Les Gaillards et les Couguars ont l’intention de jouer si le RSEQ va de l’avant avec une saison au football collégial.
Les Gaillards et les Couguars ont l’intention de jouer si le RSEQ va de l’avant avec une saison au football collégial.

Gaillards et Couguars prêts pour la relance du football collégial

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Si le football collégial reprend comme prévu en septembre, les Gaillards du Cégep de Jonquière et les Couguars du Cégep de Chicoutimi seront de la partie dans la conférence Nord-Est de la division 3.

Après une réunion du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), lundi dernier, avec toutes les institutions possédant une équipe de football, les dirigeants ont jusqu’au 21 août pour faire connaître leurs intentions. Cette démarche fait suite à la mise à jour du protocole de retour au jeu de Football Québec qui a atteint la semaine dernière la phase finale, avec la possibilité de disputer des rencontres avec contact.

Le 24 août, une autre rencontre se déroulera afin d’élaborer un calendrier dans toutes les divisions avec l’objectif de débuter durant la fin de semaine des 11, 12 et 13 septembre. La décision finale doit être rendue par les responsables du RSEQ d’ici le 31 août, et ce, si tout se déroule comme prévu avec les mesures sanitaires et la prochaine rentrée scolaire, indiquait plus tôt cette semaine le président Gustave Roel.

« C’est sûr qu’on va y aller, confirme le conseiller à la vie étudiante au Cégep de Chicoutimi, Jean-Pierre Bolduc. On a bien l’intention de déposer une réponse positive. »

«Présentement, le protocole de Football Québec dit qu’on pourrait jouer, donc oui, on y va. Le 31 août, on va avoir des données au RSEQ et de comités d’expert pour savoir si c’est correct pour jouer. Si tout semble sécuritaire pour les joueurs, on va y aller, mais il faut attendre ces données, évidemment», indique pour sa part son collègue du Cégep de Jonquière Steeve Dufour. Selon ce qui circule, il appert que toutes les équipes de la division 3 fourniront une réponse positive d’ici quelques jours.

Quelques éléments du protocole de retour au jeu causeront des maux de tête aux responsables qui sont à la recherche de solutions, notamment dans les transports. «Il y a des réalités avec les transporteurs. Est-ce qu’on peut rentrer 50 gars dans le même autobus? Ce sont toute sorte de choses qu’il faut que tout le monde regarde», met en contexte Jean-Pierre Bolduc.

Les vestiaires et les douches ne seront pas non plus accessibles aux joueurs en raison de l’impossibilité de respecter la distanciation physique. Pour les entraînements, ils devront donc transporter leur équipement et l’enfiler aux abords du terrain. Pour les matchs, avec le nombre de joueurs par équipe, un seul vestiaire ne suffira pas. «C’est complexe. Ce sont toutes des choses auxquelles le monde ne pense pas, mais pour nous, c’est un gros casse-tête», pointe Jean-Pierre Bolduc. Même si les Couguars n’ont pas leur propre terrain et évoluent sur la surface synthétique de l’UQAC, le conseiller n’entrevoit pas de problème de logistique, soulignant la collaboration avec l’université et les Mustangs de l’école Odyssée-Dominique-Racine, qui utilisent également ces installations.

Les deux responsables ont également reçu les plans de retour au jeu de plusieurs autres sports, mais le football était prioritaire, aux yeux du RSEQ, étant donné le début de saison hâtif, normalement à la fin août, tout comme le soccer division un, qui ne concerne pas les collèges de la région.


Les camps d’entraînement dès samedi
Avec le début de la saison prévu dans moins d’un mois, les choses débouleront rapidement pour les Couguars et les Gaillards, qui débuteront officiellement leur camp d’entraînement au cours de la prochaine fin de semaine en suivant les mesures sanitaires qui s’imposent.

«On attend de voir combien de matchs il va y avoir. Pour l’instant, on est un peu dans le néant à ce sujet. Je peux dire qu’on va être prêts à jouer et on a hâte que ça commence», détaille l’entraîneur-chef des Couguars, Nicolas Ménachi, au sujet du déroulement des prochaines semaines après avoir démarré la préparation physique, lundi. Tant les Couguars que les Gaillards devaient initialement démarrer leur saison le 22 août, ce qui a été retardé de quelques semaines dans le protocole.

François Laberge dirigera le camp d’entraînement des Gaillards à compter de samedi.

«Normalement, on a un camp d’entraînement très intensif qui dure deux semaines avec deux entraînements par jour. Ça nous permet d’étirer un peu notre camp. Ça va être moins dur pour les jeunes et ça nous permet aussi de mettre plus de choses en place pour du plus long terme», enchaîne l’entraîneur-chef chicoutimien, qui attend une quarantaine de joueurs. La stratégie sera au rendez-vous, mais pas spécifiquement à des adversaires, les joueurs ayant déjà pris possession de leurs cahiers de jeu et participé à des rencontres Zoom depuis plusieurs mois, plus intensément depuis le début août.

«On va s’ajuster selon le calendrier. Normalement, tu veux faire environ une quinzaine de pratiques avant ton premier match. Cette année, on peut aller jusqu’à 20 ou 22, mais pas plus. Trop, c’est comme pas assez», estime pour sa part l’entraîneur-chef des Gaillards, François Laberge, qui débutera avec les tests physiques samedi pour la cinquantaine de joueurs sur place sur le terrain adjacent au Cégep de Jonquière. Ensuite, il tiendra sept entraînements sans équipement en neuf jours avec l’accent sur la mise en forme, sans laisser de côté la stratégie. Les joueurs devraient ensuite recevoir leur équipement en fin de semaine prochaine et prendre l’horaire normal de saison à compter du 24 août.

«Tous les entraîneurs et les joueurs au Québec, je pense qu’on veut jouer. On veut la sécurité des jeunes d’abord et avant tout», assure-t-il, estimant que devoir se passer des vestiaires représente un moindre mal.

«Pour jouer une saison, je trouve que c’est un détail. Si un petit détail nous permet d’avoir une saison, on va juste apprécier plus notre vestiaire quand on va le ravoir», a-t-il laissé tomber.

«On va tout faire ça pour jouer. L’important, c’est de jouer», de marteler François Laberge, qui se souvient que s’habiller aux abords du terrain était bien souvent la manière de faire à l’époque où il était joueur.

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Aucun nouveau joueur français... pour le moment

Tant du côté des Gaillards que des Couguars, les recrues françaises ne pourront faire leurs débuts au cours des prochains jours. Trois vétérans des Couguars sont également toujours bloqués de l’autre côté de l’Atlantique. Les autres sont tous présentement en quarantaine avant de pouvoir rejoindre prochainement leurs coéquipiers.

Tout le problème découle des restrictions aux voyageurs étrangers à entrer au Canada jusqu’au 31 août au minimum. Les joueurs de première année n’ont pu obtenir leur permis d’études avant la suspension à la mi-mars et, de toute manière, ne font pas partie des exemptions qui leur permettraient de passer la frontière.

Chez les Gaillards, les six vétérans qui étaient retournés en France pendant la pandémie n’ont pas eu de problèmes à revenir tandis que cinq autres avaient choisi de demeurer au Québec pendant la pandémie. C’est une autre histoire pour les cinq recrues.

«Ils vont commencer leur session en ligne à distance quitte à faire toute leur session en ligne s’il le faut et arriver seulement en janvier. Ce sont cinq gars qui, pour nous, ne sont pas là, mais s’ils arrivent en septembre, on sera capable de les intégrer à l’équipe sans problème», assure l’entraîneur-chef François Laberge, notant leur participation aux réunions d’équipe sur Zoom, soulignant leur sérieux dans tout ce processus.

Chez les Couguars, ce sont 12 joueurs français, dont neuf recrues, qui manquent à l’appel présentement. Seulement trois vétérans sur six ont pu franchir les douanes. Pour les trois autres, des modalités administratives, qui sont normalement des formalités, retardent leur venue.

«On a des joueurs qui attendaient de savoir s’il y aurait une saison. Financièrement, payer 1500 $ aller-retour seulement pour mes beaux yeux, je ne suis pas sûr que c’est quelque chose que les parents avaient envisagé. Il y a également le côté scolaire à prendre en compte», annonce l’entraîneur-chef Nicolas Ménachi, qualifiant la situation d’aberrante.

«C’est vraiment dommage pour les jeunes qu’on a recrutés, qui attendent impatiemment et qui rêvent d’être ici depuis des mois. Pour eux, c’est un projet de vie et d’études et ils sont bloqués dans tout ça. On nous dit que ceux qui étaient là l’an dernier peuvent venir, mais pas les nouveaux. On ne comprend pas trop la logique derrière tout ça. Ça ne m’appartient pas et c’est au gouvernement de prendre ces décisions. Pour l’instant, les jeunes sont pénalisés, mais aussi les programmes scolaires qui doivent composer avec un manque d’étudiants. C’est complexe», indique-t-il, espérant toujours un dénouement positif.

L’entraîneur-chef des Couguars, Nicolas Ménachi, devra se passer de 12 joueurs français en raison des contraintes pour les voyageurs internationaux à entrer au Canada.

«Je continue d’y croire. On continue de les inclure dans les vidéos, nos rencontres Zoom. On leur a envoyé les cahiers de jeu et on va faire des plans de pratique pour eux avec des gens qui vont filmer pour qu’ils aient accès à ça. S’ils arrivent, ils vont être prêts à jouer. Toutefois, on voit la date limite arriver rapidement, convient l’entraîneur des Couguars. Au moins on a commencé. On est sur le terrain et on peut faire du football. C’est le positif de la chose.»