Les Gaillards du Cégep de Jonquière et les Couguarss du Cégep de Chicoutimi n’auront disputer qu’un seul match cette saison, dans la ligue collégial de football division 3, Nord-Est.
Les Gaillards du Cégep de Jonquière et les Couguarss du Cégep de Chicoutimi n’auront disputer qu’un seul match cette saison, dans la ligue collégial de football division 3, Nord-Est.

Football collégial: deuil pour les joueurs, drame pour les finissants

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Malgré les efforts déployés pour offrir un peu plus de temps de jeu à leurs protégés, les organisations de football collégial des Gaillards de Jonquière et des Couguars de Chicoutimi ont dû se résoudre à mettre une croix sur une saison qui s’est résumée à un seul match en 2020. Le duel hors concours entre les deux équipes, projeté pour samedi, est tombé à l’eau en raison de plusieurs complications.

« On voulait donner des matchs à nos joueurs (en jouant l’un contre l’autre), mais c’était très compliqué. On n’a pas beaucoup d’arbitres qui proviennent de la région. La plupart sont de Montréal et de Québec qui sont des zones rouges. Et s’il y avait un changement de couleur de zone, il y avait d’autres restrictions de Football Québec. Ça devenait trop compliqué », explique François Laberge, entraîneur-chef des Gaillards.

Pour les joueurs des deux camps, c’est un deuil qu’ils doivent faire sur une saison qui s’est terminée en queue de poisson, mais pour les finissants, c’est quasiment un drame. Car ces derniers n’auront pas eu la chance de se faire voir par des recruteurs universitaires ni même de se rendre dans les universités pour les rencontrer et visiter les installations.

Même si la déprime était bien présente chez les athlètes des deux formations, mercredi, les entraîneurs François Laberge (Gaillards) et Nicolas Menachi (Couguars) refusent de baisser les bras et sont en train de préparer un « combine » commun afin de permettre justement à leurs finissants d’offrir un aperçu de leur potentiel aux organisations de football universitaire du Québec et même d’Ottawa.

Garder le cap

Pour Nicolas Menachi, la situation est d’autant plus désolante qu’il avait « l’une des plus belles cuvées de finissants ». Même s’ils n’ont pas tous le désir, il estime qu’environ 10 ou 12 finissants ont le potentiel de jouer universitaire.

« C’est ce qui est le plus difficile présentement. De voir nos finissants qui voudraient jouer universitaire et qui n’ont pas de vidéos parce qu’ils n’on pas pu se faire voir cette année », avoue le pilote des Couguars. « En tant que coach, c’est horrible. Humainement, c’est difficile. Ces finissants sont avec nous depuis trois ans. On a bâti ces équipes pour aller récolter du succès au bout de la troisième année et ça finit en queue de poisson. »

Parmi les joueurs français, certains jonglent avec l’idée de rentrer en France et de revenir l’automne prochain ou tout simplement de passer à autre chose.

François Laberge, entraîneur-chef des Gaillards du Cégep de Jonquière.

Dans bien des cas, la situation cause de l’incertitude et beaucoup de questionnements. Plusieurs se demandent s’ils n’auraient pas dû commencer en août comme prévu, alors qu’il y avait encore peu de cas. « On aurait eu le temps de jouer nos quatre matchs. Là, on est juste à ramasser les pots cassés et nos jeunes qui sont atterrés de la situation », déplore Nicolas Menachi.

C’est pourquoi il compte devancer le programme d’après-saison au retour de la mi-session. « On essaie de garder le cap pour que notre équipe soit au même niveau l’an prochain et que nos jeunes soient assidus et réussissent leurs cours. On va s’occuper du côté physique et scolaire, mais en ce moment, nos jeunes ont besoin d’un support au niveau psychologique parce que c’est très difficile pour eux. »

Même son de cloche du côté des Gaillards, où l’on compte une dizaine de finissants. Chez les Gaillards aussi, la pilule est dure à avaler. « On va les laisser faire leur deuil et leur mi-session. Puis, on va parler de la préparation physique pour ceux qui reviennent en 2021 et du programme d’entraînement jusqu’à Noël, énonce François Laberge. Et on poursuivra au retour en janvier. »

Le combine

Quant aux finissants des deux clubs, pour pallier à leur manque de visibilité, les Gaillards et les Couguars vont unir leurs forces pour organiser un « combine » commun au retour de la mi-session.

« J’ai parlé avec les cinq universités du Québec pour savoir ce qu’elles aimeraient voir et j’ai aussi écrit à un coach à Ottawa. On sait pas mal comment s’enligner. Je vais préparer un document avec l’un de mes entraîneurs et on va l’envoyer à Nicolas pour connaître ses idées. Idéalement, on aimerait avoir un petit « combine » pour nos finissants au retour de la mi-session », explique François Laberge.

Chez les Gaillards, sur 10 joueurs français, seulement trois vétérans seront de retour l’an prochain. « Les trois vont rester à Jonquière et probablement travailler ici durant l’été. J’en ai deux qui l’ont fait cet été. Ils continuent leurs études, même si la motivation a baissé un peu, mais leur objectif reste d’aller à l’université. Mes sept autres Français sont des finissants, alors on va leur offrir le « combine » pour qu’ils puissent se faire valoir. »

Enfin, l’entraîneur-chef des Gaillards n’entend pas revivre une telle situation en août 2021, que la pandémie soit résorbée ou pas.

Nicolas Menachi, entraîneur-chef des Couguars du Cégep de Chicoutimi.

« Ce qui me choque le plus, c’est qu’on a repoussé plusieurs fois le début de la saison alors qu’on aurait pu facilement jouer dès le début août. C’est sûr qu’on ne pouvait pas savoir et que les gens étaient prudents. C’est correct. Mais maintenant, on le sait. Alors en août 2021, si le virus est complètement enrayé, tant mieux, mais si on est à peu près au même point, je vais demander à mon responsable des sports de pousser pour qu’on commence le 14 août ou au plus tard le 21 », a-t-il conclu sur un ton résolu.