Dave Ainsley
Le Quotidien
Dave Ainsley
Les Bills de Buffalo n’auront pas de spectateurs lors de leurs matchs locaux pour le début de la saison.
Les Bills de Buffalo n’auront pas de spectateurs lors de leurs matchs locaux pour le début de la saison.

NFL: début d’une saison particulière

CHRONIQUE / Après un camp d’entraînement chamboulé et aucun match préparatoire, la NFL amorce jeudi soir une 101e saison avec le duel entre les champions en titre, les Chiefs de Kansas City, et les Texans de Houston. Le journaliste et passionné de football américain Dave Ainsley reprend donc sa chronique hebdomadaire qui, à partir de la semaine prochaine, sera publiée le samedi dans une toute nouvelle formule de la section sportive du Progrès.

Même la très puissante NFL n’échappe pas à la réalité actuelle. La prochaine saison se déroulera dans des conditions particulières. Plusieurs stades seront complètement vides, d’autres pourront accueillir quelques dizaines de milliers de partisans. On sera donc très loin de l’avantage du terrain pour les équipes locales, dont quelques-unes dont la foule est reconnue pour faire beaucoup de bruit. Ça semble anodin, mais je m’attends à ce que les équipes sur la route soient très à l’aise en attaque, ce qui sera frappant dans les endroits plus bruyants comme Nouvelle-Orléans, Seattle et Kansas City, ce qu’il sera possible de valider dès jeudi soir pour les Chiefs, qui pourront tout de même compter sur 20 000 partisans face aux Texans en lever de rideau.

Les Chiefs et les Texans lanceront les hostilités, jeudi soir. Lors des dernières séries, les Chiefs avaient effacé un déficit de 24 points pour l’emporter face aux Texans, en route vers le Super Bowl. ­

Pour ceux qui seraient inquiets pour les propriétaires avec le manque à gagner aux guichets, vous pouvez tout de suite pousser un soupir de soulagement. Les ventes de billets ne représentent qu’un peu plus de 15 % des revenus totaux de la ligue, dopés par les faramineux contrats télévisuels ainsi que les ententes commerciales. Pour vous donner une idée de grandeur, les équipes ont reçu en 2019 plus de 250 millions $ chacune alors que le plafond salarial s’établit cette saison à 198 millions $. Les joueurs devraient pouvoir recevoir leur chèque de paie sans trop de problèmes...

5 CHOSES À SURVEILLER

Pas de matchs préparatoires

L’autre élément majeur qui sera intéressant à surveiller en début de saison avec les effets de la COVID-19, c’est l’annulation de tous les matchs préparatoires. Hormis le troisième match hors-concours, les joueurs partants n’étaient pas tellement utilisés, bon an mal an, mais ça permettait de peaufiner beaucoup de choses en situation de match, ce qui devra être fait en saison régulière. Cette situation pourrait avoir un impact significatif sur les équipes qui ont plusieurs nouveaux venus. Si vous avez à miser sur quelques surprises en début de saison, c’est le temps de laisser court à votre imagination. L’autre aspect à ne pas négliger est celui des blessures. On l’a vu au baseball avec un nombre élevé de blessés, particulièrement chez les lanceurs, ce qui s’explique certainement par le manque de préparation. Au football, les blessures sont déjà nombreuses. Il reste maintenant à espérer que les joueurs, qui ne se retrouvent pas dans une bulle comme au basketball et au hockey, seront épargnés par la COVID-19. Ça pourrait rapidement devenir le bordel et les amateurs de pools en savent quelque chose. 

Après avoir signé un contrat historique, le quart-arrière des Chiefs Patrick Mahomes aimerait certainement ajouter une autre bague du Super Bowl.

Les Chiefs peuvent-ils répéter leur exploit ?

Dans n’importe quelle ligue professionnelle, défendre son titre relève de l’exploit. Dans la NFL, ça ne s’est pas réalisé depuis 2003-2004 avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Les champions du dernier Super Bowl, les Chiefs de Kansas City, font encore partie des prétendants, sans l’ombre d’un doute. Le quart-arrière Patrick Mahomes est passé à la caisse au cours de l’été avec un contrat record pour un athlète d’un demi-milliard $ (!!!). Il aura également une nouvelle arme à sa disposition avec le porteur de ballon recrue Clyde Edwards-Helaire, premier choix de l’équipe au dernier repêchage. Disons que ça tombe plutôt bien avec le retrait du vétéran Damien Williams qui a décidé de ne pas jouer en raison des risques de COVID-19, tout comme le garde québécois Laurent Duvernay-Tardif. Grâce à un peu de créativité financière pour respecter le plafond salarial, les Chiefs ont réussi à conserver intact le noyau de l’équipe, tant en attaque qu’en défensive. Ils marqueront encore beaucoup de points et en accorderont peu, ce qui est toujours une recette gagnante. Prédiction : fiche de 12-4

La fin du règne des Patriots ?

Depuis le début des années 2000, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre exercent un contrôle quasi parfait sur la division Est de la conférence Américaine. Depuis 2003, seulement les Dolphins de Miami sont parvenus à jouer les trouble-fête en 2008, saison que Tom Brady a ratée après une blessure durant la première semaine. Le vétéran quart-arrière est maintenant parti sous le chaud soleil de la Floride avec les Buccaneers de Tampa Bay, mais l’entraîneur Bill Belichick est toujours là. Il devra toutefois composer avec de nombreux départs en plus du responsable de l’attaque depuis 2001 et pas les moindres en défensive, avec notamment les secondeurs Kyl Van Noy (Miami) et Jamie Collins Sr (Detroit), ainsi que le maraudeur Patrick Chung (Clause de retrait COVID). Signé tardivement pendant l’été, Cam Newton aura la lourde tâche de prendre la relève de Brady. Il est bien différent de ce dernier, mais il est également beaucoup plus athlétique, même s’il a été blessé plus souvent qu’à son tour au cours des dernières saisons.

Cam Newton remplacera Tom Brady comme quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Pendant ce temps, à Buffalo, les Bills, qui ont chauffé les Patriots l’an dernier avec une fiche de 10-6, ont fait l’acquisition du rapide receveur de passes Stefon Diggs qui deviendra certainement la cible de prédilection du quart-arrière Josh Allen qui, à sa troisième saison, doit montrer qu’il est l’homme de la situation. Pour la première fois depuis des lunes, les Bills ont la pression de gagner à l'assaut d'un premier titre de division depuis 1996. 
Prédiction : premier rang aux Bills avec une fiche de 10-6, 8-8 pour les Pats

Tom Brady dirigera maintenant l’attaque des Buccaneers de Tampa Bay.

Nouveau départ pour Tom Brady

Si les attentes sont modérées pour les Patriots, c’est tout le contraire à Tampa Bay où plusieurs sont déjà prêts à donner le Super Bowl aux Buccaneers. Pas si vite... Attirer l’attention pendant l’entre-saison ne donne pas de victoires. Dans le jeu des prédictions, à pareille date l’an dernier, les Browns de Cleveland avaient la cote après plusieurs signatures et n’ont remporté que six victoires. En 2019, les Bucs ont compilé un dossier de 7-9. C’est sûr que Tom Brady va mieux gérer le ballon et ne lancera surtout pas 30 interceptions comme Jameis Winston l’an dernier, mais le quart-arrière qui vient tout juste d’avoir 43 ans n’est plus dans la fleur de l’âge et a démontré des signes inquiétants de ralentissement, la saison dernière. Il sera toutefois très bien entouré avec son partenaire ailier rapproché Rob Gronkowski et le porteur de ballon Leonard Fournette, qui s’ajoutent à ceux qui étaient déjà en place, dont les deux receveurs étoiles Mike Evans et Chris Godwin. L’attaque des Bucs sera excitante à voir aller, c’est certain et la défensive n'est pas du tout piquée des vers. Il ne faut pas perdre de vue que leurs rivaux des Saints de la Nouvelle-Orléans n’ont perdu que trois matchs la saison dernière avant de s’effondrer en séries. Le premier affrontement de la saison entre les deux clubs, dès dimanche, donnera certainement le ton à la course au titre dans la division Sud de la conférence Nationale.
Prédiction : Saints premiers (12-4), Bucs deuxièmes (10-6) en séries

Deux équipes supplémentaires en séries

Avec tout ce qui s’est passé au cours des derniers mois, la nouvelle formule des séries est un peu passée sous le radar, mais deux équipes de plus feront partie du portrait des séries éliminatoires, soit une par conférence. Un des deux laissez-passer par conférence en première ronde est donc aboli. On aura donc droit à deux matchs supplémentaires lors de la première fin de semaine des séries et personne ne s’en plaindra. La course aux séries risque d’être encore plus intense. L’an dernier, les Rams de Los Angeles ont raté les éliminatoires malgré un dossier très respectable de 9-7. À seulement 16 matchs, la marge de manoeuvre demeure tout de même inexistante et aucune équipe ne peut se permettre une séquence de plusieurs défaites.

PRÉDICTIONS DE LA SEMAINE 1
Houston - Kansas City
Seattle - Atlanta
Cleveland - Baltimore
NY Jets - Buffalo
Las Vegas - Carolina
Chicago - Detroit
Indianapolis - Jacksonville
Green Bay - Minnesota
Miami - New England
Philadelphia - Washington
LA Chargers - Cincinnati
Tampa Bay - New Orleans
Arizona - San Francisco
Dallas - LA Rams
Pittsburgh - NY Giants
Tennessee - Denver
Saison dernière: 166-89-1 (64.84%)