec les Foreurs de Val-d’Or ainsi qu’avec les Marquis dans la Ligue nord-américaine.

Au départ, François Gagnon devait se joindre au groupe d’entraîneurs pour le camp d’entraînement. Une première approche sérieuse a été faite pendant l’été, d’abord pour une conférence aux joueurs, mais finalement, le courant passait très bien entre lui et les autres membres du personnel. Les discussions se sont donc poursuivies pour une implication officielle, ce qui s’est confirmé lors des derniers jours.

«Tout ce qu’il peut venir nous aider comme temps, on va le prendre. Avec ses qualités d’individus, son expérience et son bagage, ça vient vraiment compléter notre équipe. En bout de ligne, ce sont les jeunes qui vont en bénéficier. C’est une école de vie aussi le hockey. François est vraiment la bonne personne pour venir enrichir cet aspect de nos responsabilités envers les jeunes», mentionne l’entraîneur-chef Steve Thériault. Le personnel est complété par Anthony Lucarelli, embauché au cours de l’été, ainsi que par l’entraîneur des gardiens, Nicolas Gauthier. «Oui, il y a l’aspect qu’il a été malade, mais il y a l’aspect hockey aussi. Il amène son expertise», rappelle Michel Simard.

«Personnellement, c’est une personne qui va pouvoir me ‘‘challenger’’ avec son bagage comme joueur et passionné du sport. C’est important pour un entraîneur. J’ai Simon qui n’a pas de misère à le faire. Il ne faut pas avoir peur de ça et je demande juste ça. Je n’aurai jamais la prétention de tout connaître. Je veux qu’on s’améliore et c’est dans des discussions qu’on avance», indique Steve Thériault.

Le principal intéressé avait eu des discussions par le passé, ce qui n’avait jamais abouti. Cette fois, le moment était bien choisi et il aimait bien les façons de faire de l’organisation et le discours en place. «Je tourne un peu autour des Élites depuis longtemps. L’intérêt était là, mais le temps était moins là. Avec tous les événements de la dernière année, j’ai plus de temps pour moi-même. J’ai plus le goût aussi de vivre mes passions. On revient aux choses simples de la vie. Le hockey, ça me passionne», exprime François Gagnon, détenteur d’un baccalauréat en enseignement.

Pour le natif de Gaspé, ce sera donc le meilleur des deux mondes, lui qui avoue du même souffle qu’il s’ennuyait du hockey de compétition. «On ne décroche vraiment jamais, faut croire», lance-t-il. En plus de ses responsabilités avec les Élites, il aura également la charge du MAGH et du novice au hockey mineur de Saguenay.

+

«MES LIMITES, C'EST MOI QUI VAIS ME LES IMPOSER»

François Gagnon n’a pas envie de se mettre de limites. Il prévoit même patiner lors de la prochaine saison. 

« Quelqu’un m’a dit récemment que mes limites, c’est moi qui vais me les imposer. C’est ça pour tout le monde, mais quand on n’est pas face à l’adversité, on ne prend pas conscience de l’ampleur de cette petite phrase, confie-t-il. Des fois, la vie nous envoie un petit signal. Ça m’a donné le goût de m’impliquer plus et de redonner aux gens. »

En plus de ses qualités d’homme de hockey, François Gagnon sera tout indiqué pour parler aux joueurs dans des moments plus difficiles et mettre les choses en perspective.

« Le hockey, dans la dernière épreuve que j’ai vécue, autant ça m’a donné le courage pour me battre pour survivre, mais aussi une famille autour de moi. Plusieurs chums de hockey m’ont aidé et ont soutenu ma famille pendant que je n’étais pas là. Le hockey, ça apporte beaucoup de choses et je veux aider les jeunes à prendre conscience de ça. Ce sont des ados qui n’ont pas toujours conscience de la chance qu’ils ont. J’ai déjà eu ce discours-là plus jeune. Mais quand le messager est bon, si je peux changer la mentalité de 3-4 jeunes pendant l’année, ce sera super », soutient François Gagnon, qui au passage, veut inciter les joueurs des Élites à élever la barre dans l’atteinte de leurs objectifs personnels. 

Avant longtemps, François Gagnon a l’intention de participer sur la glace à un entraînement de l’équipe. « On va s’arranger pour que ça se fasse le plus tôt possible », annonce l’ancien attaquant des Élites et des Marquis. 

« Je ne me mets pas de pression là-dessus. J’ai le goût, mais il faut que je sois intelligent dans ma progression », raconte François Gagnon.