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Le Saguenéen de 16 ans, Jordan Lebel, a subi des blessures importantes lors de la finale de la catégorie Pro Lite, vendredi soir, à Elk River au Minnesota, dans le cadre du circuit national américain de snocross. Il a obtenu son congé d’hôpital dimanche. Un vrai petit miracle dans les circonstances.
Le Saguenéen de 16 ans, Jordan Lebel, a subi des blessures importantes lors de la finale de la catégorie Pro Lite, vendredi soir, à Elk River au Minnesota, dans le cadre du circuit national américain de snocross. Il a obtenu son congé d’hôpital dimanche. Un vrai petit miracle dans les circonstances.

Fractures à des vertèbres, Jordan Lebel fait office de miraculé [VIDÉO]

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
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Un véritable petit miracle! C’est ce qui vient à l’esprit en écoutant Karine Thibodeau relater l’accident dont a été victime son fils Jordan Lebel, 16 ans, vendredi soir, lors de la finale de Pro Lite du circuit national américain de snocross Amsoil présentée à Elk River, au Minnesota. Malgré un sévère accident qui aurait pu le paralyser, le jeune pilote a pu quitter les soins intensifs samedi après-midi et il a même obtenu son congé d’hôpital dimanche!

Malgré peu d’heures de sommeil, la mère de Jordan a accepté de raconter ce qui devait être un beau moment, la première course de son aîné en catégorie Pro Lite sur le circuit de la crème des pilotes en snocross. D’ailleurs, Jordan, qui porte le numéro 511 de l’équipe Boss Racing, avait fort bien amorcé la compétition vendredi, en se qualifiant pour la finale. Malheureusement, durant la course, le Saguenéen a chuté de sa motoneige à la suite d’un accrochage avec un autre coureur et il s’est fait happer par un autre compétiteur en tentant de se relever. Après les premiers soins dans un premier hôpital, le pilote de 16 ans a été transféré aux soins intensifs du University of Minnesota Masonic Children’s Hospital pour soigner des fractures à quatre vertèbres (L1, L2, L3 et L4) en plus d’une déchirure au rein et d’une lacération de grade 3 (sur 5) à la rate (il y a ablation de la rate lors des grades 4 et 5). Étonnamment, le jeune homme était toujours en mesure de marcher et de s’asseoir dès le samedi, mystifiant presque l’équipe de médecins et spécialistes qui n’en revenaient pas.

«Ça n’a pas affecté sa moelle épinière, mais c’est très exceptionnel, confirme sa mère en entrevue téléphonique. Il a vu des spécialistes et personne ne comprend comment il fait pour marcher. On a vu des neurochirurgiens et des pédiatres et au départ, ils disaient que normalement, il n’aurait pas dû être en mesure de s’asseoir avant cinq jours ni de se lever debout.

«C’est sûr que sa forme physique a fait une énorme différence. Il a une musculature et un système immunitaire très forts. C’est certain que ça a aidé. Il a une constitution exceptionnelle parce que même le dernier médecin qui est venu le voir croyait qu’il y avait eu une erreur (dans le rapport) lorsqu’il a lu qu’il avait marché. Il a dit qu’il ne pouvait concevoir qu’il puisse se lever, marcher, s’asseoir et se pencher», rapporte Karine Thibodeau. De tous les patients qu’il avait vu, peu importe l’âge et la condition physique, il ne pouvait comprendre comment son fils faisait. «Ils ne comprennent pas. C’est complètement exceptionnel. C’est un petit miracle, on peut dire ça comme ça», convient la maman qui fait preuve d’un sang-froid remarquable dans les circonstances. Surtout qu’un ami de Jordan a eu beaucoup moins de chance. Lors d’un accident de motocross, il a eu deux vertèbres qui ont été cassées et il est resté paralysé. «Alors on se dit, mon Dieu, il avait un petit ange au-dessus de sa tête», souffle-t-elle.

Selon sa mère, Jordan se rétablit rapidement. «La convalescence se fait à vitesse grand V parce qu’il est en forme. Il est sorti des soins intensifs à 13h samedi. Il avait des prises de sang et d’urine aux quatre heures. Les fractures étaient des fractures nettes, donc ça prend un temps de convalescence. C’était plus au niveau de sa rate et de son rein qu’il y avait des inquiétudes. Ils ont fait les dernières prises de sang dimanche matin et son hémoglobine était parfaite.» Comme tout était sous contrôle, le jeune Saguenéen a pu obtenir son congé et a regagné la maison où il réside durant la saison de course. «Je n’ai pas vu la facture parce que nous avions une assurance, mais ça devait être dans les six chiffres. Mais ici, ils ne gardent pas les patients pour rien», a expliqué la mère de celui qui est reconnu comme une étoile montante du snocross et qui est le plus jeune athlète au monde dans sa catégorie.


« Il a une musculature et un système immunitaire très forts. C’est certain que ça a aidé. Il a une constitution exceptionnelle parce que même le dernier médecin qui est venu le voir croyait qu’il y avait eu une erreur (dans le rapport) lorsqu’il a lu qu’il avait marché. Il a dit qu’il ne pouvait concevoir qu’il puisse se lever, marcher, s’asseoir et se pencher. »
Karine Thibodeau, mère de Jordan Lebel

Le jeune homme sera au repos complet pour une semaine et sa convalescence devrait durer cinq semaines. «Il a le droit de faire du vélo stationnaire et un peu de cardio, mais aucun sport ayant un risque de choc. Même s’il est capable de marcher, il n’est pas droit, il fait de petits pas et ce n’est pas très aisé, note la mère de Jordan qui a entrepris des démarches pour trouver une chambre hyperbare pour Jordan afin d’aider à accélérer le processus de guérison.

Son retour était prévu pour le 19 janvier, mais elle attend de voir l’évolution de la guérison de fiston. «On va y aller au jour le jour. S’il est en mesure de prendre soin de lui tout seul et qu’il est à l’aise avec ça, je vais revenir à la maison pour reprendre le travail et m’occuper de mes deux autres enfants», avance-t-elle.

Une surprise qui tombe bien

Cette saison, la famille Lebel avait prévu que Jordan passe la saison de course seul en raison des complications liées à la pandémie pour les déplacements familiaux. Au départ, ses parents avaient prévu lui faire une surprise en se pointant pour sa première course sans s’annoncer. «Je lui avais dit que j’irais le voir probablement dans le milieu de la saison parce que je savais que j’allais probablement m’ennuyer, mais finalement, il est arrivé au site d’entraînement et ça allait vraiment bien. Il était dominant. Ça promettait d’être une bonne année. Moi et mon conjoint (Janathan Lebel), on voulait lui faire une surprise en montant pour sa première course.» Mais comme les mesures pour les voyages sont encore plus sévères, le papa a dû renoncer à aller le voir courir puisqu’il devait s’occuper de l’entreprise familiale et de leurs deux autres enfants et avec les travaux sur les chantiers, il ne pouvait se permettre une quarantaine.

Janathan Lebel avait d’ailleurs exprimé sa tristesse vendredi dernier de ne pouvoir être aux côtés de son fils pour cette première course dans une nouvelle catégorie. Il a dû vivre un stress épouvantable de se trouver au loin, impuissant devant le malheur qui venait de frapper. «J’ai le coeur gros juste à y peser, confirme Karine Thibodeau. Ç’a été vraiment difficile pour lui.»

Karine Thibodeau est donc arrivée au Minnesota tard jeudi soir et a dormi à peine deux heures, excitée à l’idée de revoir son grand parti depuis le 24 décembre pour rejoindre l’équipe Boss Racing grâce à un visa d’athlète. «On avait décidé que j’irais seule pour assister à son premier podium, puisqu’il avait de bonnes chances. Le scénario a été différent, mais par chance, j’étais présente pour lui», a indiqué la maman qui préfère s’attarder au côté positif des choses.

Membre de l’équipe Boss Racing et plus jeune coureur sur le circuit national américain de snocross, Jordan Lebel faisait ses débuts dans la catégorie Pro Lite losrqu’il a été impliqué dans un accident qui aurait pu le laisser paralysé.

Heureusement, car il y a eu des procédures à régler avant que Jordan ne soit traité. Il y avait les assurances à régler, puis les soins et le jargon médical en anglais, qui n’est pas sa langue maternelle, bien qu’elle se débrouille bien. C’est pourquoi elle a tenu à remercier les membres de l’équipe médicale sur place, FXR Medic, l’équipe Boss Racing de Jordan, soit Jayme, Jessy, Dylan et tous les mécanos, ainsi que Gilles Thibeault de Chibougamau (un ami de longue date de la famille) et Carey Daku, directeur de courses. M. Thibeault s’est occupé de communiquer avec les assurances et est resté près d’elle et Jordan jusqu’à ce que l’ambulance les prenne en charge. «(Les gens) de Bombardier ont été très présents et se sont occupés que tout était correct pour mes assurances. J’ai reçu du soutien pendant que nous étions à l’hôpital», souligne Mme Thibodeau.

Bien connus dans le milieu régional, provincial et nord-américain du snocross, le jeune homme et sa famille ont été inondés de centaines de messages de soutien et d’encouragement via les différentes pages Facebook (Boss Racing, celles des membres de sa famille et la sienne).